Harcèlement de rue : une amende punissant les « outrages sexistes » actuellement en train d'être discutée

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Alors que nous apprenions il y a quelques jours qu’en France 43% des femmes ont déjà subi des attouchements sexuels non-consentis, et que 12% de la population féminine affirme avoir été victime d’un viol, chiffres on ne peut plus alarmants, des parlementaires ont soumis à la secrétaire d’État à l’Égalité femmes-hommes Marlène Schiappa un rapport proposant la création d’une amende venant punir les atteintes à la dignité des femmes, adjointe à la reconnaissance du délit dit de l’« outrage sexiste ». Le projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles comprenant cette amende sera présenté en Conseil des ministres le mercredi 7 mars 2018.

43% des femmes auraient déjà subi des attouchements non-consentis en France, près d'une Française sur dix affirme avoir été violée. Crédit photo : Mettus / Shutterstock 

Ces derniers mois, le mouvement #MeToo a provoqué de vives et nombreuses réactions, et permis l’émergence de débats publics inédits jusqu’alors. Tandis que nous parlons de plus en plus du harcèlement de rue dont est victime la gent féminine qui ne s’enferme plus dans le tabou et aborde sans équivoque les brimades et autres comportements déplacés, il est apparu que définir précisément la notion de harcèlement de rue était une nécessité pour réagir efficacement à ce phénomène sociétal nauséabond.

Pour ce faire, les parlementaires derrière le rapport soumis à Marlène Schiappa ce jour ont demandé la création d’une amende sanctionnant tout « outrage sexiste », c’est-à-dire « tout propos, comportement ou pression à caractère sexiste ou sexuel », comprenant « les gestes déplacés, les sifflements, les regards insistants ou remarques obscènes, le fait de suivre volontairement à distance une personne créant ainsi une situation d'angoisse ».

Comme l’indique LCI, ces parlementaires souhaitent que l’expression « harcèlement de rue » soit remplacée par la formule « outrage sexiste et sexuel ». Ce délit sera donc puni d’une amende de quatrième classe de 90 euros payables immédiatement. Le montant s’élèvera à 200 euros pour un paiement sous 15 jours, et à 750 euros en peine majorée. Marlène Schiappa a reconnu trouver cette tarification trop faible, tarification qui sera accompagnée d’un stage de sensibilisation à l'égalité femmes-hommes.

Si la démarche est salutaire, le principal problème repose dans l’application de l’amende en elle-même. Pour que celle-ci soit dressée à la personne commettant le délit, il faudrait que l’auteur du délit soit pris « en flagrance » par des agents de la police de sécurité du quotidien dont le président Emmanuel Macron a fait grand cas. Y a-t-il suffisamment d’agents pour que la majorité des outrages sexistes soient punis, avec leurs auteurs pris en flagrant délit ?

Un fait très loin d’être sûr, malheureusement, dans la mesure où il est impossible de placer des agents dans toutes les rues de France, même si les parlementaires souhaitent que les agents des services de sécurité des transports ainsi que les officiers de la police municipale puissent également dresser l’amende après avoir reçu une formation dédiée.

Aux Pays-Bas, une amende similaire est en phase de test à Amsterdam et Rotterdam depuis déjà plusieurs mois. À l’heure qu’il est, elle constitue un échec cuisant, puisque très peu d’auteurs d’outrages sexistes ont été pris sur le fait. Tâchons néanmoins de rester optimistes, et d’espérer qu’à défaut de verbaliser tous les auteurs de ces délits, l’amende aura un réel effet dissuasif, garantissant à toutes les femmes une plus grande sécurité au quotidien.

Source : LCI
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