Polémique en France, après la vente chez Decathlon d'un hijab de running au Maroc

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La mise en vente, sur le site de la marque Decathlon, d'un hijab pour les sportives musulmanes a provoqué de nombreuses réactions en France.

Et on reparle du voile, ou plutôt du hijab, qui n’a décidément pas son pareil - à tort ou à raison - pour déclencher des débats enflammés dans l’hexagone.

Une fois n’est pas coutume, tout est parti d’une initiative commerciale qui ne passe pas aux yeux de certains. Le coupable désigné s’avère être la marque Décathlon.

La célèbre enseigne française, spécialisée dans les articles de sport, va prochainement proposer à la vente des hijab de running pour les sportives musulmanes au Maroc. Un produit bien ciblé que la marque souhaite étendre à d’autres pays.

Crédit photo : capture d'écran Twitter

Bien que disponible uniquement sur le marché marocain pour le moment, l’étoffe destinée aux femmes voilées n’est pas du goût de tous. À peine mise en ligne sur la version française du site Decathlon.fr, la fiche technique de l’article - retirée depuis - a en effet provoqué bon nombre de réactions chez les internautes mais aussi des personnalités politiques.

« Decathlon se soumet à l’islamisme » et « renie les valeurs de notre civilisation »

Il n’en fallait pas plus pour que la toile s’enflamme. C’est d’abord la porte-parole du parti LR Lydia Guirous qui a interpellé l’enseigne sur Twitter, accusant cette dernière de se se soumettre à l’islamisme et de faire le jeu du communautarisme à des fins commerciales.

Décathlon se soumet également à #islamisme qui ne tolère les femmes que la tête couverte d'un hijab pour affirmer leur appartenance à la oumma et leur soumission aux hommes#Décathlon renie donc les valeurs de notre civilisation sur l'autel du marché et du marketing communautaire pic.twitter.com/3AFRAXmPCt

— Lydia Guirous (@LydiaGuirous) 24 février 2019

« Decathlon se soumet également à l’islamisme qui ne tolère les femmes que la tête couverte d'un hijab pour affirmer leur appartenance à la oumma et leur soumission aux hommes. Decathlon renie donc les valeurs de notre civilisation sur l'autel du marché et du marketing communautaire », s’est-elle insurgée.

Ce à quoi la marque a répondu en réfutant ces accusations. « Rassurez-vous, nous ne renions aucune de nos valeurs. Nous avons toujours tout fait pour rendre la pratique du sport plus accessible, partout dans le monde. Ce hijab était un besoin de certaines pratiquantes de course à pied, et nous répondons donc à ce besoin sportif », a ainsi expliqué l’enseigne, qui a toutefois reconnu avoir commis une « erreur », en publiant de manière prématurée la fiche produit « alors que le stock n’est pas encore disponible ».

Bonjour,
Rassurez-vous, nous ne renions aucune de nos valeurs. Nous avons toujours tout fait pour rendre la pratique du sport plus accessible, partout dans le monde. Ce hijab était un besoin de certaines pratiquantes de course à pied, et nous répondons donc à ce besoin sportif.

— Decathlon (@Decathlon) 25 février 2019

Bonjour,
L’erreur a été la publication prématurée de la fiche produit alors que le stock n’est pas encore disponible. En revanche, ce produit sera bien disponible dans quelques semaines.
Yann

— Decathlon (@Decathlon) 25 février 2019
La suite après cette vidéo

Interrogé sur la question, le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan a tout simplement appelé au boycott de la marque, arguant du fait qu’il n’avait « pas envie » de vivre « dans un pays où la place des femmes dans la société régresse comme en Arabie Saoudite ».

Nicolas @DupontAignan sur le #hijab de @Decathlon : «J'ai deux filles et je n'ai pas envie qu'elles vivent dans un pays où la place des femmes dans la société régresse comme en Arabie Saoudite. J'appelle au boycott de la marque #Decathlonpic.twitter.com/ZnXRI31Kyf

— Avec NDA (@AvecNDA2022) 26 février 2019

Plus mesurée, Agnès Buzyn a rappelé qu’une telle initiative n’était pas interdite, tout en insistant sur le fait qu’elle était en désaccord avec le symbole que représente à ses yeux le hijab.

« C'est légal ! Cependant, c’est une vision de la femme que je ne partage pas (…) si l’on souhaite l’égalité femme/homme, ce n’est pas pour que les femmes cachent leur visage. Je trouve que ça ne correspond pas bien aux valeurs de notre pays mais ce n’est pas interdit (…) j'aurais préféré qu'une marque française ne promeuve pas le voile », a ainsi déclaré la ministre de la Santé chez nos confrères de RTL.

#Decathlon et la vente d'un hijab de course : «C'est légal mais c'est une vision de la femme que je ne partage pas. J'aurais préféré qu'une marque française ne promeuve pas le voile», @agnesbuzyn dans #RTLMatin pic.twitter.com/8oOEgAywzM

— Elizabeth Martichoux (@EliMartichoux) 26 février 2019

De son côté, la Ligue du droit international des femmes a fustigé Decathlon, qui « se fait le promoteur de l’apartheid sexuel » en proposant ces hijab, selon elle.

« La raison est plus sportive que financière. Certaines femmes nous ont exprimé ce besoin, et n'avaient pas de produit adapté à leur manière de pratiquer leur sport. Avec ce hijab, nous répondons simplement à ce besoin », s’est encore justifiée la marque, qui n’a de cesse d’être interpelée sur Twitter.

Bonjour Véronique,
La raison est plus sportive que financière. Certaines femmes nous ont exprimé ce besoin, et n'avaient pas de produit adapté à leur manière de pratiquer leur sport. Avec ce hijab, nous répondons simplement à ce besoin.
Yann

— Decathlon (@Decathlon) 25 février 2019

Si de nombreux anonymes se sont insurgés de cette vente, d’autres ont en revanche pris la défense de Decathlon dénonçant une polémique stérile, aux relents islamophobes.

On refait le titre : « Décathlon met en vente un hijab de running et s’attire les foudres des islamophobes » https://t.co/rZkvgRxyA8

— LouLouLou (@_Lou_BN) 25 février 2019

Je pratique la course à pieds régulièrement et ce type de produit est fort appréciable.Les racistes qui refusent la commercialisation des hijabs sport en diabolisant les enseignes, ils ne cherchent qu’à nous exclure de la sphère publique.
A part ça, l’islamophobie n’existe pas.

— Samira (@Samira20650322) 25 février 2019

Je ne comprends pas la polémique sur #Decathlon . Personne n'oblige personne a acheter un hijab running. Les femmes musulmanes sont libres de faire un footing habillées comme elle veulent.

— Valérie (@valeries594) 26 février 2019

J'suis tellement choqué de la polémique autour de @Decathlon & son hijab pour la course à pieds...
Vous vous imaginez quand même que des gens dépensent de l'énergie pour cracher sur un produit qui ne leur est même pas destiné et qui sera utile à d'autres ?

— Red'1 (@RedTheOne) 25 février 2019

Force et courage à Yann CM de @Decathlon
Il se tape tous les racistes, islamophobes et pseudos laiques suite à la décision de commercialiser le hijab running

LAISSER
LES
FEMMES
PORTER
CE
QU ELLES
VEULENT
BORDEL
DE
MERDE !!

LAISSER LES VIVRE !!

— Jaouad (@LautreJaouad) 25 février 2019

Vous l'aurez compris, ce hijab de sport ne laisse personne indifférent. Toutefois et malgré la polémique, l’enseigne assume son choix, qui semble être dicté par une réalité économique que l’on ne peut occulter. Selon un récent rapport, on estime en effet que que la « mode islamique « a généré 237,37 milliards d'euros en 2017 et le chiffre ne cesse d'augmenter. Une manne non-négligeable !

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Mathieu D'Hondt

Au sujet de l'auteur :

Évoluant dans la presse web depuis l’époque où celle-ci n’en était encore qu’à ses balbutiements, Mathieu est un journaliste autodidacte et l’un de nos principaux rédacteurs. Naviguant entre les news généralistes et les contenus plus décalés, sa plume s’efforce d’innover dans la forme sans jamais sacrifier le fond. Au-delà de l’actualité, son travail s’intéresse autant à l’histoire qu’aux questions environnementales et témoigne d’une certaine sensibilité à la cause animale.