La douche à l'italienne, une icône qui s'essouffle
Sol affleurant, parois vitrées, lignes épurées… Difficile d'imaginer une salle de bains contemporaine sans elle. Depuis plus de vingt ans, la douche à l'italienne incarne le bon goût et la modernité dans nos intérieurs. Pourtant, sur le terrain, plusieurs faiblesses se sont accumulées au fil du temps, au point de refroidir les propriétaires comme les acheteurs.
Le premier reproche, c'est l'entretien. Les parois en verre, soumises en permanence à l'humidité et au calcaire, virent vite au cauchemar quotidien. Ajoutez à cela des problèmes récurrents d'étanchéité, des évacuations capricieuses dans les logements anciens, et l'on comprend pourquoi les architectes d'intérieur cherchent désormais autre chose. Quelque chose de plus enveloppant, de plus sensoriel, qui ressemblerait davantage à une parenthèse de bien-être qu'à un simple geste utilitaire.
Le wet room avec banquette maçonnée, la nouvelle star des salles de bains
L'équipement qui fait l'unanimité chez les pros en 2026 ? Le wet room avec banquette maçonnée. Le concept est simple : une pièce d'eau entièrement ouverte, sans paroi vitrée ni receveur, où l'eau circule librement sur un sol traité comme un tout. Et au centre du dispositif, une assise en pierre construite en dur, comme dans les hammams traditionnels.
L'inspiration vient directement des spas haut de gamme et des bains turcs. On y retrouve cette atmosphère enveloppante où la vapeur reste captive, où la chaleur circule sans obstacle, et où le corps peut se poser, se détendre, profiter du moment. C'est exactement ce que les architectes cherchent à reproduire chez les particuliers : un cocon thermal à domicile, qui transforme une pièce purement fonctionnelle en véritable espace de soin.
Pourquoi cet aménagement séduit autant les pros
Au-delà du look, le wet room coche des cases que la douche à l'italienne n'a jamais vraiment validées. L'absence totale de parois agrandit visuellement la pièce de façon spectaculaire, un atout précieux dans les petites salles de bains françaises, souvent compartimentées à l'excès. La circulation devient fluide, le ménage plus rapide, et l'œil n'est plus arrêté par des cloisons en verre maculées de calcaire.
Cette tendance fait d'ailleurs consensus bien au-delà des frontières françaises. Interrogée par le média de référence britannique Homes & Gardens, Lauren Williams, du cabinet d'architecture américain MV Architects, confirme : les salles de bains principales ne sont plus perçues comme des espaces utilitaires, ses clients réclament désormais de véritables retraites façon spa, qu'elle conçoit avec des matériaux organiques comme la pierre naturelle et des bois chauds pour transformer la pièce en sanctuaire de bien-être.
Pierre, travertin, mosaïque : les matériaux qui font la différence
Reste un point décisif : les revêtements. Car c'est bien eux qui distinguent un wet room banal d'un véritable écrin thermal. Les architectes plébiscitent les grandes dalles de pierre naturelle, le travertin aux tons sableux, ou encore les mosaïques graphiques, posés en continu pour créer un effet monolithique. Sol, murs et banquette semblent ainsi taillés dans le même bloc, évoquant les thermes antiques.
Cette cohérence visuelle est ce qui donne à l'ensemble son caractère sculptural, très loin du carrelage standard que l'on retrouve dans la majorité des logements français. C'est aussi ce qui justifie le budget, généralement plus élevé qu'une douche à l'italienne classique, mais perçu comme un véritable investissement durable, avec une plus-value immobilière à la clé.
Une nouvelle façon d'habiter sa salle de bains
Au fond, ce basculement raconte autre chose qu'une simple mode déco. Il traduit un vrai changement dans notre rapport à la salle de bains. Ce n'est plus une pièce où l'on se lave en vitesse avant de filer au bureau, mais un prolongement des espaces de vie, pensé pour le confort et la décompression. Une bulle thermale privée, en somme, à mi-chemin entre la maison et le spa.
Et cette tendance ne sort pas de nulle part. Elle s'inscrit dans un mouvement de fond où les Français recherchent davantage de bien-être chez eux, parfois en s'inspirant d'autres cultures. À ce titre, on peut faire le parallèle avec une autre tendance forte de l'année : la salle de bains japonaise, qui mise elle aussi sur la douche fermée et l'art de la détente pour remplacer la douche à l'italienne en 2026.
En 2026, le vrai luxe n'est donc plus d'avoir une belle douche, mais une vraie pièce d'eau pensée comme un sanctuaire. Et il y a fort à parier que le wet room avec banquette maçonnée, lui, ne sera pas qu'une mode passagère.
