Déclaré comme SDF auprès de l'administration française, un homme, arrêté après avoir été flashé au volant d'une Ferrari, était en réalité un escroc au train de vie royal. Récit.
Ils ne s'attendaient sûrement pas à ça !
Des gendarmes ont arrêté un sans-abri au volant... d'une Ferrari, flashée à près de 250 km/h dans le Vaucluse. D'abord circonspects, les militaires ont par la suite découvert que le chauffard n'était pas tout à fait celui qu'il prétendait être.
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Flashé à 247 km/h au volant d'un bolide, il prétend être... sans-abri
L'arrestation a eu lieu l'an dernier lors d'un contrôle de vitesse mené sur l'autoroute A7, au niveau d'Avignon. Dans un premier temps, les gendarmes d'Orange ont été surpris d'arrêter une Ferrari Portofino. Il faut dire que ces derniers n'ont pas l'habitude de croiser ce genre d'engin tous les jours. Mais ils n'étaient pas au bout de leur surprise. Les forces de l'ordre sont en effet tombées des nues en découvrant que l'automobiliste était une personne sans domicile fixe. Du moins, le croyaient-elles.
Mais comment diable une personne sans domicile fixe pourrait circuler au volant d'un tel bolide, dont la valeur est estimée à 200 000 euros ? C'est la question bien légitime que se sont posés les gendarmes. Et ce qu'ils ont découvert dépasse l'entendement car non seulement ce chauffard n'était pas la personne qu'il prétendait, mais, pire encore, il était en réalité un fraudeur à l'origine d'un vaste système de blanchiment d’argent.
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Comme l'expliquent nos confrères de CentrePresse.Fr, ce conducteur était en effet « impliqué dans un énorme montage familial frauduleux, permettant de blanchir de l’argent à travers une société civile immobilière ». Cette fraude familiale était très bien ficelée. Dans le détail, chaque membre de cette famille se déclarait ainsi comme personne sans emploi et devenaient insolvable. Chacun profitait donc d'aides financières provenant de la CAF, tout en continuant de gagner de l'argent en parallèle dans le cadre de leur activité professionnelle. De l'argent qui échappait bien évidemment aux radars de l'Urssaf et des impôts.
Au total, ces escrocs auraient détourné pas moins de 1,8 million d'euros d'aides sociales, auxquels s'ajoutent plus de 1,6 million d'euros de revenus non déclarés. Grâce à cette combine, la famille menait grand train avec notamment des « vacances de luxe », ou encore l'achat de « bijoux » et d'article de « maroquineries » onéreux. Sans oublier cette fameuse Ferrari qui a depuis été saisie.
Quatre membres de cette famille, qui ont été arrêtés lors de deux coups de filet simultanés menés à Roquebrune-sur-Argens (Var) et Montfermeil (Seine-Saint-Denis), seront prochainement jugés par le tribunal de Draguignan pour « travail dissimulé, blanchiment aggravé, abus de biens sociaux et escroqueries ».
Verdict le 27 octobre prochain.
