À 18 ans, elle construit avec son père une maison de 16 m² pour un projet scolaire, avec une cuisine récupérée et une chambre en mezzanine

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À 18 ans, Gabriella Grace a choisi un projet scolaire dont elle pouvait ensuite pousser la porte : construire sa propre maison. Avec son père, cette Néo-Zélandaise a réalisé une tiny house sur roues de 16 m², équipée d’une cuisine de récupération et d’une chambre en mezzanine. Un chantier qui allait aussi lui donner envie de recommencer.

L’histoire est documentée dans un reportage de Living Big in a Tiny House publié le 27 novembre 2015. Gabriella avait alors 20 ans et présentait la maison construite pendant sa dernière année de scolarité. Installée à Wellington au moment de la visite, cette petite habitation témoignait déjà d’un goût affirmé pour les espaces compacts et les aménagements personnels.

Un projet scolaire qui commence par un dessin sur une serviette

Dans un portrait consacré à son parcours, Our Way of Life raconte que Gabriella était élève à Raphael House, une école Steiner de Lower Hutt. Son intérêt pour les petites constructions remontait à l’enfance, notamment à une cabane dans les arbres fabriquée par son père.

L’idée de leur première tiny house prend forme avec un croquis sur une serviette de restaurant. Père et fille consacrent ensuite deux journées de douze heures par semaine au chantier. Son père apporte son expérience pratique et ils apprennent également au fil des travaux.

Gabriella expliquera que cette activité commune les a rapprochés, après une période de distance pendant son adolescence. Derrière la construction se dessine ainsi une histoire de transmission : un parent et son enfant réunis autour d’un objectif concret, avec un résultat qu’ils peuvent voir progresser semaine après semaine.

Une cuisine des années 1960 retrouve une place dans la maison

À l’intérieur, le réemploi occupe une place importante. La cuisine provient d’un ancien ensemble des années 1960, acheté d’occasion pour 120 dollars néo-zélandais, selon Living Big in a Tiny House. Le salon comprend un canapé fabriqué avec du bois de palettes, qui sert aussi au rangement.

Le couchage est installé en mezzanine, accessible par une échelle. Une petite fenêtre apporte lumière et ventilation à cet espace. À l’extérieur, une terrasse réalisée avec des matériaux récupérés prolonge l’habitation et permet de profiter de son emplacement.

Ces choix donnent un contenu concret au mot « récupération ». Il ne s’agit pas seulement de conserver quelques accessoires décoratifs : des éléments déjà utilisés trouvent une nouvelle fonction au cœur du logement, jusque dans les espaces où l’on prépare ses repas et où l’on reçoit.

De la musique et des équipements pour recevoir ses amis

La maison possède aussi des détails moins attendus dans un projet scolaire. Dans son article de décembre 2015, le média italien Rinnovabili décrit un système audio provenant d’une ancienne voiture, intégré dans une paroi en bois. Il mentionne également des éclairages stroboscopiques au plafond.

Le logement est donc pensé pour des moments de détente, pour écouter de la musique, jouer de la guitare ou accueillir des amis. Cette dimension est importante : une petite surface ne résume pas à elle seule la manière dont un lieu sera utilisé. L’aménagement doit aussi laisser une place aux activités de son occupant.

Dans cette maison, le réemploi touche ainsi autant le mobilier que les équipements. Ce mélange permet de comprendre son caractère personnel. On ne découvre pas simplement une version réduite d’un logement conventionnel, mais un intérieur composé à partir de besoins précis et de pièces auxquelles une nouvelle utilité a été donnée.

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Un budget annoncé de 26 000 dollars néo-zélandais

Le coût total rapporté par Living Big in a Tiny House s’élève à 26 000 dollars néo-zélandais. Il s’agit du montant annoncé pour cette construction à l’époque du reportage, et non d’un devis permettant de reproduire aujourd’hui la même maison au même prix.

Le chiffre mérite d’être conservé dans sa monnaie d’origine pour éviter toute confusion avec des dollars américains. Il rappelle aussi qu’une construction utilisant des matériaux de récupération représente malgré tout un investissement. Acheter d’occasion et participer aux travaux ne font pas disparaître le coût du projet.

Pour apprécier une réalisation de ce type, le budget et le travail doivent se lire ensemble. Une cuisine récupérée doit trouver sa place dans un nouvel espace ; du mobilier doit répondre à plusieurs usages. Le résultat final ne montre pas toujours le temps consacré à ces ajustements, pourtant essentiel dans une autoconstruction.

Une histoire qui rappelle celle de Luke, constructeur à 13 ans

Le parcours de Gabriella fait écho à celui de Luke Thill, qui a construit à 13 ans une maison de 8 m² dans le jardin de ses parents. Dans l’Iowa, l’adolescent avait réuni son budget en effectuant de petits travaux, notamment en tondant des pelouses.

Sa construction comprenait un coin cuisine, une table rabattable et un lit en mezzanine. Pour limiter les dépenses, il avait utilisé de nombreux matériaux récupérés et échangé des services avec des adultes de son entourage. Un voisin électricien avait ainsi participé au câblage en contrepartie du nettoyage de son garage.

Les deux réalisations ne doivent pas être confondues. Celle de Luke n’avait pas d’eau courante et servait notamment à dormir quelques nuits par semaine, à faire ses devoirs et à recevoir ses amis. Mais elles illustrent toutes les deux ce que peut apporter un chantier à un jeune : apprendre à organiser un projet, à chercher des solutions et à travailler avec d’autres.

Après son premier chantier, Gabriella construit une deuxième maison

La suite donne une autre portée au projet scolaire. Dans le portrait publié par Our Way of Life, Gabriella a 21 ans et vient d’achever une deuxième tiny house, réalisée en grande partie par elle-même. La première a été vendue à une amie de sa mère.

Pour cette nouvelle construction, elle choisit une ossature en acier. Elle bénéficie encore d’aides familiales et fait appel à des professionnels pour la plomberie et l’électricité. Son autonomie a progressé, sans effacer le rôle des personnes qui l’entourent.

C’est finalement cette continuité qui distingue son histoire. Le travail réalisé avec son père n’est pas resté une expérience isolée de fin de scolarité. Il a débouché sur un autre chantier et sur la possibilité de réutiliser les compétences acquises. Au départ, Gabriella voulait un petit espace à elle ; elle a aussi découvert une activité dans laquelle poursuivre son apprentissage.

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.