« Faut qu'on parle » : six sportifs pros, dont Céline Dumerc et Jérémy Stravius, révèlent leur homosexualité dans un documentaire qui fera date

Canal + a diffusé ce samedi 19 juin un documentaire bouleversant dans lequel six sportifs professionnels (dont Céline Dumerc et Jérémy Stravius) révèlent leur homosexualité et la difficulté de l’assumer dans leur sport respectif.

Ils sont six à avoir eu le courage de parler !

Six sportifs professionnels - la basketteuse Céline Dumerc, l’escrimeuse Astrid Guyart, le patineur Kévin Aymoz, la judokate Amandine Buchard, le nageur Jérémy Stravius et le rugbyman Jérémy Clamy-Edroux - font leur coming out dans un documentaire de Canal + intitulé Faut qu’on parle, afin d’en finir avec le tabou de l’homosexualité dans le sport.

Des témoignages forts et parfois bouleversants que les protagonistes ont accepté de livrer afin d’encourager la libération de la parole chez les sportifs homosexuels.

Six sportifs professionnels, dont Céline Dumerc et Jérémy Stravius, révèlent leur homosexualité dans le documentaire de Canal + « Faut qu'on parle »

Il faut dire que ces six-là savent mieux que quiconque la souffrance intérieure et silencieuse que peut engendrer un tel tabou.

Ils ont d’ailleurs mis beaucoup de temps à accepter leur homosexualité, notamment à l’adolescence où certains ont fait le choix de mentir plutôt que d’avouer.

« Je sortais avec une fille trois-quatre jours, pour voir si ça matchait, mais ça ne pouvait pas durer », raconte ainsi le nageur Jérémy Stravius, champion du monde du 100 mètres dos en 2011.

« L’homosexualité hantait mes journées, j’essayais de ne pas être trop maniéré », confie Kévin Aymoz, qui a, lui, été déscolarisé à deux reprises.

Amandine Buchard ne dit pas autre chose, affirmant qu’elle préférait « mentir ». « Je mentais tout le temps (…) Je disais que j’avais un copain », explique-t-elle en effet.

Devenus sportifs de très haut niveau, tous ont ensuite connu l’angoisse de faire leur coming out auprès de leurs partenaires d’entraînement ou leurs coéquipiers.

« C’est dur de révéler son homosexualité alors que ça fait 10 ans qu’on entend des blagues homophobes à l’entraînement », confirme Astrid Guyard, vice-championne du monde d’escrime en 2013.

Certains comme Jérémy Stravius redoutaient les remarques ou arrière-pensées « surtout en natation où on est 24 heures sur 24 en maillot de bain ».

Premier rugbyman français à révéler publiquement son homosexualité, Jérémy Clamy-Edroux, pilier de Rouen en Pro D2, raconte qu’il se forçait à se tourner vers le mur en levant la tête dans les vestiaires pour éviter le moindre malentendu avec ses partenaires.

Des situations que la vice-championne olympique de basket Céline Dumerc a elle aussi connues durant sa carrière, avec « des coéquipières qui avaient peur de prendre leur douche en même temps ».

Ces six sportifs courageux auront mis des années à accepter leur homosexualité et à l’assumer. Certains ont même eu la surprise de recevoir le soutien de leurs coéquipiers.

« Ils ont été choqués, ils ont été surpris, ils pensaient que c’était une blague (...) puis ils ont apprécié ma sincérité et ont appris à me connaître. Je ne pense pas que le milieu du rugby soit homophobe. Il est un peu macho (...) mais personne ne m’a tourné le dos parce que je leur ai dit que j'étais gay », raconte ainsi Jérémy Clamy-Edroux.

Tous ces témoignages sont à retrouver dans le documentaire Faut qu’on parle, réalisé par Lyès Houhou et Arnaud Bonnin.