Selon Greenpeace, des multinationales se fournissent en huile de palme auprès d'entreprises qui ne respectent pas les normes environnementales

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Greenpeace International a dévoilé une enquête sur la provenance de l’huile de palme réalisé auprès de 20 multinationales, ce mercredi 19 septembre. Le constat est sans appel  : sur ces 20 groupes, 12 se fournissent chez des producteurs qui contribuent à la déforestation en Asie.

Exploitation d'huile de palme du Sud de l'Asie. Crédits : Shutterstock/Rich Carey

Colgate-palmolive, General Mills, Hershey, Kellogg’s, Kraft Heinz, L’Oréal, Mars, Mondelez, Nestlé, PepsiCo, Recckitt Benckiser et Unilever utilisent de l’huile de palme en provenance d’entreprises ne répondant pas aux normes environnementales mondiales.

Ces grands groupes de l’agroalimentaire seraient à l’origine, selon Greenpeace, de la destruction de 130 000 hectares de forêt dans le monde, dont 40 % de cette surface (soit 51 600 hectares) est située en Indonésie.

L’enquête de l’organisation non-gouvernementale et relayée par Le Monde ne prend pas en compte la déforestation due au secteur des agrocarburants, qui est en plein développement.

L’Indonésie et la Malaisie fournissent 85 % de la production mondiale de l’huile de palme. Alors que l’impact des exploitations d’huile de palme est aujourd’hui connu du grand public, la déforestation ne s’arrête pas malgré la certification « huile de palme durable ». Cette appellation tente de contrôler les exploitations d’huile de palme afin de réduire l’impact environnemental de cette industrie.

Hélas, cette appellation n’est pas souvent respectée. « Des compagnies ouvrent la forêt et nous repoussent hors des terres sur lesquelles nous vivons depuis des générations, confiait-il. Nous avons écrit au gouvernement et aux parlementaires… mais chez nous, des gens sont arrêtés tous les jours » Avait déclaré, lors d’une table ronde sur l’huile de palme, Francky Samperante, venu représenter les peuples indigènes Pusaka.

S’ajoutant au désastre écologique sur la faune et la flore, ces industries repoussent les populations autochtones vivants dans ces forêts luxuriantes.

Exploitants

Alors que les grands groupes admettent rentrer dans les clous des normes environnementales mondiales, l’ONG dénonce que bon nombre de ces géants de l’agroalimentaire se fournissent chez des exploitants ne respectant pas les règles.

Par exemple, Greenpeace passe au crible le groupe familial Hardaya Plantation Group dont sa présidente et fondatrice avait été condamnée en 2013 à 32 mois de prison à une amende de 13 000 euros pour avoir soudoyé les autorités de Sulawesi pour obtenir des parcelles dans le centre de l’île. Grâce à des images satellites, les militants de l’ONG affirment que 434 hectares auraient été défrichés pour permettre des nouvelles plantations.

Aujourd'hui plus de 80% de la producation d'huile de palme est pour le secteur de l'agroalimentaire. Crédtis : Shutterstock/SUWIT NGAOKAEW

Le géant Mars, qui se ravitaille chez cet exploitant, a fait savoir à Greenpeace qu’il allait exclure Hardaya de ses fournisseurs.

« On aimerait bien que les entreprises cessent d’attendre qu’on vienne les voir pour leur mettre sur la table les agissements de leurs fournisseurs. Il faut qu’elles mettent d’elles-mêmes en place les plans pour mieux connaître leurs approvisionnements » a déclaré au Monde Cécile Leuba, chargée de campagne chez Greenpeace France.

Les progrès sont encore faibles

Alors que les multinationales citées précédemment ont toutes adhéré à la politique « Zéro déforestation », elles ne respectent pas les règles de cette politique.

Greenpeace vise particulièrement le plus gros fournisseur mondial d’huile de palme, Wilmar International, qui avait certifié en 2013 la fin des « déforestations, toutes destructions de tourbières, toutes exploitations humaines ». Pourtant, Wilmar est le fournisseur de plusieurs entreprises mises en cause dans cette enquête.

Bien que les multinationales de l’agroalimentaire tentent de respecter les normes mondiales, un grand nombre de leurs fournisseurs, eux, ne les respectent pas. Beaucoup de progrès sont encore à réaliser pour que nous retrouvions dans nos assiettes et nos cosmétiques des produits avec un faible impact environnemental.

Source : Greenpeace
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