Le petit chien qui avait été arraché aux bras d'un sans-abri à Paris, a finalement retrouvé son propriétaire, et les voleurs comparaîtront devant la justice... Épilogue de l' affaire «Cause Animale Nord »

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Souvenez-vous : le 19 septembre dernier, une vidéo avait scandalisé le Web français, avant de faire le tour du monde entier. Un homme et une femme arrachaient sauvagement le petit chien des bras de son propriétaire, un SDF d’origine roumaine dénommé Iulian Vaduva, devant les Halles, à Paris.

Alors que le sans-abri, plaqué au sol par les deux individus, pousse des cris déchirants, la chienne tente de s’échapper sous une barrière. L’homme finit par l’attraper, puis il s’en va d’un pas rapide tandis que l’animal, totalement paniqué, aboie. « Il n’a pas le droit, c’est interdit par la loi ! » crie sa complice aux passants outrés, comme pour se dédouaner de cet acte odieux.


Les réactions des internautes ne se sont pas fait attendre : devant cet acte de cruauté gratuit, comment éprouver autre chose que du dégoût et de l’aversion, envers ces deux personnes qui s’attaquent à un pauvre sans-abri ?


Seulement voilà, ce n’était pas aussi simple que cela :

Aussitôt après, on apprend que l’homme qui saisit brutalement la chienne dans la vidéo n’est autre qu’Anthony Blanchard, le président de Cause Animale Nord. Selon la petite association lilloise de défense des droits des animaux, la chienne aurait en effet été droguée par le sans-abri, qui faisait partie d’un réseau roumain de trafic animal.

Dès lors, deux camps se sont opposés, certains défendant l’association qui aurait simplement voulu « sauver le chien », d’autres s’indignant de la manière dont le sans-abri avait été maltraité puis agressé. Notamment dans les médias, on a assisté à un déferlement d'articles se contredisant les uns les autres, prenant tour à tour un parti, puis l'autre.

Demotivateur s’était refusé à traiter l’« affaire Cause Animale Nord » et avait décidé de ne pas prendre position dans le débat, jugeant ne pas disposer des éléments nécessaires pour se permettre de prendre parti. Mais hier, jeudi 15 octobre, la justice a finalement rendu son verdict : le chien a été restitué à son propriétaire Iulian Vaduva, lequel aurait immédiatement fondu en larmes de joie en récupérant sa fidèle compagne.   

Mais comment en est-on arrivé là ?


C’est sur la base d’une simple déduction tirée à la va-vite, fleurant bon la xénophobie et sans la moindre preuve, que les membres de l’association Cause Animale Nord ont pris la décision totalement arbitraire de s’emparer de Linda, la petite chienne de Iulian. De passage à Paris pour une affaire n’ayant absolument rien à voir avec le sans-abri, les militants sont partis du principe que, comme Iulian était roumain, il devait sans doute maltraiter son animal, et se livrer a fortiori au trafic de chiens.

Malgré le fait qu’ils ne disposaient d’aucun mandat d’arrêt ni d’aucune autorisation de la part de la police, ils ont intimé au sans-abri de présenter les papiers du chien pour prouver qu’il était bien à lui. Ce dernier n’ayant pas les papiers sur lui, ils sont passés à l’acte et ont arraché le chien de ses bras.

La chienne aurait ensuite été mise en vente (ou à l’adoption, selon les dires de certains témoins), sur le site même de l’association. Mais l’histoire ne s’arrête pas là ;

Devant le tollé général provoqué par la fameuse vidéo prise par l’un des témoins de la scène, les membres de l’association ont affirmé avoir la preuve que l’acte de « bravoure » des deux militants avait pour but de sauver l’animal d’un soi-disant trafic illégal de chiens. Pour prouver leur bonne foi, ils ont pris Iulian en filature dans les rues de Paris, et l’ont filmé tandis qu’il parlait au téléphone, en roumain.

La vidéo a été publiée avec des sous-titres faisant croire qu’il s’entretenait au sujet du trafic de chiens avec l’un de ses complices. Bien sûr, les sous-titres étaient complètement bidon et la conversation n’avait rien à voir avec un quelconque trafic.

Après cette tentative de mensonge éhonté visant à rabaisser un peu plus le sans-abri, Anthony Blanchard a été placé en garde à vue pour « vol avec violences en réunion » et contraint de restituer l’animal aux forces de l’ordre.

Selon les éléments finaux de l’enquête de la police, il se trouvait que la chienne n’était absolument pas droguée, et que ses documents étaient en règle. A contrario, les documents censés prouver le contraire et largement diffusés sur les réseaux sociaux, ont été authentifiés comme étant des faux.

L’expérience a été, on s’en doute, extrêmement traumatisante pour Iulian et sa chienne Linda. Aujourd’hui, le sans-abri tient à remercier tous ceux qui l’ont soutenu. Sur le site chien.fr, une cagnotte a été organisée pour l’aider à améliorer ses conditions de vie ainsi que celles de sa chienne.

En guise de remerciement, David Sudan, l’avocat de Iulian, a envoyé un communiqué, recueilli sur le site chien.fr, que vous pourrez également trouver plus bas.




Communiqué de David Sudan, avocat de Iulian Vaduva. Le 15 octobre 2015. Via Chien.fr.



Bonsoir à tous,

Je me présente, je m’appelle David Sudan, je suis l’avocat de Iulian Vaduva, le sans-domicile-fixe du quartier des Halles à Paris qui a été violemment agressé par des membres de l’association « Cause Animale Nord », en l’occurrence Monsieur Anthony Blanchard et Madame Evelyne Lombardi, le 19 septembre dernier pour lui voler sa petite chienne « Linda » sur la seule base du fait qu’il était sans-domicile-fixe et, de surcroît, roumain.

Je confirme la nouvelle qui a été très vite été répandue cet après-midi : sa petite chienne Linda lui a été restituée des mains de la Police ! La scène de retrouvailles entre Iulian et Linda a été très émouvante : celui-ci n’a pas pu s’empêcher d’éclater en sanglots lorsque la chienne lui a été remise par un officier de police judiciaire et cette petite chienne, malgré tous les voyages qu’elle a pu subir ces dernières semaines et le choc émotionnel qu’elle a dû ressentir du fait de son enlèvement à son maître, l’a tout de suite reconnu et a remué sa petite queue dans tous les sens en émettant des petits cris de joie !

Un vrai moment de bonheur et de joie pour toutes les personnes qui étaient présentes à ce moment-là.

Maintenant que la chienne a été restituée à Iulian, celui-ci tenait à vous dire qu’il a été très touché par l’élan de solidarité et de mobilisation qui s’est créé à travers toute la France pour retrouver sa petite chienne et qu’à ce titre, il tenait à vous remercier infiniment. Je suis de près tout ce qui se dit sur les réseaux sociaux depuis le début de l’affaire (en particulier ce groupe de soutien) et je lui ai fait plusieurs compte-rendu des témoignages de soutien des français et cela l’a vraiment réconforté car, à mille lieues du trafiquant de chiens pour lequel ses détracteurs ont essayé de le faire passer avec à l’appui une vidéo calomnieuse et d’autres articles tout autant calomnieux qui ont été écrits sur lui, c’est un homme tranquille, sympathique et jovial.


J’aimerais revenir sur les événements de cette affaire.


Cette affaire n’a pas été facile pour lui : il y a à peine trois semaines, ce n’était qu’un sans-abri qui vivait dans le plus grand anonymat dans le quartier des Halles à Paris avec pour seul compagnon de route sa petite chienne Linda comme c’est le cas de dizaines de sans-abris du quartier de nombreux sans-domicile-fixes en France. Et tout d’un coup ce samedi 19 septembre, alors qu’il n’avait rien demandé à personne et parce qu’il avait le tort d’être sans-abri et d’origine roumaine, il se fait violemment agresser par des activistes de défense de la cause animale sans la moindre enquête préalable et sur la seule base de son faciès, comme on faisait jadis dans certains Etats soviétiques.

Tout le monde s’en est pris violemment à Monsieur Anthony Blanchard, mais il n’est pas le seul dans cette affaire. Il s’agit d’un vol commis en réunion avec violence. Tout le monde aura en effet remarqué l’intervention violente et brute de cette fameuse dame blonde dans la vidéo, Madame Evelyne Lombardi, qui se permet de répondre, lorsqu’une passante lui dit à juste titre que ce qu’elle fait est dégueulasse qu’ « il n’a pas droit » et que « c’est interdit par la loi » (sous-entendu il n’a pas droit lui SDF lui d’origine ROUMAINE d’avoir une chienne).

J’ai effectué un cursus de 8 années de droit à l’Université et je ne connais aucune loi en France qui interdise aux SDF d’avoir un chien, et ce quelle que soit leur origine. Lors de son procès, cette dame pourra certainement venir expliquer aux Magistrats ce qui est interdit et permis par la loi en France !

Une véritable campagne de diffamation a été menée contre mon client par les membres de l’association « Cause Animale Nord » ainsi que tous les réseaux qui lui sont affiliés de « défense de la cause animale » aux fins de le discréditer et de le faire passer pour un « trafiquant de chien » sur la seule base du fait qu’il était roumain. Contrairement à ce qui a été affirmé par les militants de l’association « Cause Animale Nord », Linda n’était pas droguée ni amorphe le jour où elle a été volée. La preuve étant qu’à peine le lendemain après l’avoir volée, l’association « Cause Animale Nord » publiait une offre à l’adoption de la même chienne sous le nom de « Vegan » avec comme description « Chienne pleine de joie et très joueuse ». Il faudra qu’on nous explique comment une chienne peut passer, en l’espace seulement de quelques heures du statut de « droguée » au statut de « chienne pleine de joie », il y a comme une contradiction ! En revanche, je confirme la description de Linda (et non Vegan) dans l’offre à l’adoption publiée par Cause Animale Nord le lendemain de son vol: pour l’avoir vue tout à l’heure lors de sa restitution à son véritable propriétaire, effectivement c’est une chienne pleine de joie !



Sur la vidéo qui a circulé pendant plusieurs jours sur les réseaux sociaux où il est pris en filature alors qu’il parle roumain et, où l’on essaye de faire croire avec des sous-titres français, qu’il serait en train de parler de trafic de chien, la traduction des propos est complément fausse. En effet, je l’ai soumise à plusieurs à plusieurs personnes qui parlent le français et le roumain qui m’ont tous affirmé qu’à aucun moment dans cette vidéo, il n’était question de trafic de chien. Plutôt que de nous livrer à une chasse à l’homme dans cette affaire, notre priorité fut de récupérer Linda. Néanmoins, nous ne comptons pas en rester là. Nous avons fait des captures d’écran de tous les propos diffamatoires qui ont été tenus à l’égard de mon client depuis le début de l’affaire et nous allons nous réunir demain pour étudier les suites judiciaires à donner à ces propos.

Mon client a véritablement été blessé par les propos diffamatoires voulant le faire passer pour un trafiquant de chien. Car c’est bien loin de la vérité de ce qu’il est. En effet, il est très apprécié des riverains et des commerçants du quartier des Halles à Paris et tous ceux qui le connaissent me l’ont décrit comme un sans-abri sympathique, discret, loyal et jovial. Tous m’ont décrit un homme qui ne maltraitait pas sa chienne et, qui bien, au contraire, l’éduquait avec le plus grand amour et la plus grande tendresse qu’on peut donner à un animal. J’ai rencontré un grutier des Halles qui m’a dit que Iulian était même venu de lui-même lui présenter Linda lorsqu’il l'avait eue avec toute la joie et la fierté qu’un homme peut avoir dans les yeux lorsqu’il présente son petit animal. Sa chienne a toujours été bien nourrie et bien traitée et, avec le faible butin de sa quête dans la rue, c’est toujours elle qu’il nourrissait en premier avant lui. Ce grutier m’a même dit que Iulian n’hésitait pas à solliciter l’aide d’un de ses collègues connaissant bien les animaux lorsqu’il avait besoin de lui administrer des soins, par souci de faire les choses dans les règles de l’art avec la plus grande délicatesse et que ce soit indolore pour elle.

La vérité sur cette affaire, c’est qu’on a des activistes d’une association de « défense de la cause animale » qui, sans aucun droit ni aucun mandat de la Police, se permettent de violer la loi française en dépouillant un SDF roumain de son chien sur la seule base du fait qu’il était à la rue et roumain (et donc indigne à élever un chien).

On ne va pas se mentir, la maltraitance et le trafic d’animaux sont une réalité en France et en Europe, mais peut-on se permettre, sans aucune enquête préalable sur la base du seul faciès d’un SDF, de le dépouiller de son chien ? NON !

Je ne renie aucunement le travail des associations de la défense des animaux. Bien au contraire, la plupart des personnes qui m’ont aidé dans le traitement de ce dossier sont des personnes issues du milieu associatif de défense de la cause animale. Je sais que le combat de ces associations est parfois dur, surtout quand il s’agit de lutte contre le trafic d’animaux, mais si vous avez des suspicions de maltraitance ou de trafic d’animaux, il existe une Justice en France avec laquelle vous pouvez travailler main dans la main. Et croyez-moi bon nombre de procédures engagées dans le trafic d’animaux auprès d’un juge aboutissent à la saisie des animaux maltraités.



Enfin sur la cagnotte (lancée par Chien.fr), mon client a été très touché par l’initiative et est très ému par les montants qui ont été récoltés, surtout à l’approche de l’hiver. Celui-ci, à l’aide de plusieurs membres d’associations, a créé ce matin un compte bancaire à la Banque Postale et, après discussion avec tous les intervenants des plateformes de cagnottes, il a été convenu que nous ferons appel à une Huissier de justice pour constater le montant des fonds récoltés et ensuite le virement du montant de ces fonds sur son compte bancaire.

Au nom de mon client, je tenais à vous remercier de votre soutien chaleureux !

Bien à vous,

David Sudan
Source : mrmondialisation
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