L’US Open fait le plein d’influenceurs et ça dégénère
Depuis dix jours, les amoureux de tennis peuvent suivre l’US Open. La tâche est sans doute moins ardue que celle des joueurs sur le court. Cette année, l’édition américaine est particulièrement critiquée. Et les joueurs en sont les premiers touchés, rapporte l’AFP.
Dans un souci de rendre le tennis plus populaire aux États-Unis, l’USTA (la fédération américaine qui organise le Grand Chelem) a apporté quelques changements. Le premier d’entre eux est un partenariat avec des influenceurs. Sur le papier, c’est une bonne idée et cela peut amener un jeune public à s’intéresser à cette discipline. Sauf qu’en réalité, le comportement des influenceurs, dont le nombre a doublé en 2026, est problématique.
Du bruit et des odeurs de marijuana, les joueurs dépités par le public new yorkais
Des joueuses comme Naomi Osaka et son adversaire au premier tour Anastasia Zakharova se sont plaints, en conférence de presse, du bruit constant des influenceurs pendant le match. Entre bavardages, flashs à répétition et selfies avec un anneau lumineux, les influenceurs ont déplacé le spectacle du court vers les tribunes.
« Normalement je ne fais pas attention, mais là il y a eu un moment où ces personnes criaient, on pouvait les entendre très clairement. Je pense que ça a gêné mon adversaire aussi », a ainsi déclaré Naomi Osaka.
Un journaliste de l’AFP note même qu’une influenceuse n’a pas hésité à se rapprocher du court en plein match de Gaël Monfils et Learner Tien pour prendre une photo avec une photographe afin que la marque de son t-shirt soit visible.
Mais le bruit n’est pas le seul souci à l’US Open. Que dire des odeurs abondantes de marijuana ? Alors qu’il entrait à peine sur le court, Gaël Monfils a été frappé par l’odeur qui émanait du public : « Ça sent très fort là… C’est n’importe quoi », a-t-il déclaré. Il n’a pas été le seul à être dérangé. La numéro 1 mondiale, Aryna Sabalenka a carrément interrompu son match avant de s’adresser à l’arbitre : « Quelqu’un est en train de fumer de l’herbe. Pourriez-vous faire quelque chose ? C’est vraiment très fort ».
Respecter les lieux, une question « de courtoisie élémentaire »
L'influenceuse Remi Bader. Crédit photo : Instagram
Face à tant d'indisciplines et de complaintes, les organisateurs du tournoi ont rappelé qu’il y a des règles à respecter pour tout le monde.
« Nous voulons que tous nos fans et nos invités passent un moment extraordinaire lorsqu’ils viennent assister au tournoi, mais nous devons également nous assurer qu’ils ne perturbent pas le déroulement du jeu et la compétition sur le court ».
Pour les joueurs interrogés sur le sujet, il s’agit simplement d’une question « de courtoisie élémentaire », estime encore Naomi Osaka. Même l’Américaine Jessica Pegula reconnaît que « c’est un peu irrespectueux, on commence un peu à dépasser les bornes ». Le Français Adrian Mannarino résume quant à lui la situation à l’US Open depuis deux ans : « Les choses changent, le public peut bouger pendant les points. Ça sent la weed sur les courts. Il y a du bruit de partout, ça devient un peu le zoo en fait ».
Les rappels à l’ordre et les règles de savoir-vivre pourront-ils être respectés par les influenceurs pour cette dernière semaine de compétition ? L'avenir nous le dira.
