Deux lustres récupérés gratuitement, une cuisinière de type piano payée environ 467 euros, un canapé trois places qui n'a rien coûté et un réfrigérateur acheté 17 euros. Dans le cottage de Becky Chorlton et de son compagnon Steffan Roberts, à Lymm, dans le Cheshire, presque tout ce que l'on voit a déjà eu une première vie.
Le couple, âgé de 27 et 28 ans, a emménagé en mars 2025 dans cette maison de trois chambres construite au début du XXe siècle. Pendant l'année qui a suivi, ils l'ont meublée en fouillant Facebook Marketplace et les vide-greniers de la région, comme l'a raconté l'agence de presse britannique SWNS en avril 2026.
Une maison financée grâce à de vieux vêtements
Cette façon de consommer ne date pas de l'achat de la maison. Becky Chorlton a commencé à revendre ses vêtements sur Depop en juillet 2019, lorsqu'elle était étudiante à l'université d'Exeter. Elle voulait simplement gagner un peu d'argent pendant ses études.
Le petit complément de revenu est devenu un métier. Dès la fin de ses études, elle s'est lancée à plein temps dans la revente d'articles chinés dans des boutiques caritatives et des vide-greniers, puis revendus sur Depop et Vinted. Elle possède aujourd'hui une boutique vintage en ligne, « Becky's Bazaar ». Elle dit gagner jusqu'à 3 500 euros par mois et avoir réalisé plus de 116 000 euros de ventes au total depuis ses débuts.
Cet argent a aidé le couple à acheter sa première maison, pour laquelle ils disent avoir dépensé leurs économies. Une fois les clés en main, il restait tout à meubler, avec un budget serré.
Un frigo à 17 euros et des fauteuils à 35 euros pièce

Salon, cuisine, salles de bains, jardin, chambres : le couple a voulu trouver presque tout sur Facebook Marketplace. Becky a tenu le compte de ses achats en comparant chaque prix payé à celui du neuf. Les écarts sont parfois énormes. Les montants ci-dessous sont convertis depuis la livre sterling.
La table de la salle à manger a coûté environ 175 euros, contre 1 400 euros neuve. Le meuble TV a été acheté 76 euros au lieu de 700. Un premier canapé a coûté 117 euros, alors qu'il en vaut 1 400 en magasin. Un second, un ensemble trois places estimé à près de 1 750 euros, a été récupéré gratuitement.
La cuisine réserve une des meilleures affaires : une cuisinière de type piano de la marque Stoves, payée environ 467 euros au lieu de 2 333. Le réfrigérateur, lui, a coûté 17 euros, pour une valeur neuve d'environ 699 euros.
Les deux fauteuils du salon ont coûté 70 euros la paire, alors que Becky estime leur prix neuf à plus de 930 euros. Une armoire en chêne a été achetée 12 euros, un canapé-lit rose a été récupéré gratuitement, tout comme deux bancs de jardin, des tabourets de bar, une tondeuse et une bouilloire. Même les petits objets, comme les bougeoirs, les fleurs artificielles, le miroir ou une vingtaine de cadres photo, viennent de seconde main.
Plus de 29 000 euros économisés, vraiment ?
SWNS a publié un total : 25 286,01 livres d'économies, soit environ 29 500 euros. Le chiffre impressionne, mais il faut le lire de près. La liste inclut aussi la voiture de Steffan, achetée environ 4 665 euros et estimée à près de 17 500 euros à la revente. Cette seule ligne compte pour environ 12 800 euros.
En additionnant uniquement ce qui concerne la maison et le jardin, le total dépasse tout de même 16 000 euros. Et ce montant ne compare pas des achats réels à d'autres achats réels : il repose sur les prix du neuf estimés par Becky.
« Il faut accepter d'avoir une maison pas meublée tout de suite »

Meubler une maison de cette façon a un coût : le temps. Becky ne cache pas que le processus a été bien plus long que prévu.
Quand on chine ses meubles, il faut être plus patient et attendre plus longtemps. On ne peut pas simplement taper ce qu'on cherche sur Google et cliquer sur « acheter ». Il faut être prêt à regarder tous les jours et à ne pas avoir une maison entièrement meublée tout de suite.
Pour elle, l'enjeu n'est pas seulement financier. Elle dit vouloir prolonger la vie des objets plutôt que de les voir partir à la décharge. Elle répond aussi à l'idée que ce qui ne coûte pas cher finit par être racheté.
Quand on achète des meubles plus anciens, ils sont souvent de meilleure qualité que ceux que l'on achète aujourd'hui.
Elle y voit enfin un avantage pratique. Un meuble qui ne plaît plus peut être revendu, parfois plus cher qu'il n'a été acheté. Elle prévoit ainsi de remettre en vente pour environ 47 euros une table basse payée 35 euros.
Le chantier n'est pas terminé. Une chambre d'amis, surnommée « la chambre des chats », sert pour l'instant à accueillir des chatons en famille d'accueil. Le couple prévoit aussi d'aménager le jardin cet été et économise pour une extension à l'étage. D'autres ont choisi de construire leur propre tiny house pour réduire la facture du logement. Becky Chorlton, elle, a choisi une autre façon d'alléger le budget : faire d'un vieux cottage anglais une maison presque entièrement meublée d'occasion.
