Trois maisons de plus d'un siècle, sans eau à l'intérieur ni salle de bains, dans un hameau des Asturies où ne vit qu'une seule famille. C'est l'ensemble qu'Estrella, ancienne aide-soignante de l'Hospital Clínic de Barcelone, a acheté pour 34 000 euros. Elle y vit aujourd'hui avec sa mère de 84 ans. Entre-temps, elle a traversé un cancer, et ce chantier l'a aidée à tenir.
Son histoire a été racontée par Álvaro sur la chaîne YouTube hilux_aventura, qui filme des personnes installées dans des villages isolés du nord de l'Espagne. Elle a ensuite été reprise par plusieurs médias espagnols début septembre 2026.
Un rêve de retraite, avancé par un problème de dos
Estrella n'a pas choisi la date de son départ. Elle a dû quitter le milieu hospitalier à cause d'un problème de colonne vertébrale. Son projet existait pourtant depuis longtemps : s'installer dans les Asturies une fois à la retraite.
Avec sa sœur, elle multipliait les allers-retours depuis Barcelone pour visiter des maisons dans la région. Les deux femmes ont fini par acheter un lot de trois bâtisses pour 34 000 euros. Estrella précise que ce prix lui paraissait alors élevé, vu l'état des lieux. Les maisons n'avaient ni eau courante à l'intérieur ni salle de bains. Le montant des travaux engagés depuis n'a pas été rendu public.
Entre deux chimiothérapies, le chantier comme refuge
Les travaux avaient déjà commencé quand le cancer a été diagnostiqué. Plutôt que d'abandonner le projet, Estrella en a fait un point d'appui pendant ses traitements.
« Quand je suis tombée malade, j'avais un maçon qui travaillait ici. Entre deux chimios, je demandais quinze jours, je m'échappais ici et je reprenais des forces. »
Une fois guérie, elle n'a pas envisagé de revenir à sa vie d'avant. Elle résume sa décision simplement : après la maladie, elle a choisi de faire ce qu'elle aime, et ce qu'elle aime, c'est retaper ces maisons.
Poutres, fenêtres et pierres : rien ne se jette
Estrella a installé un atelier dans l'un des bâtiments, qu'elle appelle La Perujal. Elle y restaure ce qu'elle récupère sur place : poutres, anciennes fenêtres, briques, pierres de murs effondrés et meubles retrouvés dans les greniers. Un vieil évier en pierre de plus de cent ans a lui aussi été remis en service.
Ces matériaux lui servent à aménager les chambres, les salles de bains et les terrasses. L'objectif n'est pas de transformer ces maisons en logements modernes sans âme, mais d'en garder le caractère. Cela évite aussi une partie des achats de matériaux neufs.
Arrivée avec une canne, sa mère n'en a plus besoin
Estrella ne vit pas seule au hameau. Sa mère, originaire de Cordoue et élevée à la campagne, l'a rejointe. À 84 ans, elle participe pleinement à la vie du lieu. Elle plante des pommes de terre, soigne les tomates, dégage les gravats et nettoie les anciens chemins pavés.
« Nous sommes ici depuis juin et elle marche sans canne. Elle monte, elle descend, elle trouve ici une énergie qui la fait vivre. »
Pas de facture d'eau et des voisins aux petits soins
La vie au village a aussi un intérêt économique. La propriété est alimentée par une source locale : Estrella ne paie donc pas de facture d'eau, contrairement à ce qu'elle connaissait à Barcelone. Elle dit avoir compris sur place qu'on a besoin de bien moins de choses qu'on ne le croit en ville.
Le hameau compte très peu d'habitants, mais l'accueil a été chaleureux. Les voisins, raconte-t-elle, lui apportent régulièrement à manger.
Cette envie de loger sa famille autrement se retrouve dans d'autres projets, comme celui de ce couple qui a construit une tiny house dans son jardin pour y installer sa mère, ou de cette retraitée texane qui a créé un village de tiny houses réservé aux femmes seules.
