Le sol des Antilles dévasté et les Antillais empoisonnés sur plusieurs siècles par le chlordécone, un insecticide autrefois utilisé pour la culture bananière

Par
628
Partages
inscription newsletter

Newsletter

partager sur twitter

Partager sur Twitter

Les Antilles sont réputées pour leurs productions bananières, exportées à travers le monde. Des décennies durant, les cultivateurs ont utilisé dans les bananeraies du chlordécone, un insecticide considéré tout simplement indispensable dans le secteur de la banane, et ce depuis les années 1970. Les Guadeloupéens et les Martiniquais ont cependant rapidement découvert que le chlordécone était ultra-toxique, aujourd’hui considéré comme perturbateur endocrinien, et cause de nombreux cancers. Utilisé sans modération jusqu’à son interdiction dans les Antilles en 1993, son bilan est catastrophique, puisqu’il s’avère aujourd’hui qu’il a pollué les sols pour au moins plusieurs siècles…

Image d'illustration du musée de la banane à Sainte-Marie, en Martinique. Crédit photo : Pack-Shot / Shutterstock

Alors que les Antilles brillent aux yeux du monde pour leur production de bananes en 1972, les cultures sont ravagées par une petite bête : le charançon du bananier. Celui-ci détruit les arbres fruitiers, au point de potentiellement porter préjudice à l’économie de l’archipel. Pour palier ce problème, les cultivateurs commencent à avoir recours à un insecticide, le chlordécone, qui sera considéré comme un possible cancérogène par l’Organisation Mondiale de la Santé quelques années plus tard, en 1979.

En dépit des troubles causés par le chlordécone, à savoir une recrudescence de cancers chez les Antillais, notamment des cancers de la prostate, des atteintes neurologiques, des perturbations hormonales, des conséquences sur la fertilité, ou encore des retards cognitifs chez l’enfant, comme le souligne Reporterre, l’insecticide ne sera interdit dans l’archipel qu’en 1993, contre 1990 pour la métropole. S’il n’est plus utilisé depuis, son usage intensif durant une vingtaine d’années a laissé des séquelles au niveau des sols, et des points d’eau, contaminant les ressources alimentaires des habitants. L’insecticide aurait donc occasionné une pollution des sols qui pourrait durer trois à cinq siècles, et 95% des Guadeloupéens et 93% des Martiniquais seraient contaminés par le chlordécone. 

L’environnement et l’alimentation étant directement concernés par le chlordécone, il semble bien difficile pour les Antillais d’échapper à cette catastrophe écologique dont les effets ont été longtemps ignorés, mais qui refont aujourd’hui surface alors que de nombreuses personnes s’en insurgent à juste titre.

Source : Reporterre
Commentaires