Le scénario du prochain film d'horreur de Warner Bros. s'écrit en partie à 10 000 mètres d'altitude. En marge du Festival international du film de Toronto, où il présentait sa série Carrie, Mike Flanagan a confirmé au site Collider qu'il travaillait sur son adaptation de The Mist, la novella de Stephen King. Et pas dans un futur vague.
Je suis en train de l'écrire. Je travaillais dessus dans l'avion en venant ici.
Le cinéaste a ajouté que le scénario devait être rendu aux alentours d'Halloween, tout en glissant un "je crois" qui en fait un objectif de travail plutôt qu'une date gravée dans le marbre. Aucun acteur n'est attaché au projet, aucune date de tournage n'a été communiquée. Mais entre l'annonce du film et un texte réellement en cours de rédaction, il y a un monde, et ce monde vient d'être franchi.
Un projet annoncé en février, et aussitôt contesté
Le 10 février 2026, Deadline révélait que Flanagan allait écrire, réaliser et produire un nouveau long-métrage tiré de The Mist pour Warner Bros., via sa société Red Room, aux côtés de Tyler Thompson et des producteurs de Spyglass, Gary Barber et Chris Stone.
La nouvelle a immédiatement déclenché une petite guerre chez les fans d'horreur. En cause : Frank Darabont. En 2007, le réalisateur des Évadés et de La Ligne verte avait déjà porté ce récit à l'écran avec Thomas Jane et Marcia Gay Harden. Le film raconte l'histoire d'habitants d'une petite ville du Maine piégés dans un supermarché par une brume épaisse d'où sortent des créatures. Le vrai danger, très vite, ne vient pas de l'extérieur mais du groupe lui-même, qui se fracture, panique et se choisit des coupables.
Surtout, ce film s'achève sur l'une des fins les plus impitoyables jamais produites par un studio hollywoodien. Une conclusion inventée pour le cinéma, absente du texte de King, et que l'écrivain lui-même a saluée. Près de vingt ans plus tard, c'est encore la première chose que l'on évoque quand on parle de The Mist.
"Les différences commencent dès la page 1"
Flanagan n'a pas attendu Toronto pour répondre aux critiques. Dès février, sur Bluesky, il expliquait sa démarche à des fans inquiets.
J'adore le film de Darabont, et il n'y a aucun intérêt à en faire un remake. C'est pour cette raison que je pars dans une autre direction.
Il ajoutait, sans détour : "Ce n'est pas une redite. Les différences commencent dès la page 1." Le réalisateur rappelait aussi avoir essuyé exactement les mêmes "mais pourquoi ?" avant The Haunting of Hill House, Bly Manor, The Fall of the House of Usher ou encore The Life of Chuck.
Son matériau de départ lui laisse d'ailleurs de la marge. La novella, parue en 1980 dans l'anthologie Dark Forces puis reprise dans le recueil Brume en 1985, se termine sans résolution : les survivants roulent vers le sud dans le blanc, et King laisse le lecteur là. C'est précisément l'espace que Darabont avait comblé à sa manière. Ce sera aussi le terrain de jeu de Flanagan.
À noter que ce sera la troisième tentative d'adaptation. Une série tirée de la novella avait été lancée en 2017 sur la chaîne américaine Spike, avant de disparaître au bout d'une seule saison.
Le cinéaste qui a fait de Stephen King une spécialité
Personne n'adapte King aussi régulièrement que Mike Flanagan aujourd'hui. Jessie, Doctor Sleep, The Life of Chuck, puis la série Carrie : The Mist serait sa cinquième incursion dans l'univers de l'écrivain. Il développe par ailleurs une série tirée de La Tour sombre pour Prime Video, un projet qu'il décrit comme sa priorité absolue en cas de feu vert, et a signé le scénario de Clayface pour DC.
Dans l'immédiat, c'est Carrie qui arrive. Les huit épisodes de la série, portée par Summer H. Howell dans le rôle-titre et Samantha Sloyan dans celui de sa mère, seront mis en ligne sur Prime Video le 7 octobre. Soit trois semaines avant la date à laquelle Flanagan compte rendre son scénario de The Mist.
