Des lycéens ont été exclus pour avoir diffusé de fausses vidéos, générées par l'IA, mettant en scène des enseignants dans des situations « dégradantes ».
Jusqu'où ira-t-on avec l'intelligence artificielle ?
Si le champ des possibles de cette avancée technologique représente un intérêt légitime, on en oublie beaucoup trop souvent qu'elle constitue également un réel danger, lorsqu'elle se retrouve entre de mauvaises mains. L'utilisation frauduleuse de l'IA peut en effet s'avérer désastreuse et fait parfois craindre le pire. La perspective de voir, un jour, des personnes sans scrupules utiliser cet outil pour en discréditer d'autres, en les accusant des pires méfaits sur la base de simples montages ultra-réalistes et indétectables, a de quoi nous effrayer.
Cette menace sournoise, que certains préfèrent occulter, commence pourtant déjà à poindre.
Des professeurs d'un lycée privé viennent d'en faire la terrible expérience après avoir été trainés dans la boue suite à la diffusion de fausses vidéos, générées par l'IA. Les auteurs de ces montages, scolarisés dans l'établissement, ont été identifiés et sanctionnés.
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Un enseignant accusé d'avoir embrassé des élèves à cause... de vidéos truquées par l'IA
Les faits ont eu lieu au lycée Notre-Dame de Strasbourg (Bas-Rhin), indiquent nos confrères de France 3 Grand Est.
Ces derniers précisent ainsi que des élèves de cet établissement catholique privé ont été temporairement exclus pour avoir utilisé l'intelligence artificielle dans le but de créer des vidéos « dégradantes », mettant en scène des enseignants avec des lycéens.
Selon plusieurs témoins, l'une de ces vidéos truquées montre « un professeur embrasser une ou deux élèves ». Ces « deep fakes » auraient été réalisés à l'aide de véritables photos, prises durant l'année. Plusieurs plaintes ont été déposées L'un des enseignants, victime de ces fausses vidéos calomnieuses, serait par ailleurs en arrêt maladie depuis la diffusion.
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De nombreux professeurs, choqués par la tournure des événements, ont expliqué se sentir démunis face à l'émergence de cet outil. Des adolescents, scolarisé à Notre-Dame, constatent également une utilisation néfaste de l'IA chez certains de leurs camarades.
« Il y a vraiment des élèves qui ne se rendent pas compte des conséquences, ils ont l'air... désensibilisés », a ainsi déploré l'une des lycéennes, qui a souhaité garder l'anonymat. Cette dernière a par ailleurs précisé que cette affaire avait sérieusement impacté les relations entre les élèves et le corps enseignant.
De son côté, le rectorat de Strasbourg a condamné « fermement les actes survenus » dans l'établissement.
