Il n'avait que 10 000 euros d'économies : ce trentenaire a appris à construire sa maison sur YouTube

Sans aucune expérience en construction, Ivan a appris sur YouTube à bâtir sa propre maison. Aujourd'hui il vit hors réseau, sans loyer ni factures.

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Il en avait assez de payer un loyer chaque mois sans jamais rien posséder. Alors ce trentenaire a pris une décision radicale : apprendre à construire sa propre maison, tout seul, grâce à YouTube. Aujourd'hui, il vit hors réseau et ne paie plus qu'une seule facture par mois.

Ivan Gradoboev a 35 ans et vit à Sofia, en Bulgarie. Il y a six ans, il n'avait ni expérience en construction, ni maison, ni beaucoup d'argent de côté. Seulement 10 000 euros d'économies. Pas de quoi acheter un appartement, encore moins une maison. Il a pourtant fini par construire non pas une, mais deux tiny houses de ses propres mains, et vit aujourd'hui totalement autonome en énergie et en eau.

Une décision née du ras-le-bol du loyer

Ivan explique avoir voulu sortir de ce qu'il appelle la course sans fin du locataire ou du propriétaire endetté. Il raconte à nos confrères britanniques d'UNILAD avoir détesté cette sensation de ne jamais pouvoir s'arrêter de payer, sous peine de tout voir s'effondrer.

"Je détestais cette sensation d'être dans une course sans fin, que ce soit en payant un loyer ou un crédit. On ne peut jamais s'arrêter, sinon tout finit par s'écrouler. Le seul petit problème, c'est que je n'avais même pas de quoi m'acheter un petit appartement, encore moins une maison entière", confie Ivan.

Avec ses 10 000 euros de côté, il a fini par acheter une parcelle de terrain agricole de 200 mètres carrés. Sans savoir précisément ce qu'il allait en faire, ni comment.

Des centaines d'heures de vidéos YouTube pour tout apprendre

C'est là que YouTube devient, selon ses propres mots, son meilleur allié. Ivan n'avait aucune connaissance en construction ni en habitat autonome. Il a donc passé des centaines d'heures à regarder des tutoriels sur la construction et les systèmes hors réseau.

Le choix de vivre sans être raccordé au réseau électrique n'était d'ailleurs pas un choix écologique au départ, mais une contrainte financière. Raccorder son terrain à l'électricité se serait révélé bien trop coûteux, voire impossible.

"Je pourrais vous raconter une belle histoire comme quoi je voulais faire un geste pour la planète, mais la vraie raison, c'était les contraintes du terrain. Le raccorder au réseau était tout simplement trop cher, voire impossible", explique Ivan à propos de sa maison alimentée à l'énergie solaire.

Il a commencé la construction de sa première tiny house en septembre 2020, et a emménagé dès qu'elle était vaguement habitable, le 31 décembre de la même année. L'objectif était simple : arrêter de payer un loyer au plus vite pour réinjecter cet argent dans la fin des travaux, qui se sont étalés sur l'année suivante.

Une revente à près de trois fois le prix

Cette première maison lui a coûté environ 20 000 euros au total. Après moins de deux ans à y vivre, Ivan a décidé de passer à autre chose et de la revendre. Il en a tiré 54 000 euros, soit presque le triple de son investissement de départ.

Il reconnaît cependant que cette première année de construction n'a pas été simple à vivre, seul, sur un terrain isolé.

"Je mentirais si je disais que je n'ai jamais douté de ma décision. Parfois je me demandais littéralement ce que je fabriquais, à construire une maison au milieu de nulle part, tout seul. Ce n'était clairement pas l'année la plus facile de ma vie sur le plan moral, mais ça en valait totalement la peine", confie-t-il.

Une deuxième maison pensée pour plus de confort

Avec l'argent de la vente, Ivan s'est lancé dans la construction d'une deuxième tiny house, cette fois de 39 mètres carrés (420 pieds carrés). Un chantier qu'il décrit comme un pur plaisir d'enfant, après avoir appris de ses erreurs sur le premier projet.

Sur sa première maison, il avait dû faire une croix sur une cuisine complète avec four et lave-vaisselle, ou encore un grand réfrigérateur. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Cette seconde maison lui a coûté environ 50 000 euros, terrain, structure et installation solaire comprises.

Selon des précisions apportées par le média américain The Cool Down, qui a également recueilli le témoignage d'Ivan, le terrain a représenté environ 14 000 euros, la structure finie environ 24 000 euros, et l'installation solaire près de 6 000 euros, le reste correspondant au mobilier et aux équipements.

Une seule facture par mois

Ivan vit dans cette deuxième maison depuis trois ans. Panneaux solaires pour l'électricité, propane pour cuisiner, puits pour l'eau : la quasi-totalité de ses besoins sont couverts sans dépendre du réseau. La seule facture qu'il paie chaque mois est celle de son téléphone, qui inclut sa connexion internet en 5G.

Il explique rester malgré tout vigilant sur sa consommation, même si ses batteries solaires descendent rarement sous les 80 %.

"Mes batteries ne descendent quasiment jamais sous les 80 %, mais j'utilise quand même des appareils classés A+++ et je n'allume le chauffe-eau que juste avant de m'en servir. J'ai enfin un puits avec de l'eau en illimité, mais je continue à fermer le robinet en me brossant les dents, parce que ne pas le faire me semblerait juste stupide", raconte-t-il.

Il veut maintenant transmettre son savoir

Six ans après avoir posé la première pierre de son projet, Ivan aurait aujourd'hui les moyens financiers d'acheter une maison plus grande et classique. Il préfère pour l'instant continuer à vivre dans sa tiny house, et consacrer son temps à transmettre ce qu'il a appris.

Il prépare actuellement une série de vidéos gratuites, avec chaque étape de construction expliquée en détail, pour permettre à n'importe qui, même sans expérience, de se lancer dans un projet similaire.

"Je ne dis pas que tout le monde devrait déménager dans une tiny house. Mais pour moi, ça a clairement été un tournant, et la solution à un problème que je pensais insoluble. Et quelque chose me dit que je ne suis pas le seul dans ce cas", conclut Ivan.

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.