À 28 ans, avocate, elle ne peut pas payer de loyer : elle vit dans 21 m² au fond du jardin de ses parents

Faute de pouvoir se logeraprès ses études de droit, Sophie Wellen a emménagé dans les 21 m² aménagés par ses parents dans un garage de 1917.

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Dans les jardins californiens, les petites annexes se multiplient. Chez les uns, elles servent à installer une grand-mère à quelques mètres de ses petites-filles. Chez Tina LaMonica et Warren Wellen, à South Pasadena, la construction n'était destinée à personne : c'était censé être un studio de musique. Ce sont finalement leurs deux filles adultes qui y ont vécu, l'une après l'autre.

Un garage construit pour une Ford T

Le couple a acheté sa maison de style Craftsman en septembre 2001, pour 650 000 dollars. Derrière, un garage d'une place datant de 1917, à l'époque où l'on y rangeait des Ford T, étroites et hautes. Vingt ans plus tard, en 2021, les propriétaires rassemblent plusieurs sources de financement, dont une ligne de crédit, et transforment la structure en logement accessoire, ce que les Américains appellent un ADU. Surface finale : 230 pieds carrés, soit environ 21 m². Coût total, permis, travaux et réseaux compris : environ 125 000 dollars, à peu près 107 000 euros.

Le projet avait une destination précise. Warren Wellen, 65 ans, est à la fois avocat et musicien au sein du groupe de rock alternatif Brahms' Third Racket. Sa fille Sophie résume le personnage en une phrase : il joue de tout, et il en jouait déjà pendant toute son enfance. Sa mère complète, plus sobrement, que cela peut être perturbant à la maison.

« Cela devait être un espace créatif, pas un logement », explique Tina LaMonica, 64 ans, courtière en immobilier commercial, au Los Angeles Times. (Propos traduits de l'anglais.)

Quelques mois plus tard, sa fille sonne à la porte

Warren Wellen n'a profité de son studio que quelques mois. Sophie, partie dix ans plus tôt, rentre alors à Los Angeles après des études de droit à l'université du Michigan. Elle sort du barreau, elle a une promesse d'embauche, mais aussi une dette étudiante et une dette de carte de crédit accumulées pendant ses années de fac. Sa mère est directe : payer un loyer au prix du marché à Los Angeles n'était pas envisageable, même avec un poste en vue. Le studio de musique est devenu son premier logement.

« À 28 ans, je ne savais pas où je voulais vivre à Los Angeles. J'ai eu la chance de pouvoir habiter cette petite maison à l'arrière et d'explorer la ville pour trouver le bon endroit, au lieu de me précipiter sur le premier appartement venu comme beaucoup de mes confrères », raconte Sophie Wellen. (Propos traduits de l'anglais.)
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Un lit escamotable, un carrelage damier et deux chats

Les 21 m² sont organisés au millimètre. Un lit escamotable qui se replie en banquette, un carrelage en porcelaine noir et blanc à damier acheté chez un fabricant de South Pasadena, une kitchenette avec plan de travail et placards blancs, un petit four multifonction et un réfrigérateur compact. S'ajoutent une salle d'eau avec douche, un placard, un rangement en soupente au-dessus de la salle de bains, un climatiseur réversible, de la place pour un bureau, un téléviseur et un fauteuil. Une machine à laver superposée peut être ajoutée plus tard. Le toit à deux pentes et une grande baie donnant sur le jardin et la piscine évitent l'effet boîte.

Il n'y a pas de salle à manger, mais une terrasse derrière des portes-fenêtres. Un détail qui a compté, parce que le logement s'est vite rempli : après un stage auprès d'un juge à Washington, le compagnon de Sophie, William Lang, l'a rejointe avec ses deux chats, en plus du chien de la famille. Elle en rit aujourd'hui, tout en rappelant la raison de cette attente : elle a dû économiser jusqu'à ce qu'il arrive pour disposer de deux salaires.

Sa sœur a pris le relais

Sophie Wellen est restée deux ans avant de louer un duplex de deux chambres à Hancock Park, à 4 500 dollars par mois, soit près de 3 900 euros. Peu après son départ, sa sœur Ruby, 27 ans, s'est installée dans le studio. Elle travaille à Torrance et ne peut pas se loger près de son emploi, explique leur mère, qui y voit un moyen de mettre de l'argent de côté sans s'éloigner.

Le cas n'est pas isolé. Le Los Angeles Times cite une étude de 2025 selon laquelle Los Angeles arrive au deuxième rang des cinquante plus grandes agglomérations américaines pour la part des actifs de 25 à 40 ans vivant chez leurs parents. D'après les données de Zillow reprises par le New York Post, le prix moyen d'un logement dans le comté de Los Angeles s'établit à 878 851 dollars. La maison principale de la famille, achetée 650 000 dollars, en vaudrait aujourd'hui environ 2,5 millions.

Tina LaMonica regrette une seule chose : la ville de South Pasadena n'autorisait pas, à l'époque, d'ajouter un étage. Elle imagine désormais l'inverse du scénario actuel, avec l'une de ses filles dans la maison principale et le couple dans le studio, un schéma déjà adopté par d'autres familles américaines qui reconvertissent leur garage. Selon elle, l'ADU est une solution de long terme qui empêche les gens de quitter la Californie et permet de garder sa famille sur place. Sophie, avocate en cabinet privé, nuance : elle et son compagnon s'en sortent bien, mais elle n'imagine pas encore avoir un enfant à Los Angeles.

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.