La danseuse de music-hall Zizi Jeanmaire est décédée à l'âge de 96 ans

La danseuse de music-hall Zizi Jeanmaire n'est plus.

Elle l’était l'une des plus célèbres ballerines et l’incarnation du music-hall à la française, la danseuse Zizi Jeanmaire vient de tirer sa révérence !

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Celle qui fut la muse du chorégraphe Roland Petit est décédée ce vendredi à l’âge de 96 ans.

C’est sa fille, Valentine qui l’a annoncé dans un communiqué, précisant que sa mère s’est « éteinte paisiblement à son domicile en Suisse ».

Crédit : Wikimedia Commons

Zizi Jeanmaire : la danse, le chant et Roland

Née le 29 avril 1924 à Paris, Renée Marcelle Jeanmaire, de son vrai nom, était la fille unique d’un industriel parisien et d’une mère au foyer, qui va l’initier à la musique lyrique.

Dès l’âge de 9 ans, elle entre à l’école de danse de l’Opéra de Paris, où elle rencontre Roland Petit, de trois mois son aîné, dont elle tombe follement amoureuse.

Il restera l’amour de sa vie mais Renée devra attendre plus de 10 ans pour enfin le séduire.

Après avoir fait leurs classes ensemble, les futurs tourtereaux démissionnent tous les deux du corps de ballet en 1944 et chacun prend alors des trajectoires différentes.

Roland, qui commence à se faire un nom dans le milieu artistique parisien, crée sa compagnie de danseurs et fait sensation avec son ballet baptisé « Les forains », qui rencontre un franc succès en 1945.

Quant à Zizi, elle écume les scènes et donne des récitals à Paris, Londres ou Monte-Carlo mais - comme si le destin avait choisi de les réunir - c’est en retrouvant l’homme qu’elle n’a jamais cessé d’aimer que sa carrière va enfin décoller.

En 1949, Roland monte en effet le ballet « Carmen » à Londres et fait de sa complice de toujours la première danseuse du spectacle.

Souhaitant une Carmen androgyne, il demande à sa muse de se couper les cheveux courts, à la garçonne. Cette coupe anti-conventionnelle pour l’époque, Zizi finira par l’adopter et la conservera toute sa vie, contribuant ainsi à sa renommée. Elle deviendra l'une de ses marques de fabrique, au même titre que son « truc en plumes ».

Le succès incroyable de « Carmen » est tel que le spectacle se prolonge au cours d’une tournée faste, laquelle conduira le couple - qui n’en est pas encore un officiellement - de l’autre côté de l’Atlantique, à Broadway.

Surnommée « The Body » par la presse américaine, Zizi devient très vite une star aux États-Unis et tape dans l’œil du milliardaire et producteur de cinéma Howard Hugues, qui souhaite l’enrôler dans son équipe d’artistes. Elle accepte mais à la condition que Hugues engage également Roland, ce qu’il consent à faire.

Le couple s’installe à Hollywood et entame (enfin) une relation amoureuse, qui débouchera sur un mariage en 1953 puis sur la naissance, l’année suivante, de sa fille unique, Valentine.

Entre-temps, en 1952, elle tourne pour Charles Vidor dans « Hans Christian Andersen et la Danseuse ». C’est d'ailleurs à cette occasion que son surnom de toujours, « Zizi », apparaît pour la première fois sur les affiches.

Elle danse ensuite à Broadway dans « The Girl in Pink Tights » pour 112 représentations entre mars et juin 1954, puis se tourne vers le chant où sa voix pleine de gouaille va faire fureur.

Raymond Queneau lui écrit sa première chanson « La croqueuse de diamants » dès 1950. Suivront Marcel Aymé avec « La Chabraque » ou encore Guy Béart et Claude Lanzmann.

Mais c’est avec Serge Gainsbourg, qui lui écrira plus d’une vingtaine de titres - dont certains chefs-d’œuvre comme « Les Bleus », « La Vie Zizi », « L’Oiseau du paradis », « À poil et à plume », « Tic Tac Joe » etc.. - que sa carrière dans la chanson décolle.

Elle permettra également à Jean Ferrat de connaître la notoriété en interprétant plusieurs de ses textes.

Après avoir racheté le casino de Paris avec son mari, pour en faire une revue dans la pure tradition française, elle y fera sensation en descendant les escaliers avec son « truc en plumes », confectionné par le couturier Yves Saint Laurent. Cet attirail deviendra indissociable de la danseuse.

Hélas, malgré les spectacles qui s’enchaînent, le couple laissera toute sa fortune dans ce projet, accumulant les dettes.

À partir de 1972, elle s’installe avec Roland à Marseille et mènera une vie plus discrète, tout en rechaussant les pointes à l’occasion, toujours dans une forme étincelante. Elle dansera pour la dernière fois à l’âge de 66 ans, en 1990.

Après un dernier concert en 2000 à l’Opéra Bastille, ses apparitions publiques se feront de plus en plus rares et sa fin de vie sera marquée par le décès douloureux de son amour de toujours, René, qui meurt en 2011.

Très affaiblie depuis, Zizi Jeanmaire est décédée ce vendredi à l’âge de 96 ans.

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