Militante pour la fin de vie choisie, Jacqueline Jencquel s'est suicidée à 78 ans

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Jacqueline Jencquel, figure médiatique et militante pour la fin de vie choisie, s’est donnée la mort fin mars. Elle avait 78 ans.

Crédit photo : Leon Tanguy / Maxppp

En 2018, plusieurs médias comme Konbini et Brut ont mis en lumière Jacqueline Jencquel, une femme qui a milité toute sa vie pour une chose : le droit de choisir le moment de sa mort. Cette mère de trois enfants était vice-présidente de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité, et a toujours été en faveur du suicide assisté.

« Il faut bien fixer une date, à un moment ou à un autre, si on veut partir comme on veut partir », avait-elle déclaré.

Une militante pour la fin de vie choisie

Peu de temps après ses interviews, Jacqueline Jencquel est devenue une figure médiatique et un symbole dans son combat. Au départ, elle avait annoncé qu’elle souhaitait mourir en janvier 2020, en Suisse, par mort médicalement assistée. La naissance de son petit-fils ayant retardé l’échéance, Jacqueline Jencquel a finalement mis fin à sa vie il y a quelques jours, à Paris.

Avant de mourir, la femme âgée de 78 ans était toujours en bonne santé, mais elle souhaitait mettre fin à ses jours avant que son état ne se dégrade. Par peur d’avoir une maladie comme Alzheimer ou Parkinson, Jacqueline Jencquel ne voulait pas devenir dépendante, finir dans une maison de retraite et devenir un fardeau pour ses enfants.

« J’ai l’âge de mourir, avait-elle confié. Le danger de vieillir encore plus. La dépendance et la décrépitude me font bien plus peur que la mort. »

Crédit photo : Eddy Mottaz / Le Temps

Jacqueline Jencquel est décédée à 78 ans

Jacqueline Jencquel s’est donnée la mort à son domicile, à Paris, en absorbant un barbiturique. Un geste qu’elle a dû effectuer seule pour que personne ne soit puni pour non-assistance à personne en danger. Avant son acte, elle a écrit un texte d’adieu qui a été relayé par le journal suisse Le Temps. Dans son écrit, elle a voulu interpeller une dernière fois les politiques pour les convaincre d’autoriser le suicide assisté.

« J’espère que la loi va changer et que d’autres, après moi, auront la possibilité de partir, entourés de leurs proches, lorsqu’ils l’auront décidé et qu’ils auront atteint l’hiver de leur vie, a-t-elle écrit. Législateurs français, quand allez-vous comprendre que cette liberté n’enlève rien à personne ? »

Source : Libération
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