En Norvège, des ours polaires se portent incroyablement bien malgré la fonte des glaces

Dans l’archipel norvégien du Svalbard, une population d’ours populaires surprend les scientifiques grâce à leur bonne santé. Cependant, les craintes sont réels quant à la durabilité de ce regain de forme.

En première ligne face au réchauffement climatique, l’ours polaire est certainement l’une des espèces les plus menacées au monde. Cependant, certains de ses plantigrades ne semblent pas prêts à baisser pavillon, au point que quelques populations surprennent les scientifiques par leur instinct naturel de survie.

Au mois de décembre dernier, des chercheurs britanniques que des ours polaires, vivant dans la région sud du Groenland, avaient modifié leur ADN pour devenir plus résistants aux changements thermiques. Le 29 janvier 2026, des scientifiques norvégiens ont publié une étude surprenante dans la revue Scientific Reports, concernant les ours polaires vivant dans l’archipel du Svalbard.

Ils sont révélé que la santé des ours polaires s'était améliorée malgré le réchauffement climatique, choquant les chercheurs qui s'attendaient au contraire.

Un ours polaireCrédit photo : iStock

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À partir des données recueillies auprès de 770 ours adultes (1 188 captures) entre 1992 et 2019, les chercheurs ont constaté que les animaux sont devenus nettement plus gros et en meilleure santé depuis l'an 2000 environ, malgré la fonte rapide de la banquise dans la région. Un résultat dont le Dr Jon Aars, de l'Institut polaire norvégien et principal auteur de l'étude, se satisfait

« Plus un ours est gros, mieux c'est. Et je m'attendais à ce que leur état physique se détériore si la fonte de la banquise est si importante. »

Les chercheurs pensent que les ours du Svalbard ont fait ce que font généralement les animaux affamés : ils se sont adaptés.

Cette adaptation semble notamment se traduire par une plus grande dépendance aux ressources alimentaires terrestres, comme les rennes et les morses, plutôt qu’aux seuls phoques. Les populations de morses, en particulier, se sont rétablies en Norvège grâce aux efforts de conservation mis en œuvre il y a plusieurs décennies, créant ainsi potentiellement une nouvelle source de nourriture riche en matières grasses.

Svalbard, en NorvègeCrédit photo : iStock

Une tendance positive qui pourrait ne pas durer

Il existe également une possibilité, quelque peu contre-intuitive, en mer, selon les scientifiques. Si les phoques disposent de moins de glace pour se disperser, ils pourraient finir par se regrouper dans des zones plus restreintes, ce qui rendrait la chasse plus efficace, du moins tant qu'il reste suffisamment de glace pour que les ours puissent s'en servir comme plateforme.

La nouvelle étude suggère également que, malgré le réchauffement rapide de la mer de Barents et la fonte des glaces parmi les plus importantes au Svalbard, cette population n'a pas connu le déclin net et progressif auquel on aurait pu s'attendre.

Un ours polaireCrédit photo : iStock

En revanche, les auteurs de l'étude soulignent que les différentes populations d'ours polaires réagissent différemment et que des effets négatifs importants du rétrécissement de la banquise peuvent être observés dans de nombreux autres endroits.

À mesure que la banquise recule, les ours polaires doivent parcourir des distances toujours plus grandes pour atteindre leurs territoires de chasse, dépensant ainsi davantage d'énergie et risquant de ne pas pouvoir compenser leurs dépenses énergétiques, même avec une alimentation diversifiée.

Si la situation à court terme au Svalbard peut sembler étonnamment positive, la dépendance à long terme demeure inchangée : les ours polaires ont toujours besoin de la banquise pour survivre.

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