La Suisse vote « Oui » à la sortie du nucléaire et opte pour le développement progressif des énergies renouvelables

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Le nucléaire Suisse est en Berne !

Hier, dimanche 21 mai 2017, a eu lieu un référendum historique outre Jura, pour demander aux électeurs de décider conjointement de l'avenir de l'atome dans leur pays. Résultat : 58,2 % des Suisses s'étant rendus aux urnes ont décidé d'accorder leur « oui » pour la sortie du nucléaire, devançant d'un peu plus de deux points les prédictions des organismes de sondage.

Outre la sortie progressive du nucléaire, le texte adopté prévoit un soutien massif aux sources d'énergie renouvelable, (telles que l'hydraulique, le solaire, la géothermie et la biomasse) ainsi qu'une baisse globale de la consommation d'énergie.

Crédits photo : Un réacteur nucléaire se reflète sur l'Aar, près de Baden, Suisse  / Shutterstock

C'est une page qui est en passe de se tourner pour la Confédération helvétique. Avec une participation assez faible (42,3 % du corps électoral), les Suisses ont décidé de sortir de l'âge nucléaire et de faire un pas en direction des énergies renouvelables, qui devraient se substituer peu à peu aux centrales vieillissantes. La nouvelle loi sur l'énergie, soutenue par le Gouvernement, a été approuvée par dix-neuf cantons et demi. Seuls trois cantons et demi ont voté contre.

La Suisse possède actuellement quatre centrales nucléaires. On est certes loin des dix-neuf centrales présentes sur le territoire français, mais ces quatre centrales helvètes représentaient tout de même 41,3 % de l'électricité produite en 2007 (contre 73 % pour la France, plus gros consommateur du monde en termes de pourcentage). La sortie progressive du nucléaire représente donc un défi d'envergure, et il faudra un certain temps pour acter une sortie totale du nucléaire : à titre indicatif, le texte prévoit une réduction de 16 % du nucléaire suisse d’ici à 2020, et de 43 % d’ici à 2035.

La construction de nouvelles centrales nucléaires sera interdite, et les centrales existantes seront démantelées progressivement, en étant remplacées par des sources d'énergie renouvelables. Les bâtiments nucléaires existant pourront encore fonctionner tant que leur sûreté et leur bon état de marche seront garantis. En clair, les centrales suisses vont finir tranquillement leur vie et le nucléaire disparaîtra petit à petit : un virage en douceur, mais qui n'en sera pas moins, désormais, solidement ancré dans la loi.

Aujourd'hui, la Suisse, « château d'eau de l'Europe », dédie 60 % de son mix électrique à hydroélectricité, et seulement 4 % à l'énergie thermique (gaz et charbon confondu) : avec l'arrêt total des activités nucléaires, le pays pourrait bien devenir un véritable exemple en termes d'écologie et de respect de l'environnement !

L'Allemagne prévoit de fermer l’ensemble de ses réacteurs nucléaires en 2022, et la France s'est engagée à réduire à 50 % sa part de nucléaire en 2025, selon la loi de transition énergétique. Reste à savoir si cet engagement sera respecté.

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