Un plan d'urgence réclamé haut et fort pour sauver les grands singes, dont la population a diminué de 70 % en 50 ans

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Lundi 9 avril, au musée de l'Homme, la primatologue normande Sabrina Krief, auteure du livre intitulé Les Chimpanzés des Monts de la Lune, demandait au gouvernement français de prendre des mesures concrètes ayant pour but de protéger les grands singes, dont la population a diminué de 70% en l’espace d’une cinquantaine d’années. Une situation préoccupante qui requiert la plus grande attention, réclamée à grands cris par Sabrina Krief.

Image d'illustration d'un chimpanzé dans la jungle de Kibale, en Ouganda. Crédit photo : Sergey Uryadnikov / Shutterstock

C’est avec notamment Nathalie Baye et Laurence Parisot que la primatologue Sabrina Krief a exposé ses inquiétudes relatives aux grands singes, mis en danger par la déforestation, par les braconniers, ou encore par l’agriculture intensive. Tous ces facteurs ont contribué à faire diminuer leur nombre de 70% en seulement cinq décennies. Pour Sabrina Krief, d’ici 2050, l’espèce entière pourrait disparaître, soit 700 000 individus, dont les bonobos, les chimpanzés, ou encore les gorilles, faisant tous partie de la même famille que l’homme, qui disparaîtraient de la surface du globe.

Afin de les protéger, les cinq personnes réunies lundi ont ainsi réclamé que l’on respecte davantage les forêts, exploitées pour leurs ressources, que l’on attribue un statut particulier aux grands singes, celui de « personne non-humaine », que l’on recycle intensivement toutes les matières premières provenant de ces forêts afin de moins les exploiter et ainsi moins empiéter sur les animaux.

Sabrina Krief a tenu à dénoncer le fait que, selon elle, il est possible de trouver dans des boucheries françaises « de la viande de gorille et de chimpanzé », et donc qu’il faut mieux réguler le trafic de la viande, par exemple en mettant en place une structure analysant la viande de brousse arrivant à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.

Image d'illustration d'un gorille à dos argenté au Rwanda. Crédit photo : Onyx9 / Shutterstock


Surtout, il est pour elle impératif de continuer à étudier scientifiquement les grands singes afin de faire prendre conscience au plus grand nombre possible de personnes à quel point il est important de les sauver pendant qu’il en est encore temps. En attendant, Nathalie Baye, Sabrina Krief, Laurence Parisot, Patrick Roger et Yann Wehrling ont créé une pétition reprenant leurs volontés citées plus haut, et s’adressant au travers d’une puissante lettre ouverte à Emmanuel Macron, Édouard Philippe, Nicolas Hulot et Jean-Yves Le Drian, les priant de mettre en place un plan d’urgence de protection des grands singes. La pétition a déjà reçu 3500 signatures, et contient un message des plus forts :

« Tous les enfants qui ont eu la chance de visiter un Muséum ont appris et compris la terrible histoire du dodo. Et, nous, adultes, restons sans voix devant les reproductions grandeur nature de cet oiseau, exterminé il y a à peine 300 ans. Nous ne verrons jamais de dodo. Combien d’entre nous se sont dit que les hommes d’alors étaient stupides, qu’ils ne savaient pas la faute irréparable qu’ils étaient en train de commettre ?

Mais dans 20 à 50 ans, de notre vivant pour la plupart d’entre nous, nous aurons peut-être à pleurer la disparition des orangs-outans, des gorilles et des chimpanzés. Nous nous dirons que nous avons été stupides, mais nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. »

Sur Twitter, le hashtag #SauvezLesGrandsSinges a été lancé pour aider le mouvement à prendre de l’élan.

En vidéo : Salavat Fidai, le sculpteur qui crée des œuvres minuscules sur des mines de crayon
Source : Sciences et Avenir
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