Découverte hasardeuse de deux galaxies vieilles de 13 milliards d'années, cachées par la poussière

On dit souvent que le hasard fait bien les choses, et ce n’est pas la découverte faite par des astronomes qui vous fera penser le contraire ! En effet, une équipe de scientifiques est tombée par surprise sur deux galaxies jusque-là inconnues, situées aux confins de l’espace et du temps.

Crédit : M.Aurelius / Shutterstock

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Selon les premières conclusions qui ont fait suite aux analyses poussées de ces immenses corps célestes, ces derniers se seraient formés il y a plus de 13 milliards d'années. En d’autres termes, ces galaxies sont très vieilles. Mais elles paraissent l’être encore plus quand on sait que cette date n’est que 800 millions d'années après la naissance de l’univers lui-même.

Pourtant, les deux nouvelles galaxies découvertes auraient très bien pu ne jamais l’être. Et pour cause, elles étaient cachées derrière un épais nuage de poussière cosmique, comme il en existe de nombreux dans l’espace.

Vous l’aurez donc compris, ces trouvailles sont issues d’un pur hasard. Il arrive que des missions de recherche prennent un tournant inattendu lorsque l’on remarque de nouveaux éléments, et c’est exactement ce qu’il s’est passé dans ce cas précis.

Pendant la phase d’étude, l’équipe de scientifiques dirigée par Yoshinobu Fudamoto, astronome à l'Observatoire astronomique national du Japon, a commencé par repérer des émissions spectrales non recensées auparavant.

C’est à ce moment que les chercheurs nippons ont découvert qu’elles venaient de deux galaxies. Au départ, le projet de la mission était d’analyser des galaxies voisines, suffisamment lumineuses pour être observées en ultraviolet.

Le rapport d’étude, publié il y a quelques jours dans la prestigieuse revue Nature explique que « la découverte fortuite de ces deux galaxies poussiéreuses au bord de l'univers montre que notre recensement actuel, basé sur les UV des galaxies très précoces, est encore incomplet ».

Quant aux conditions de travail qui ont permis ces découvertes importantes, elles sont là aussi très intéressantes. Pour voir des objets à des distances colossales à travers des environnements poussiéreux, Yoshinobu Fudamoto et son équipe ont utilisé le grand réseau d’antennes millimétrique/submillimétrique de l’Atacama (ALMA), situé au Chili.

Il s’agit d’un télescope surpuissant équipé d’un interféromètre extrêmement sensible qui offre la possibilité d’observer des objets qui existaient à une époque ancienne du cosmos appelée « aube cosmique » ou « époque de réionisation », lorsque les premières étoiles et galaxies se sont formées.

Crédit : ALMA - NASA/ESA - ESO

Deux galaxies découvertes par hasard

Plus précisément, c’est dans le cadre d’un programme mené en partenariat avec l’ALMA, intitulé « Reionization-Era Bright Emission Line Survey » (REBELS), que les scientifiques japonais ont pu étudier 40 galaxies lumineuses qui existaient à l'aube cosmique.

Le jour où les deux nouvelles galaxies ont été repérées par hasard, ils observaient les galaxies REBELS-12 et REBELS-29 avant de constater des motifs flous d'émissions provenant de plusieurs milliers d'années-lumière de distance.

Les nouvelles galaxies ont été nommées REBELS-12-2 et REBELS-29-2. Ces dernières sont invisibles à la lumière optique et UV, mais grâce à sa sensibilité impressionnante aux longueurs d'onde de l'infrarouge, ALMA a pu les détecter.

Selon les estimations des experts, une galaxie sur cinq situées à l'aube cosmique pourrait se cacher derrière des voiles de poussière. À l’avenir, cette prise de conscience pourrait changer la manière d’où nous appréhendons et étudions la formation des étoiles et des galaxies de cette époque ancienne de l’univers.

« Une étude aveugle et à grande échelle de ces sources est nécessaire à l'avenir. Ces études doivent observer beaucoup plus profondément qu'on ne l'avait envisagé auparavant afin d’échantillonner les galaxies moins lumineuses, obscurcies par la poussière, telles que REBELS-12-2 et REBELS-29-2 » conclut l'équipe de Yoshinobu Fudamoto dans son rapport.

Impressionnant, n’est-ce pas ?

Source : VICE