Espacer les shampoings, multiplier les soins, insister sur l’après-shampoing… Certains gestes adoptés pour embellir les cheveux peuvent finalement les alourdir. Voici six habitudes à examiner si votre chevelure manque de volume, avec une précaution essentielle : des cheveux plats ne signifient pas forcément une perte de cheveux.
À peine secs, déjà raplapla. Malgré un shampoing soigneusement choisi et plusieurs soins alignés sur le rebord de la baignoire, vos cheveux retombent contre le crâne. Le réflexe consiste souvent à chercher un nouveau produit. Pourtant, la façon d’utiliser ceux que vous possédez mérite aussi un coup d’œil.
Une spécialiste du cheveu et une chimiste cosmétique détaillent plusieurs habitudes susceptibles de donner une apparence moins fournie à la chevelure. Leur point commun : elles peuvent laisser les racines grasses ou les longueurs trop chargées en produits.
Il faut toutefois distinguer trois situations : le manque de volume, la casse de la fibre et une véritable chute de cheveux. Elles ne se corrigent pas de la même manière. Modifier sa routine peut améliorer l’aspect de la chevelure, mais ne suffit pas à traiter toutes les causes d’une diminution de densité.
1. Espacer les shampoings alors que les racines sont déjà grasses
Attendre encore un jour, puis un autre, pour « laisser les cheveux tranquilles » : l’idée semble protectrice. Elle ne convient pourtant pas à tous les cuirs chevelus. Lorsque le sébum s’accumule, les mèches peuvent se regrouper et perdre leur mouvement. Les cheveux paraissent alors plus plats, sans avoir nécessairement diminué en nombre.
Dans ses conseils pour entretenir les cheveux, l’American Academy of Dermatology recommande d’adapter le lavage à leur état, notamment lorsqu’ils deviennent sales ou gras. Des cheveux raides associés à un cuir chevelu gras peuvent nécessiter un shampoing quotidien. Des cheveux secs, épais ou bouclés ont généralement d’autres besoins.
Le bon repère reste donc votre chevelure, pas un calendrier imposé à tout le monde. Si vos racines sont régulièrement grasses bien avant le prochain lavage prévu, l’espacement choisi mérite d’être revu. À l’inverse, augmenter systématiquement la fréquence n’a pas de sens lorsque les cheveux sont secs et que le cuir chevelu reste confortable.
2. Appliquer l’après-shampoing trop près des racines
L’après-shampoing facilite le démêlage et rend les cheveux plus faciles à coiffer. Mais son emplacement compte. Sur des cheveux fins ou raides, l’appliquer généreusement dès la racine peut réduire le gonflant que l’on cherche justement à retrouver.
Pour ces types de cheveux, les dermatologues de l’American Academy of Dermatology conseillent de concentrer l’après-shampoing sur les pointes. Pour les cheveux secs ou bouclés, l’application peut concerner l’ensemble des longueurs. Cette distinction évite de transformer un conseil destiné aux cheveux fins en règle valable pour toutes les textures.
Avant de changer de flacon, regardez donc où vous répartissez le produit. Les racines ont-elles besoin d’être aussi chargées que les pointes ? Si votre chevelure paraît douce mais immédiatement plaquée après le séchage, une application mieux ciblée constitue une piste à essayer.
3. Utiliser davantage de soin en espérant un meilleur résultat
Une première dose, puis une seconde « pour être sûr ». Avec l’après-shampoing, la générosité n’est pas toujours récompensée. Kelly Dobos, chimiste cosmétique interrogée par Yahoo, explique qu’un excès peut laisser les cheveux très fins enrobés, plus lourds et moins volumineux.
Il n’existe pas une quantité idéale qui conviendrait à toutes les longueurs et à toutes les formules. Les besoins d’une coupe courte ne sont pas ceux de cheveux longs, épais ou très secs. Mieux vaut partir des indications du fabricant et ajuster la quantité au résultat obtenu, plutôt que de multiplier les doses par habitude.
Réduire un excès ne veut pas dire supprimer l’après-shampoing. Ce soin contribue aussi à limiter les difficultés de démêlage et la casse. Pour des cheveux fins, une formule légère, conçue pour ce type de fibre, peut être plus adaptée qu’un soin très riche. Le choix du produit et la quantité utilisée vont ensemble.
4. Écourter le rinçage des produits qui doivent être éliminés
Le shampoing est terminé, l’eau coule quelques instants et l’on passe à la suite. Pourtant, un rinçage trop rapide peut laisser un excès de produit dans la chevelure. D’après les spécialistes interrogées par Yahoo, ces résidus peuvent contribuer à un aspect terne et à des longueurs sans ressort.
Prenez le temps de faire circuler l’eau entre les mèches, en les séparant doucement avec les doigts. Respectez surtout le mode d’emploi : un après-shampoing à rincer et un soin sans rinçage ne s’utilisent pas de la même manière. Il ne s’agit pas non plus de chercher à décaper la fibre. Certains ingrédients des après-shampoings sont précisément conçus pour s’y déposer et faciliter le coiffage.
Autre distinction utile : bien rincer ne signifie pas rincer immédiatement. Un shampoing antipelliculaire peut nécessiter un temps de contact avant son élimination. Celui-ci dépend du produit ; la notice prime sur un nombre de minutes présenté comme universel.
5. Superposer les produits sans regarder leur effet cumulé
Après-shampoing, masque, crème sans rinçage, huile, sérum : chaque flacon répond à une promesse. Mais leur association peut finir par peser sur les cheveux. Kelly Dobos souligne dans Yahoo que l’accumulation des produits compte autant que l’effet de chacun pris séparément.
Si les cheveux restent lourds après le séchage, simplifier temporairement la routine peut aider à repérer ce qui leur convient. Par exemple, évitez d’ajouter automatiquement plusieurs soins de finition après un lavage déjà suivi d’un soin riche. Observez ensuite le toucher, le démêlage et la tenue des racines avant de réintroduire un produit.
Un shampoing clarifiant peut retirer certaines accumulations de produits et de sébum. Il n’a cependant pas vocation à devenir une étape obligatoire pour tout le monde. Les spécialistes citées par Yahoo avertissent qu’un usage excessif peut laisser les cheveux secs, rêches ou plus difficiles à démêler. Là encore, la fréquence dépend des besoins et de la formule choisie.
6. Demander à un shampoing volumateur de tout régler
Le mot « volume » sur un flacon peut faire espérer beaucoup. Ces shampoings peuvent effectivement améliorer l’apparence des cheveux, notamment en déposant des ingrédients qui donnent davantage de corps à la fibre. Mais cet effet reste cosmétique.
Dans ses conseils consacrés aux cheveux moins fournis après une grossesse, l’American Academy of Dermatology explique notamment que certaines protéines présentes dans les shampoings volumateurs enrobent les cheveux et leur donnent une apparence plus épaisse. Cela ne signifie pas que le produit crée de nouveaux cheveux ni qu’il traite la cause d’une chute.
Un shampoing volumateur ne compense donc pas nécessairement un excès d’après-shampoing ou plusieurs couches de soins trop riches. Et aucune formule ne convient automatiquement à toutes les chevelures. Avant d’accumuler les achats, il peut être utile de revoir les quantités, les zones d’application et le rinçage.
Quand le manque de volume mérite un avis médical
Retrouver des cheveux plus légers après avoir modifié ses habitudes est possible lorsque le problème vient surtout du sébum ou des produits accumulés. En revanche, une raie qui s’élargit progressivement, des zones qui se dégarnissent ou une chute inhabituelle ne doivent pas être attribuées d’office à un mauvais shampoing.
Un dermatologue peut distinguer une casse, une chute excessive et d’autres formes de perte de cheveux. Il peut aussi examiner un cuir chevelu qui démange ou présente des pellicules persistantes. Attendre de trouver le produit parfait risque alors de retarder l’identification du problème.
Pour les cheveux simplement alourdis, le premier changement peut être très concret : laver lorsque c’est nécessaire, doser les soins selon les besoins et les appliquer au bon endroit. Parfois, le flacon supplémentaire peut attendre.
