Défigurée par une teinture pour cheveux, elle frôle la mort et alerte sur les dangers des colorants capillaires

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Une violente allergie à un produit utilisé dans une teinture a failli coûter la vie à Estelle. Récit.

Son histoire a déjà fait le tour de la toile et pour cause, Estelle est une miraculée. Cette jeune femme de 19 ans a bien failli mourir à cause d’une… teinture pour cheveux. Oui, vous avez bien lu ! L’histoire peut prêter à sourire mais elle est pourtant très sérieuse tant l’issue aurait peu être dramatique.

Le 16 novembre dernier, alors qu’elle s’est teint les cheveux quelques heures auparavant avec un produit de grande marque, Estelle commence à ressentir de fortes démangeaisons sur le cuir chevelu. Elle s’aperçoit également que son crâne se met à enfler. Inquiète, elle se rend à la pharmacie et en revient avec des antihistaminiques, ainsi qu’une crème cutanée censée l’apaiser. Suffisant pense-t-elle alors.

« J’avais une tête d’ampoule »

Mais le lendemain au réveil, c’est l’horreur. En passant devant le miroir, elle voit en effet que son visage a triplé de volume, tel celui de Coluche dans le film Banzaï. « J’avais une tête d’ampoule », explique-t-elle, encore abasourdie, à nos confrères du Parisien. Affolée, sa mère la conduit aux urgences où les médecins qui la prennent en charge tentent de la rassurer en lui expliquant qu’ils connaissent le problème.

Défigurée par une teinture pour cheveux, Estelle, 19 ans, a frôlé la mort. Crédit photo : capture d'écran You Tube

Le corps médical lui indique ainsi qu’il s’agit d’une allergie à la PPD, comprenez Paraphénylènediamine. Cette substance, issue des benzènes et hautement allergène, est utilisée dans 90% des colorations pour cheveux en raison de sa capacité à faire tenir les couleurs aux teintes foncées. Elle n’est en revanche pas autorisée pour les autres produits cosmétiques utilisés notamment pour le maquillage.

Défigurée par une teinture pour cheveux, Estelle, 19 ans, a frôlé la mort. Crédit photo : capture d'écran You Tube

« Ils nous ont dit qu’ils étaient habitués », confirme Estelle, dont le tour de tête mesure alors 63 cm contre 56, en temps normal. Après avoir subi un cocktail de corticoïdes et d’antihistaminiques sous forme de perfusion, l’hôpital l’autorise à regagner son domicile le soir même, mais en chemin, l’œdème ne monte aucun signe d’amélioration et ne se résorbe pas. Pire, il s’étend en direction des tempes et de son front, lui donnant l’impression d’être « dans un bocal ».

Sa mère décide alors de faire demi-tour et retourne aux urgences mais, à peine arrivée, on lui signifie que tout va s’arranger et que l’œdème « va partir ». Pas rassurée et sceptique quant aux propos des médecins, elle décide pourtant de conduire sa fille à l’hôpital Mondor de Créteil (Val-de-Marne). Bien lui en a pris car sur la route, Estelle se met à suffoquer dans la voiture. « Sa langue gonfle, son cœur s’accélère, elle respire mal. Son état se dégrade », selon le Parisien.

Une fois arrivée à l’hôpital, elle est immédiatement prise en charge. « Les médecins m’ont fait une piqûre d’adrénaline, m’ont gardé toute la nuit », raconte Estelle, qui a pu rentrer chez elle saine et sauve, dès le lendemain.

« J’ai fait une bêtise et j’ai envie de dire aux autres, ne faites pas comme moi ! »

Cette expérience traumatisante, Estelle et sa maman ont décidé de la raconter sur les réseaux sociaux, photos à l’appui, afin d’alerter sur les dangers de la PPD. En réponse, elles ont depuis reçu beaucoup de messages, de la part notamment de coiffeurs.

« Ils nous disent, voilà pourquoi il faut faire une coloration chez un professionnel et non à domicile », explique Estelle, qui avait pourtant déjà eu une petite alerte allergique lors d’une précédente coloration. Raison pour laquelle elle avait testé le produit sur sa peau avant de l’appliquer, mais elle n’avait attendu que 30 minutes au lieu des 48 heures préconisées par la notice.

Une erreur qu’elle regrette aujourd’hui et qui doit servir d’exemple au plus grand nombre selon elle. « J’ai fait une bêtise et j’ai envie de dire aux autres, ne faites pas comme moi ! » affirme-t-elle ainsi avec fermeté.

Il est vrai qu’il s’en est fallu d’un cheveu.

Source : Le Parisien
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