Suite aux propos de Macron sur Pétain, l'Élysée précise qu'il ne sera « pas honoré le 10 novembre »

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Suite aux propos de Macron sur le maréchal Pétain, l’estimant « légitime » de recevoir un « hommage » pour son rôle lors de la Grande Guerre, l’Élysée a finalement annoncé qu’il ne sera pas honoré lors de la cérémonie aux Invalides qui aura lieu ce samedi 10 novembre.

Hier, lors de son « Itinérance mémorielle », Emmanuel Macron a jugé « légitime » de rendre hommage au maréchal Pétain, le samedi 10 novembre aux Invalides, le qualifiant de « grand soldat » lors du premier conflit mondial. Suite aux réactions indignées qui ont suivi, l’Élysée a réagi en tentant de calmer le jeu à travers une note envoyée aux journalistes.

« Je ne pardonne rien, mais je ne gomme rien de notre histoire »

Selon l’Élysée, seuls les maréchaux présents aux Invalides  seront honorés, à savoir Foch, Lyautey, Franchet d’Esperey, Maunoury et Fayolle.

« Il a été un grand soldat, c’est une réalité » explique le président de la République. « Je me suis toujours opposé au défaitisme français ou à la complaisance envers toute idéologie. Mais je reconnais la part que nos maréchaux et notre armée ont jouée. Nous lui devons la victoire […]. Je ne pardonne rien, mais je ne gomme rien de notre histoire ».

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, dénonce une « mauvaise polémique ». « Aucun hommage ne sera rendu à Pétain samedi. Il n’en a jamais été question […] s’il y a eu confusion, c’est que nous n’avions pas été suffisamment clairs sur ce point ».

« Rien ne justifie une telle honte »

À droite comme à gauche, les propos du chef de l’État avaient immédiatement provoqué la controverse.

« Pétain est un traitre et un antisémite. Ses crimes et sa trahison sont imprescriptibles » dénonce Jean-Luc Mélenchon. Quant à l’ex-candidat PS à la présidentielle Benoît Hamon, « rien ne justifie une telle honte ».

L’ancien président de la République, François Hollande, avait réagi dans la soirée à la polémique  : « L’histoire n’isole pas une étape, même glorieuse d’un parcours militaire. Elle juge l’immense et indigne responsabilité d’un maréchal qui a délibérément couvert de son nom et de son prestige, la trahison, la collaboration et la déportation de milliers de juifs de France ».

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) s’est dit « choqué » : « La seule chose que nous retiendrons de Pétain, c’est qu’il a été, au nom du peuple français, frappé d’indignité nationale lors de son procès en juillet 1945 » déclare le président de l’organisation, Francis Kalifat. SOS Racisme et l’Union des étudiants juifs de France ont dénoncé une stratégie de « réhabilitation ».

Pour le député Les Républicains Philippe Gosselin, « il y a lieu de rendre hommage au général Pétain » de la Grande Guerre, même s’il « ne s’agit pas de faire l’apologie de l’État français du régime de Vichy » de 1940-1944.

Source : Le Monde
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