Comment font les abeilles pour survivre pendant l'hiver ?

Quand l'hiver arrive, les ours hibernent et les oiseaux s'envolent vers le sud, mais qu'en est-il des abeilles ? Comme toutes les autres créatures sur terre, les abeilles ont leurs propres moyens de faire face aux températures basses de l'hiver. L'une des façons dont les abeilles se préparent à l'hiver est de rassembler une réserve de miel pour l'hiver.

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Les abeilles se dirigent vers la ruche ou l’essieu pour s’y regrouper lorsque les températures descendent en dessous de 10 degrés. Lorsque le temps devient frais, les abeilles se rassemblent dans une zone centrale de la ruche et forment ce qu’on appelle une « grappe d'hiver » ou « grappe hivernale ».

Il s’agit d’un rassemblement qui leur permet de générer une source de chaleur suffisante pour survivre et combattre les températures extrêmes.

Les abeilles, un cycle de vie saisonnier

Sans couverture, ni feu, ni chauffage adaptable comme les humains ont la chance d’avoir, les abeilles doivent se serrer les coudes pour rester au chaud (et en vie) en hiver.

Lorsque les températures baissent, les abeilles se retirent dans leurs ruches et forment un groupe uni pour rester au chaud, un peu comme une gigantesque soirée pyjama qui va durer pendant trois mois minimum, soit tout le long de l’hiver au moins.

Mais contrairement à celles que l’on imagine avec des batailles d'oreillers et beaucoup de rires, ici, l’idée est simplement de survivre et de passer l’hiver en bonne santé. Et justement, le sort de la ruche dépend de l'efficacité avec laquelle la population d’abeilles s'est préparée au froid et à anticiper son arrivée.

En effet, pour survivre et rester au chaud, l'essaim d'abeilles doit avoir une population robuste d'abeilles prêtes pour l'hiver, mais également des réserves abondantes de miel à manger et une ruche bien construite et solide, capable de résister au gel.

Une grappe hivernale réussie est constituée d'une génération d'abeilles présentant des caractéristiques physiologiques différentes de celles de la population estivale. Ces dernières doivent être un peu plus dodues pour conserver la chaleur et dotées d’une durée de vie plus longue pour tenir tout l'hiver (cela peut aller jusqu’à 5 mois).

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Seules les abeilles femelles survivent pendant l’hiver

Le monde social des abeilles est normalement divisé en trois castes : les ouvrières, les faux-bourdons et les reines. Mais en hiver, les bourdons mâles meurent, ne laissant place qu’aux castes féminines, c’est-à-dire les ouvrières et la reine.

L'essaim d'abeilles entièrement féminin se serre les uns contre les autres pour former la grappe d'hiver, la reine se trouvant dans la partie la plus chaude et centrale du groupe, tandis que les ouvrières s'agitent et tremblent pour maintenir une chaleur suffisante pour survivre. Bref, toute la colonie se bat en permanence pour garder sa reine en sécurité et faire en sorte qu’elle survive dans les meilleures conditions.

Au centre de la grappe d'hiver, la température peut atteindre 32-37 °C, tandis qu'à la surface de la grappe, ou manteau, la température fluctue autour de 10 degrés. Pour se maintenir et supporter la chaleur, la grappe rampe et grimpe en formation autour de la ruche pour atteindre ses réserves de miel afin de s’alimenter selon ses besoins.

Pendant la plus grande partie de l'hiver, la grappe reste intacte et ses membres ne se séparent jamais dans le but de garder l’air chaud au centre.

Dès que les températures extérieures repassent au-dessus des 10 degrés, les abeilles formant la colonne quittent momentanément la ruche, par roulement, pour se délester de leurs déchets sans pour autant perdre la chaleur trop rapidement.

Dans les climats où les températures descendent rarement, voire jamais en dessous du seuil des 10 degrés, les abeilles mellifères continuent à travailler et à produire du miel durant toute l'année.