Confinement : des dérogations accordées aux chasseurs, autorisés à réguler les « populations de grand gibier »

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En dépit du nouveau confinement, les chasseurs devraient obtenir des dérogations pour continuer leur activité. On vous explique pourquoi.

C’est une décision qui ne devrait pas arranger la mauvaise presse actuelle autour de la chasse !

Les chasseurs vont pouvoir bénéficier prochainement de dérogations au confinement pour une raison bien précise : la régulation de certaines espèces.

C’est la secrétaire d’État à la biodiversité, Bérangère Abba, qui l’a confirmé cette information.

Des dérogations accordées aux chasseurs pour réguler le gibier

« Pendant cette période de confinement, nous nous devons d’éviter un accroissement des dégâts faits aux cultures, aux forêts et aux biens par une prolifération des populations de grand gibier comme les sangliers ou les chevreuils », déclare-t-elle ainsi dans un communiqué publié ce dimanche sur Twitter.

« C’est uniquement à cette fin et sur demande de l’autorité administrative que des actions de chasse pourront avoir lieu dans les prochaines semaines », précise-t-elle encore.

Comme le rappellent nos confrères de l’AFP, il faut savoir que les chasseurs payent plusieurs millions d’euros d’indemnisations chaque année aux agriculteurs pour les dégâts causés sur les cultures par les sangliers.

C’est pourquoi, une fois la décision du reconfinement entérinée, des négociations ont débuté entre l’État et la Fédération nationale des chasseurs (FNC), qui défend l’idée que la régulation du gibier à laquelle elle participe s’avère être une mission de service public.

« Je ne veux pas qu’on dise que les chasseurs dérogent à quoi que ce soit et continuent de pratiquer la chasse, ce n’est pas ce qu’on a demandé. Mais si on n’y va pas, comment on va faire ? », avait d’ailleurs déclaré ce dimanche Willy Schraen, président de la FNC.

« Normalement, rien que pour les sangliers, on doit en tuer 500 000 avant la fin de l’année. Vous imaginez si on ne va pas à la chasse ! Cela fait 500 000 sangliers en plus sur le territoire, peut-être autant de chevreuils », avait-il ajouté.

Les futures actions de régulation du grand gibier seront décidées d’un commun accord avec les préfets et celles-ci ne pourront être réalisées que par des battues ou du tir à l’affût et non pas suivant la pratique tant controversée de la chasse à courre.

Selon Willy Schraen, les pourparlers avec les préfets porteront sur « six ou sept espèces susceptibles de poser des problèmes ». Les discussions doivent également « préciser les conditions sanitaires et gestes barrières à respecter lors de ces actions exceptionnelles de chasse », a pour sa part précisé Bérangère Abba.

Comme il fallait s’en douter, ces dérogations accordées aux chasseurs sont loin de faire l’unanimité et beaucoup d’internautes mais aussi d’élus, dont le député Insoumis Bastien Lachaud, se sont indignés d’une telle décision.

Source : AFP
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