États-Unis : les femmes et les minorités, grandes gagnantes des élections de mi-mandat

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Les « Midterms » ont livré leur verdict la nuit dernière aux États-Unis avec notamment un basculement de la chambre des représentants du côté Démocrate. Une élection marquée par l’arrivée au Congrès de plusieurs femmes et de nouveaux visages incarnant les minorités. Petit tour d’horizon.

Les Américains étaient appelés aux urnes ce mardi à l’occasion des élections de mi-mandat. Un scrutin à l’issue duquel le parti Républicain a conservé sa mainmise sur le Sénat, cédant toutefois sa majorité à son adversaire démocrate à la Chambre des représentants.

Mais l’enjeu de ces élections se situait peut-être bien au-delà de ces traditionnelles joutes électorales entre les deux partis dominant l’échiquier politique américain. Jamais, en effet, le pays n’avait enregistré autant de candidatures de femmes et autres représentants des « minorités visibles ». Et beaucoup d’entre eux ont été élus et feront prochainement leur entrée au Congrès. Un vent de fraicheur incarné par plusieurs visages émergeants, dont la tête de gondole est sans nul doute Alexandria Ocasio-Cortez.

Alexandria Ocasio-Cortez, plus jeune élue de l’histoire du Congrès

Alexandria Ocasio-Cortez, plus jeune élue de l'histoire du Congrès. Crédit Photo : Shutterstock / Katherine Welles.

Cette hispanique, originaire du Bronx (New York), est la véritable révélation de ces élections. Ayant connu une ascension fulgurante - elle exerçait encore le métier de serveuse il y a tout juste un an (tweet ci-dessous) -, cette new-yorkaise, fruit de l’union d'une mère portoricaine et d'un père américain, est devenue cette nuit la plus jeune élue de l’histoire du Congrès à l’âge de 29 ans.

S’autoprocclamant représentante des « petites gens » et n’hésitant pas à se revendiquer ouvertement « socialiste » - une hérésie au pays de l’Oncle Sam -, elle a su séduire l’électorat du Bronx et du Queens (bastion démocrate) avec un programme estampillé « aile gauche du parti » très proche des idées de Bernie Sanders, l’ex-candidat démocrate à la Maison Blanche, pour lequel elle avait d’ailleurs travaillé bénévolement lors de la campagne présidentielle de 2016. Des idées qui lui avait permis de créer la surprise lors de la primaire de juin dernier lorsqu’elle avait battu l’un des ténors démocrate, Joe Crowley.

Ilhan Omar et Rashida Tlaib, premières femmes musulmanes élues au Congrès

Dans le sillage d’Alexandria Ocasio-Cortez, deux autres visages incarnent à merveille le renouveau et l'avénement des minorités, ceux d'Ilhan Omar et Rashida Tlaib, lesquelles sont devenues les premières femmes de confession musulmane à être élues à la chambre des représentants,

Née en 1982 à Mogadiscio en Somalie, la première d’entre elles a été élue dans le Minnesota, un État du Midwest où elle s’était réfugiée à l’adolescence avec sa famille, après avoir fui la guerre civile somalienne. Déjà élue à la Chambre des représentants du Minnesota depuis 2016, et figure montante des Démocrates locaux, elle est devenue hier la première femme Américano-somalienne à faire son entrée au Congrès américain.

Rashida Tlaib, quant à elle, a remporté le 13e district du Michigan, l’un des fiefs démocrates de l’État, dans lequel elle était assurée de gagner en tant qu’unique candidate.

Cette fille d’immigrés palestiniens de 42 ans, née à Détroit en 1976, fait donc son entrée à la Chambre des représentants des États-Unis. Ilan Omar a félicité sa nouvelle consœur sur Twitter dans la foulée de leur élection.

Ayanna Pressley, première femme noire à représenter le Massachusetts au Congrès

Élue démocrate de la municipalité de Boston, cette afro-américaine âgée de 44 ans va devenir la première femme noire à représenter le Massachusetts au Congrès américain. Native de Chicago, cette ancienne collaboratrice de John Kerry était sans adversaire et assurée de gagner son district, après sa large mais néanmoins surprenante victoire lors des primaires (59%) de septembre dernier, face à Michael Capuano.

Sharice Davids et Deb Haaland, premières femmes Amérindiennes à siéger au Congrès

Si des hommes Amérindiens avaient déjà été élus par le passé, aucune Amérindienne n’avait en revanche siégé au Congrès jusqu’à présent. C’est désormais chose faite avec les élections de Sharice Davids et Deb Haaland.

Sharice Davids

Sharice Davids, l'une des deux premières femmes amérindiennes a être élues au Congrès américain. Crédit photo : Sandeep Mishra.

Membre du parti démocrate, Sharice Davids - originaire de la tribu des Winnebagos - l’a emporté dans un fief pourtant conservateur du Kansas, face au républicain Kevin Yoder. Âgée de 38 ans, ouvertement homosexuelle et pratiquant le MMA, elle dénote par son parcours atypique car diplômée d’une institution publique d’enseignement supérieur.

Élevée par une mère célibataire ex-membre de l’armée, elle possède déjà une certaine expérience de la politique, ayant travaillé jadis au sein de l’administration Obama durant une année.

Deb Haaland

Issue de la tribu Laguna Pueblo, Deb Haaland a, elle, été élue dans le Nouveau Mexique. Agée de 57 ans, cette membre du parti démocrate est née dans la ville de Winslow, en Arizona, où son grand-père maternel travaillait au sein d'une compagnie ferroviaire dans le cadre de la politique d’« assimilation culturelle ». Son père, d’origine norvégienne, était un soldat vétéran du Corps des Marines des États-Unis et sa mère est une retraitée de l'US Navy.

Jared Polis, premier gouverneur ouvertement gay

Autre symbole marquant du scrutin, l’élection du démocrate Jared Polis qui, en battant son adversaire républicain Walter Stapleton, remporte le siège de gouverneur du Colorado, devenant ainsi le premier politicien ouvertement homosexuel à accéder à une telle fonction aux États-Unis.

En couple et père de deux enfants, ce millionnaire ayant fait fortune dans l’e-Commerce avait basé l’essentiel de sa campagne sur l’éducation ainsi que sur le soutien des anciens combattants.

Selon le magazine spécialisé Forbes, il est désormais le troisième élu le plus riche du Congrès, avec une fortune estimée à plus de 780 millions de dollars.

Pour rappel, lors des élections de mi-mandat qui se déroulent traditionnellement le mardi suivant le premier lundi de novembre, la totalité des 435 sièges de la Chambre des représentants des États-Unis, ainsi que 35 des 100 sièges du Sénat sont renouvelés. Ces deux hémicycles forment ce que l’on appelle le Congrès américain.

Source : Le Monde
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