L’intelligence artificielle menace de plus en plus de secteurs, dont ceux du cinéma et du doublage. Pour cette raison, 4 000 comédiens français ont signé une tribune pour dénoncer les dangers et les limites de l’IA.
L’intelligence artificielle fait de plus en plus peur, notamment parce qu’elle menace certaines professions. C'est le cas dans le domaine du cinéma et du doublage, où les comédiens sont menacés par l’IA qui pourrait les remplacer. Pour cette raison, 4 000 comédiens français ont récemment signé une tribune afin d’alerter les pouvoirs publics sur les dangers de l’intelligence artificielle.
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Comme le rapporte Libération, cette tribune a été publiée par l’Adami (Société civile pour l’administration des droits des artistes et musiciens interprètes). De nombreux comédiens connus ont signé cette tribune comme Franck Dubosc, Léa Drucker, Jean-Pierre Darroussin, Florence Loiret Caille, Aïssa Maïga ou encore Karin Viard.
4 000 comédiens montrent au créneau
Des milliers d’autres comédiens, moins connus, ont signé cette tribune, craignant d’être remplacés par l’intelligence artificielle.
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“Pas une semaine ne passe sans qu’un artiste n’alerte sur la concurrence brutale que l’IA fait subir à son travail. Encore récemment, un comédien s’est vu proposer un contrat d’utilisation de son image par l’IA pour la création du nouveau spot publicitaire d’un grand groupe français en remplacement pur et simple de deux jours de tournage. Un pacte faustien… Rémunéré 250 euros ! Le clonage de voix sans autorisation de comédiennes et de comédiens devient légion. Encore récemment des plaintes ont été déposées. Le travail d’une actrice ou d’un acteur se résumant alors à ses seuls attributs personnels : une voix, un visage”, peut-on lire dans la tribune rapportée par Le Parisien.
La crainte des comédiens
Ce n’est pas la première fois que les comédiens montent au créneau pour dénoncer l’utilisation de l’intelligence artificielle. En décembre 2024, des comédiens de doublage s’étaient mobilisés à Paris dans cette optique.
“Ce pillage en règle n’est pas du fantasme, c’est ici et maintenant. C’est insupportable et cela se passe sous nos yeux. Et ce sont parfois des centaines d’artistes, moins établis, qui n’ont souvent pas les moyens de refuser un contrat, qui cèdent leurs droits pour l’IA, malgré les risques pour leur image et leur avenir. […] Il est urgent de créer un cadre juridique pour que l’IA puisse coexister avec le travail des artistes et le respect des droits d’auteur et droits voisin”, peut-on lire dans la tribune.
La directrice générale de l’Adami, Elizabeth Le Hot, plaide également pour que les voix et les images des comédiens décédés ne soient pas réutilisées avec l’IA. Pour rappel, la voix de Jacques Frantz, qui doublait Robert De Niro et qui est décédé en 2021, a notamment été recréée par une IA, laissant sa famille sous le choc. Des dérives abusives qui témoignent de l'urgence de légiférer sur l'intelligence artificielle.
