États-Unis : le « compost humain » autorisé dans l'État de Washington

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L’État de Washington (États-Unis) vient d’autoriser le « compost humain », en guise de solution alternative à l’incinération et à l’enterrement.

« C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre, d'où tu as été pris; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière ».

Cette célèbre phrase, issue du chapitre 3 de la Genèse, que la tradition judéo-chrétienne attribue à Dieu alors en pleine remontrance contre son fils Adam, ébranlé par le pêché originel, n’a jamais semblé aussi juste !

Très prochainement, les citoyens de l’État de Washington bénéficieront ainsi d’une troisième alternative lorsqu’ils devront choisir le rite funéraire à respecter lors de leurs funérailles.

Jusqu’à présent, et comme il est de coutume dans de nombreux pays, les défunts avaient le choix, de leur vivant, d’opter pour la crémation ou l’enterrement.

La « conversion, accélérée et en milieu clos, de restes humains en humus »

Désormais, ils pourront choisir la « réduction organique naturelle » - comprenez le compost humain - qui vient d’être légalisée dans cet État américain du nord-ouest, considéré comme l’un des plus progressistes des États-Unis. Ou comment retourner à la terre !

États-Unis : le « compost humain » autorisé dans l’État de Washington (Photo d'illustration). Crédit : Oakstrails / Shutterstock

Cette nouvelle législation permettra au corps de la personne défunte d’être enseveli, au terme d’un processus bien précis, et d’être utilisé ainsi comme engrais naturel.

Cette démarche est légalement définie comme étant une « conversion, accélérée et en milieu clos, de restes humains en humus ». Adoptée fin avril par le parlement local, cette loi a été promulguée ce mardi par le gouverneur Jay Inslee. Ce dernier, membre du parti démocrate et réputé proche des écologistes, a récemment annoncé sa candidature pour l'élection présidentielle américaine de 2020.

Une solution « naturelle, durable et économe »

Cette législation, qui entrera en vigueur dans un an, a suscité de nombreuses réactions notamment de la part de ses partisans, lesquels se sont réjouis de son adoption.

« La recomposition offre une alternative à l'embaumement et à l'inhumation ou à la crémation, elle est naturelle, sûre, durable et permet des économies importantes en matière d'émissions de CO2 et d'utilisation des terres », a ainsi déclaré Katrina Spade, l’un des plus fervents soutiens au projet.

Très impliquée aux côtés des élus favorables à la loi, cette dernière a fondé, il y a une dizaine d’année, une entreprise baptisée « Recompose », qui est à l’origine d’un processus de compostage humain qu'elle devrait très bientôt commercialiser.

Celui-ci présente la particularité d’accélérer la décomposition du corps en le plaçant dans un conteneur avec de la paille, des copeaux de bois et de la luzerne.

« Tout est recomposé, y compris les dents et les os », affirme la société qui précise que le processus permet d’obtenir un mètre cube de humus, en 30 jours.

« L'idée de retourner à la nature de manière aussi directe est en fait assez belle »

Une fois rendu aux familles des défunts, ce « compost humain » peut être semé dans un jardin et contribuer ainsi à la pousse d’un arbre planté en mémoire de la personne décédée. « Le matériau que nous rendons aux familles est très semblable au terreau que vous pourriez acheter dans votre pépinière », assure l’entreprise.

En dépit de son aspect pratique et des perspectives écologiques qu'elle propose, cette technique ne fait tout de même pas l’unanimité dans le pays, provoquant même l’ire de l’Église catholique qui « croit que traiter des restes humains de cette manière ne fait pas suffisamment preuve de respect pour le corps du défunt ».

Ce à quoi Katrina Spade a répondu en déclarant que « l'idée de retourner à la nature de manière aussi directe et d'être placé de nouveau dans le cycle de la vie et de la mort, est en fait assez belle ».

Après tout, ne seraient-ce pas les paroles que Dieu aurait dictées à Adam…

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Source : BBC
Washington États-Unis
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