Le gouvernement renonce aux péages urbains, alors que la mobilisation des « gilets jaunes » ne faiblit pas

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Confronté à la colère des « gilets jaunes », le gouvernement a décidé de renoncer à mettre en place les péages urbains.

Le gouvernement rétro-pédale. La mise en place des péages urbains a en effet été abandonnée et ne figure plus dans le projet de loi d’orientation des mobilités (LOM). S’agit-il d’une conséquence directe de la mobilisation des « gilets jaunes » ? Si le gouvernement s’en défend, difficile pourtant de pas y voir un lien de cause à effet.

Confronté à la grogne des « gilets jaunes », le gouvernement renonce aux péages urbains. Crédit photo : Ralph Gosch / Shutter stock

Alors que le projet doit être présenté ce lundi en Conseil des ministres, on apprend que cette mesure, loin de faire l’unanimité, a ainsi été purement et simplement supprimée. Le ministère des Transports l’a annoncé ce dimanche, expliquant que la décision avait été prise en raison d’un manque de villes candidates, mais aussi dans un souci d’équité afin de ne pas « accentuer les fractures entre territoires ».

Pour rappel, l’article 22ter du projet de loi prévoyait d’instaurer, dans les grandes agglomérations qui le souhaitaient, des péages urbains imposant une taxe qualifiée de « tarif de congestion ». Un dispositif censé limiter la circulation et réguler autant que faire se peut la pollution atmosphérique ainsi que les nuisances sonores.

« Cette mesure est perçue comme risquant d’accentuer les fractures entre territoires »

Le tarif maximum prévu par le projet s’élevait à 2,50 euros, une somme qui aurait permis aux véhicules légers d’entrer dans les agglomérations concernées. Cette mesure répondait à une volonté affichée lors de concertations organisées entre les différentes parties prenantes, à l’automne 2017.

« Lors des Assises de la mobilité, les collectivités nous avaient demandé de disposer d'un outil plus opérationnel et plus encadré. C'est ce à quoi nous avions travaillé », a ainsi expliqué ce week-end un porte-parole du ministère des Transports à l’AFP.

« Manifestement, cette mesure est perçue comme risquant d'accentuer les fractures entre territoires. Nous ne voulons pas créer de faux débats, aussi cette disposition ne figure pas dans le projet de loi », a pourtant précisé cette même source, rappelant au passage que la loi « Grenelle 2 », promulguée le 12 juillet 2010, avait déjà envisagé pareille mesure.

« Si les élus (...) le demandent, on leur donnera la façon de mieux encadrer ces péages, s'ils ne le demandent pas, cette disposition ne sera pas dans la loi », avait déjà annoncé la ministre des Transports, Elisabeth Borne, lors d’une interview sur France Info le 19 novembre dernier. Cette annonce a donc été suivie par les actes, aucune agglomération n’ayant fait part de sa volonté d’adhérer à ce dispositif.

Notons que l’annulation de la mise en place des péages urbains figurait parmi les nombreuses revendications des « gilets jaunes », dont le mouvement ne faiblit pas.

Source : 20 Minutes
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