28 ans après l'avoir perdue dans un lac, Kim retrouve sa bague de lycée grâce à deux inconnus qui refusent d'être payés

Perdue lors d'une sortie au lac à la fin des années 1990, la bague de lycée de Kim Rasbeck est réapparue 28 ans plus tard sous une pierre. Les deux hommes qui l'ont retrouvée ont refusé d'être payés.

Ajoutez-nous à vos sources préférées

Michael Siegle et Dylan LaPort ont une habitude : attendre que le niveau du Great Sacandaga Lake, dans l'État de New York, redescende. Ce réservoir de 29 miles de long a été créé en 1930 en inondant volontairement la vallée du Sacandaga, où se trouvaient plusieurs villages. Quand l'eau se retire, des portions de rive habituellement immergées réapparaissent, et les deux amateurs de détection de métaux y promènent leurs appareils.

Leur butin habituel n'a rien de spectaculaire : des pièces anciennes, du matériel agricole, des poignées de porte, des boutons de laiton, essentiellement des vestiges du XIXe siècle, quand la vallée était encore habitée. Sauf que cette fois, le signal du détecteur les a menés vers autre chose.

« On a entendu le son du détecteur, et on a juste retourné une pierre. Elle était juste là », a raconté Dylan LaPort à la chaîne locale WRGB (propos traduits de l'anglais).

Sous le caillou : une chevalière de lycée, celle de la promotion 1988 de Red Creek Central High School. Sur le côté, un surnom gravé, « Razz ». À l'intérieur, trois initiales : « KAR ».

Une enquête à 3 heures de route

Restait à retrouver la propriétaire d'un bijou perdu depuis des décennies. Le 20 août, les deux hommes ont publié une photo sur Facebook en expliquant que la bague venait d'un lycée situé à environ trois heures de l'endroit où elle avait été trouvée. Sans résultat.

Dylan LaPort a donc appelé l'établissement directement.

« Je lui ai d'abord dit que j'essayais de retrouver une ancienne élève parce que j'avais trouvé la bague. Elle a semblé un peu sceptique au début, puis quand j'ai commencé à la décrire plus précisément, elle a été ravie de m'aider », a-t-il expliqué à propos de la secrétaire du lycée (propos traduits de l'anglais).

C'est là que la taille de l'établissement a tout changé. La secrétaire avait été scolarisée un an au-dessus de la propriétaire de la bague. Elle avait même joué au foot avec elle. Il ne lui a pas fallu longtemps pour donner un nom : Kim Rasbeck.

« Ils n'en voulaient pas du tout »

Kim Rasbeck vit aujourd'hui à Rochester. Elle avait perdu sa chevalière 28 ans plus tôt, lors d'une journée passée sur le lac avec des amis, et n'imaginait plus la revoir. Quand les deux hommes l'ont contactée, sa première réaction a été de vouloir couvrir les frais.

« Je leur ai dit : je vous envoie par Venmo ce que coûtera le renvoi de la bague », raconte-t-elle à WRGB. « Et ils n'en voulaient pas du tout. Ils me répondaient : non, on veut juste que la bague vous revienne. » Le bijou lui a été expédié par la poste, sans contrepartie.

« Ça m'a fait du bien de voir qu'il y a encore des gens dans le monde qui font des choses correctes », ajoute-t-elle. Dans les commentaires de la publication Facebook, elle a remercié les deux hommes en écrivant qu'elle ne s'attendait « jamais » à revoir la bague.

Michael Siegle, lui, décrit la restitution comme la partie normale du loisir, pas comme un exploit : trouver des bagues, les rendre, et considérer tout le reste comme du bonus. Les deux hommes disent vouloir continuer.

Ce genre de retrouvailles tardives est plus fréquent qu'on ne le croit dès qu'un détecteur de métaux entre en jeu. Une Britannique a par exemple récupéré sa bague de fiançailles 54 ans après l'avoir perdue dans un champ, enterrée à 20 centimètres de profondeur.

Une précision pour les vocations naissantes : en France, cette sortie au détecteur ne s'improvise pas. L'article L. 542-1 du code du patrimoine soumet l'usage d'un détecteur de métaux pour rechercher des objets pouvant intéresser la préhistoire, l'histoire, l'art ou l'archéologie à une autorisation administrative préalable, à laquelle s'ajoute l'accord du propriétaire du terrain.

Suivez-nous sur Google

Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.