Selon la psychologie, les personnes qui se touchent le visage en parlant ne mentent pas forcément : ce geste accompagne souvent une tension ou un effort mental

Se toucher le visage en parlant n’est pas forcément un signe de mensonge. La psychologie révèle ce que ce geste traduit vraiment chez votre interlocuteur.

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En pleine discussion, votre interlocuteur porte soudainement la main à son nez, frotte sa joue ou pose ses doigts sur son menton. Pour beaucoup, le verdict est immédiat : cette personne est mal à l’aise, cache quelque chose ou tente de mentir. Pourtant, la psychologie donne une explication beaucoup plus nuancée à ce geste que nous faisons tous.

Le langage corporel fascine parce qu’il donne l’impression de pouvoir lire dans les pensées des autres. Un regard qui se détourne, des bras qui se croisent ou une main qui remonte vers le visage suffiraient ainsi à dévoiler les véritables intentions d’une personne.

Cette idée est séduisante, mais elle résiste assez mal aux recherches scientifiques. Se toucher le visage pendant une conversation peut effectivement accompagner un moment de tension. Cela ne signifie pas pour autant que la personne est en train de mentir.

Se toucher le visage n’est pas un détecteur de mensonge

Le nez et la bouche sont souvent présentés comme des zones révélatrices. Une personne qui se gratte le nez chercherait symboliquement à dissimuler ses paroles, tandis qu’une main placée devant la bouche trahirait une information qu’elle ne veut pas communiquer.

En réalité, aucun de ces gestes ne permet de distinguer avec certitude une personne honnête d’un menteur. Une analyse consacrée aux signes non verbaux du mensonge rappelle que plusieurs décennies de recherches n’ont pas permis d’identifier un comportement corporel unique qui serait caractéristique de la tromperie.

Une personne peut sembler nerveuse parce qu’elle ment, mais aussi parce qu’elle craint de ne pas être crue, se sent jugée ou cherche simplement la bonne façon de formuler sa réponse. Sans oublier les explications les plus banales : une démangeaison, de la fatigue ou une habitude prise depuis longtemps.

Autrement dit, le geste peut traduire un inconfort, mais il ne permet pas d’en connaître la cause.

Un réflexe fréquent dans les moments qui demandent de la concentration

Nous nous touchons le visage bien plus souvent que nous ne le pensons. La plupart du temps, ce mouvement est si rapide et automatique que nous n’en avons même pas conscience.

Selon une revue scientifique sur les contacts spontanés avec le visage, leur fréquence et leur durée peuvent augmenter dans des situations exigeantes sur le plan social, émotionnel ou intellectuel.

Cela peut arriver pendant un entretien d’embauche, lorsqu’on essaie de se souvenir d’un détail précis ou quand une question nous prend au dépourvu. La main qui remonte vers le menton ou la joue ne révèle alors pas nécessairement un secret. Elle accompagne parfois l’effort que fournit le cerveau pour organiser une pensée, contenir une émotion ou maintenir son attention.

Ce phénomène expliquerait également pourquoi certaines personnes se frottent le front lorsqu’elles cherchent une solution, jouent avec leurs lèvres en réfléchissant ou gardent longuement la main posée sur leur menton.

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Ce geste pourrait participer à notre régulation mentale

Les scientifiques cherchent encore à comprendre la fonction exacte de ces contacts spontanés. L’une des hypothèses avancées est qu’ils participeraient à la régulation de la tension et de la charge mentale.

Une étude publiée dans la revue Scientific Reports s’est intéressée aux personnes qui se touchent fréquemment le visage. Lorsque les chercheurs leur ont demandé de réprimer ce réflexe pendant une tâche de mémoire, leurs performances ont eu tendance à diminuer.

Ces résultats ne signifient pas que se toucher le visage améliore systématiquement la mémoire. Ils suggèrent néanmoins que ce mouvement n’est pas toujours un simple geste parasite. Pour certaines personnes, il pourrait accompagner un mécanisme utilisé spontanément pour rester concentrées face à une situation exigeante.

Les chercheurs restent prudents : les études disponibles portent encore sur des groupes relativement restreints et ne permettent pas d’attribuer une signification précise à chaque mouvement de la main.

Le contexte reste plus important que le geste lui-même

Avant de conclure que quelqu’un ment, mieux vaut observer son comportement habituel. Une personne qui touche régulièrement son menton en parlant ne transmet probablement aucun message particulier. Il s’agit simplement de sa manière naturelle de réfléchir ou de communiquer.

Un changement soudain peut signaler de la nervosité, de la gêne ou un effort mental plus important. Mais là encore, il est impossible de savoir pourquoi sans tenir compte de la conversation, de la situation et de la personnalité de l’interlocuteur.

Les mots employés, la cohérence du récit et les faits vérifiables sont bien plus instructifs qu’une main posée quelques secondes sur le visage.

La prochaine fois que votre interlocuteur se frottera le nez ou touchera sa joue, inutile de jouer immédiatement les détectives. Il ne cherche peut-être pas à vous cacher quelque chose : son cerveau est peut-être simplement en train de gérer une pensée, une émotion ou un moment de tension.

Manon Moreau

Au sujet de l'auteur :

Manon, c'est notre journaliste couteau-suisse. Gémeaux oblige, elle s'intéresse à tout : de la psychologie humaine aux mystères de la lune, en passant par l'art d'optimiser son intérieur et de pimper son quotidien. Elle adore aussi voyager et découvrir de nouveaux endroits dès qu’elle en a l’occasion. Pour elle, chaque détail de la vie pratique mérite une enquête approfondie. Son secret pour rester inspirée ? Le cinéma et les séries, qu'elle dévore sans modération avant de transformer ses réflexions en articles (vraiment) utiles.