Les soignants du CHU de Toulouse reprennent « Basique » d'Orelsan pour dénoncer leurs conditions de travail

Les soignants du CHU de Toulouse reprennent « Basique » d'Orelsan pour dénoncer leurs conditions de travail

Par
1 397
Partages
inscription newsletter

Newsletter

partager sur twitter

Partager sur Twitter

« C'est simple, basique ». Avec un rap endiablé sur l'air du tube d'Orelsan, « Basique », les soignants du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse ont tenu à rappeler quelques principes fondamentaux. Le personnel hospitalier en lutte dénonce ainsi ses conditions de travail et proteste contre les nombreuses mesures du gouvernement qui étouffent le système de santé.

« L’objectif de ce clip est de montrer les aberrations du système actuel de soin que tout professionnel vit dans sa chair », peut-on lire sur le site du syndicat CGT du centre hospitalier de Toulouse, qui a dévoilé le fameux clip ce lundi 11 juin. Postée il y a une vingtaine d'heures seulement, la vidéo tourne déjà partout : près de 80 000 partages, 1,5 million de vues et des centaines de commentaires pour saluer l'initiative.

Le message du personnel hospitalier est adressé aux « directions hospitalières, régionales, cliniques, EHPAD… ». Bref, tous ceux qui « n'ont pas les bases ». Ces fameuses « bases », ce sont celles éditées par l'un des fondateurs de la Sécurité sociale, Ambroise Croizat : « La santé n’est pas une marchandise, mais un droit. Les usagers ne sont pas des clients », comme il est rappelé dans ce clip tourné dans l'enceinte de l'hôpital de Purpan, le long des voies du tram qui le traversent.

Les paroles piquantes s'enchaînent et témoignent de la révolte du milieu de la santé et du malaise profond de l'hôpital public. « Soignant, c’est une vocation mais ça ne veut pas dire qu’on ne va pas perdre patience », alertent les personnels. Ces derniers pointent principalement du doigt le manque de moyens tant humains que financiers dans les hôpitaux : « Personne ne veut avoir à choisir entre douche, popo ou pansements », « à plus de 80 ans on te renvoie à la maison, on s'en fout », « personne ne veut avoir à mourir pour des putains de raisons d'argent », « si c'était de ta mère dont je m'occupais, je ne pense pas que tu voudrais économiser », s'insurgent-ils.

Cette logique de « faire plus avec moins » appliquée ces dernières années n'est pas sans conséquences sur les prises en charge des patients mais aussi sur l'état psychologique des soignants. « Quand tu pousses les gens à bout, t'étonnes pas que ça finisse en suicide », peut-on ainsi entendre.

Le morceau du célèbre rappeur français semble devenir une référence en matière de mobilisation. Il y a trois mois, des avocats du barreau du Havre ont repris « Basique » pour contester la réforme de la nouvelle carte judiciaire.

La parodie devient alors un moyen de faire passer des messages plus que sérieux. « Les agents en lutte sont venus spontanément, c’est un mode d’expression plus facile quand on a peur des représailles et qu’on subit la pression de la direction au quotidien », souligne Julien Terrié, le secrétaire syndical du CHU, qui a lui-même tourné le clip, auprès de La Dépêche.

À la fin de la vidéo, les soignants s'agenouillent pour former un « SOS » avec leurs corps. Un vrai appel à l'aide qui ne doit pas être ignoré.

Capture vidéo

Source : CGT CHU Toulouse
Commentaires