La Pologne réduit le droit à l'avortement aux seuls cas d'inceste, de viol et de mise en danger pour la santé

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Ce jeudi 22 octobre dernier restera comme une date noire pour le droit des femmes en Pologne. En effet, le tribunal constitutionnel polonais a voté en faveur de l’interdiction de l’avortement en cas de malformation du fœtus.

Crédit : Szymon Mucha / Shutterstock

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Cette nouvelle mesure restrictive vient encore un peu plus empêcher les femmes d’avoir accès à l’IVG dans le pays. Pour rappel, la Pologne est déjà connue comme étant l’une des nations de l’Union européenne dont la législation est la plus sévère en ce qui concerne l’avortement. Ce dernier rebondissement a donc largement de quoi inquiéter les Polonaises. D’ailleurs, l’annonce officielle de cette interdiction a provoqué de vives réactions dans l’opinion. De nombreuses manifestations ont eu lieu et sont encore prévues aujourd’hui mais les mesures anti-Covid n’aident pas à se rassembler en grand nombre. Et si certains d’entre vous se demandent pourquoi lors des différentes manifestations, de nombreuses femmes brandissent des cintres, c’est car il s’agit d’un symbole des IVG clandestins.

Des conséquences désastreuses pour les femmes

Aujourd’hui, les seules situations dans lesquelles le droit à l’avortement est encore autorisé sont en cas d’inceste, de viol ou lorsque la vie de la future mère est mise en danger. Et quand on sait que sur les 1100 avortements réalisés en 2019 dans le pays, 98% l’étaient pour une malformation du fœtus, c’est un peu comme si le gouvernement interdisait la totalité des IVG légaux. Une véritable douche froide pour les femmes polonaises qui n’auront alors pas d’autres choix que d’aller se faire avorter à l’étranger, ou pire encore, prendre part à un avortement clandestin. Conséquence directe : les ONG prévoient qu’environ 200 000 IVG soient pratiqués clandestinement en Pologne ou à l’étranger chaque année.

Crédit : Salvatore Allotta

Crédit : Szymon Mucha / Shutterstock

Sur les 13 juges qui ont voté en faveur de cette mesure, seuls deux ont fait opposition. À l’issue de la séance, Julia Przylebska, la présidente la Cour, a estimé que « l’avortement en cas de malformation du fœtus était « incompatible » avec la Constitution du pays. » Dans la foulée, le gouvernement, ultra-conservateur, s’est félicité de cette interdiction : « nous exprimons notre satisfaction que le Tribunal constitutionnel se soit positionné du côté de la vie. » Les députés du PiS et du Konfederacja (parti d’extrême droite polonais), qui avaient proposé un projet de loi allant en ce sens, se sont également montrés heureux de la décision de la Cour. À noter que les juges du Tribunal constitutionnel sont depuis longtemps accusés d’être loyaux au parti PiS.

Source : Neon Mag
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