Canons sciés : avec le hashtag #OneLess, les États-uniens se filment en train de découper leurs armes après la tuerie de Floride

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Mercredi 14 septembre. Jour de la Saint-Valentin. À Parkland, en Floride, une fusillade sanglante dans un lycée coûte la vie à 17 personnes, élèves et membres du personnel enseignant confondus. Il s'agira de l'une des plus meurtrières fusillades massives en milieu scolaire des États-Unis — et du monde.

Un tragique évènement, qui a relancé les débats au sujet de la libéralisation du port d'armes au pays du Deuxième Amendement. Ainsi, après la fusillade, plusieurs États-uniens se sont filmés ou photographiés en train de détruire leurs armes, et se sont affichés sur les réseaux sociaux, avec le hashtag #OneLess ("un de moins").

Tout a commencé lorsque Scott-Dani Pappalardo, un quinquagénaire habitant New York, s'est filmé en train de détruire son AR-15. Un fusil d'assaut qu'il avait acheté légalement trente ans plus tôt, et dont il souhaite aujourd'hui se débarrasser face aux morts de Parkland. 

"J'ai décidé aujourd'hui de m'assurer que cette arme ne sera jamais en mesure d'arracher une vie et d'être pointée sur quelqu'un", clame-t-il dans sa vidéo, qui a dépassé mercredi matin les 20 millions de vues, avant de détruire son arme à coups de scie circulaire.

Pourtant, Scott-Dani Pappalardo se décrit comme étant "un fervent défenseur du deuxième amendement " — le fameux texte de la Constitution des États-Unis qui garantit aux citoyens le droit de porter des armes, et qui est régulièrement brandi par la NRA et les défenseurs des armes à feu.

Canon scié

Cet amendement joue un rôle clé dans l'histoire juridique des États-Unis et dans sa prise d'indépendance vis-à-vis de l'Angleterre, puisqu'elle garantissait la possibilité au Peuple armé de constituer "une milice bien organisée" et "nécessaire à la sécurité d'un État-Libre", et donc de ne pas se trouver sous le joug d'une éventuelle armée de métier imposée par les Britanniques.

Mais en dépit de son importance symbolique et historique, de nombreux États-uniens aspirent désormais à davantage de réglementations sur les armes à feu afin d'éviter des tragédies comme celle survenue à Parkland. C'est le cas, visiblement, de Scott-Dani Pappalardo, cet ancien amateur de salles de tir qui, plutôt que de revendre son fusil, a décidé de le détruire pour s'assurer qu'il ne sera jamais pointé en direction de quelqu'un.

Ave son hashtag #OneLess, Scott-Dani Pappalardo ne se doutait pas qu'il allait lancer un mouvement... et pourtant, de nombreux autres habitants des États-Unis ont suivi son exemple, se filmant ou se photographiant en train de scier leurs armes ou de les détruire d'une autre manière.

"Moi aussi, j'aime posséder des armes, et je suis propriétaire d'un permis de port d'arme, mais je ne pourrais plus me regarder dans la glace si mon arme était utilisée pour blesser ou tuer un innocent. Voici mon ancien fusil, après que je l'ai scié" tweete ainsi une certaine Deb Lentz :

Une goutte d'eau, certes... mais les petits ruisseaux font les grandes rivières. L'espoir est permis, quand on sait que, désormais,  deux habitants des États-Unis sur trois se disent favorables à une réglementation plus stricte sur le port des armes à feu.

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