Giacomo, champion de pêche en apnée, plonge à 45 mètres pour vérifier « un gros rocher » : c'était un trésor archéologique vieux de 2 100 ans

Au large de Mazara del Vallo, un champion de pêche en apnée est descendu à 45 mètres vérifier une masse sombre repérée au sondeur. Il a trouvé une épave romaine de 2 100 ans et des centaines d'amphore

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Il pensait voir un rocher. Fin juin, au large de Mazara del Vallo, dans l'ouest de la Sicile, Giacomo De Mola inspecte les fonds marins en vue du championnat d'Italie de pêche en apnée. Son sondeur affiche une anomalie par 45 mètres de fond. Une forme massive, plutôt banale à cette profondeur. L'apnéiste, plusieurs fois champion du monde de la discipline et licencié au Komaros Sub Ancona, décide quand même de descendre voir. Sur une seule inspiration.

Sous lui s'étend une masse sombre qu'il prend d'abord pour la formation rocheuse habituelle. En s'approchant, il comprend qu'il a devant les yeux des centaines d'amphores posées sur le sable depuis plus de deux mille ans.

Une cargaison de vin de la fin de la République romaine

Le site se trouve à environ trois milles nautiques des côtes, soit cinq kilomètres, à 46 mètres de profondeur. Après sa remontée, De Mola prévient un spécialiste des épaves puis signale la découverte à la Surintendance de la mer de la Région sicilienne. S'ensuit un mois de vérifications, avec le concours du Nucleo carabinieri de protection du patrimoine culturel de Palerme, des carabiniers plongeurs de Messine et d'une vedette de Trapani.

Le 8 août 2026, le ministère italien de la Culture officialise la trouvaille. Les premières observations situent l'épave entre le IIe et le Ier siècle avant notre ère, en pleine époque républicaine. L'amas d'amphores mesure environ 21 mètres de long, 6 mètres de large et près de 2 mètres de haut. Il s'agit majoritairement d'amphores de type Dressel 1A, des conteneurs très répandus dans le commerce italien de cette période, notamment pour le transport du vin. À côté, deux jas d'ancre en plomb et une autre structure du même métal, encore à identifier.

Le ministre de la Culture Alessandro Giuli a salué « l'une des plus importantes découvertes archéologiques sous-marines de ces dernières années ». La coque en bois, elle, n'a pas encore été localisée : elle pourrait dormir sous le sable et la vase, comme c'est souvent le cas.

« La découverte la plus incroyable de ma vie »

Giacomo De Mola a raconté la scène sur Instagram et dans la presse italienne, images à l'appui. Interrogé par Il Resto del Carlino, il résume l'affaire sans détour (propos traduits de l'italien) :

« C'est sans aucun doute la découverte la plus incroyable de ma vie. »

Détail qui fait sourire : la même semaine, il remportait aussi le championnat pour lequel il repérait les fonds. Un mois de juillet correct.

Un musée sous-marin habité

Le site a été relevé en 3D lors d'une plongée technique menée par une équipe d'archéologues, une méthode qui permet d'étudier l'épave sans y toucher. Les investigations doivent maintenant préciser la datation, l'origine des amphores et les routes commerciales empruntées par le navire. Certaines pièces sembleraient venir d'Afrique du Nord, et une amphore néopunique a été repérée parmi les autres.

Entre les jarres, mostelles, murènes et mérous ont depuis longtemps pris leurs quartiers. Deux mille ans après le naufrage, la cargaison est devenue un récif. Le détroit de Sicile n'en est pas à sa première surprise : quelques semaines plus tôt, un plongeur y filmait un grand requin blanc pour la première fois sous l'eau en Méditerranée.

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Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Journaliste polyvalente, Manon couvre aussi bien l'actualité chaude que les sujets de société, la culture et la vie pratique. Elle privilégie les angles concrets, les sources croisées et les explications accessibles, quel que soit le thème traité.