L'ancien gardien de but de l'AJ Auxerre et de l'équipe de France, Bruno Martini, est décédé à l'âge de 58 ans

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Le club du Montpellier Hérault SC vient d'annoncer le décès brutal de son ancien joueur Bruno Martini.

La grande famille du football français est en deuil !

Bruno Martini, ancien gardien de but de l’AJ Auxerre, est décédé à l’âge de 58 ans, à Montpellier.

Victime d’un arrêt cardio-respiratoire le 12 octobre, l’ex-joueur avait été admis d’urgence à l’hôpital Arnaud de Villeneuve, où il s’est éteint ce mardi.

La nouvelle de sa mort, annoncée par le club de Montpellier où il avait terminé sa carrière en 1999, a suscité l’émotion dans le petit monde du ballon rond.

Sélectionné à 31 reprises avec l’équipe de France, Bruno Martini était considéré comme l’un des meilleurs portiers de sa génération, mais son histoire en Bleus gardera un goût d’inachevé.

Trop jeune pour faire partie de la bande à Platini et, à l’inverse, trop âgé pour guider celle de Zidane, il est lui aussi, à l’image d’un Éric Cantona, le symbole d’une époque intermédiaire ayant fait le relais entre les deux générations qui ont porté haut les couleurs tricolores.

Champion d’Europe espoirs en 1988, il a connu ses heures de gloire avec son club formateur de l’AJ Auxerre (1981-1995) sous la direction de Guy Roux, y remportant notamment une coupe de France en 1994.

Bruno Martini, gardien emblématique de l'AJ Auxerre 

Né le 25 janvier 1962 à Nevers, Bruno Martini arrive à l’Association de la jeunesse auxerroise (AJA) en 1981 pour finir ses classes, après avoir été formé comme gardien de but dans le club de sa ville natale.

Après deux années sans jouer le moindre match pour l’équipe première, il est prêté au club de Nancy et y devient rapidement un élément incontournable de l’équipe, disputant deux saisons pleines.

Fort de cette expérience, il revient à Auxerre avec la ferme intention d’en devenir un titulaire !

Rapidement indiscutable dans les cages, il s’affirme dès la saison 1984/1985 comme le gardien emblématique de l’AJA. Un poste qu’il ne quittera plus ou presque jusqu’en… 1995.

Durant cette décennie, il participe activement au développement du club qui va progressivement devenir une place importante du football français, sous la houlette de l’inénarrable entraîneur Guy Roux.

Entre-temps, son talent n’échappe pas aux instances et ses performances attirent l’œil de la sélection. C’est donc tout naturellement qu’il intègre l’équipe de France à partir de 1987.

Avant de s’installer durablement avec les A, il dispute et remporte le championnat d’Europe espoirs 1988, au sein d’une génération prometteuse emmenée par Éric Cantona, Laurent Blanc ou encore Franck Sauzée.

Sa performance remarquable en finale contre la Grèce lui vaudra notamment la note exceptionnelle de 10/10 dans le quotidien sportif l’Équipe. Un très rare privilège dont seule une poignée de joueurs, comme Lionel Messi ou Robert Lewandowski, peut se vanter.

Devenu un des meilleurs à son poste, il est élu gardien européen de l’année en 1991. Il est à ce jour le seul français, avec Fabien Barthez, à avoir reçu un tel honneur.

En club, le point d’orgue de son aventure auxerroise sera la saison 93/94, à l’issue de laquelle il remporte la coupe de France (sans disputer la finale). Un an auparavant, il avait également atteint les demi-finales de la Coupe UEFA, avec un parcours magnifique achevé face au Borussia Dortmund (0-2, 2-0, 5-6 tab).

Ayant perdu sa place de titulaire lors de la saison 94/95, au profit de Lionel Charbonnier, il décide à l’été 1995 de quitter son club de toujours pour rejoindre le Montpellier Hérault Sport Club de Louis Nicollin.

C’est donc sans lui que l’AJA, emmenée notamment par Laurent Blanc, réalise le doublé coupe-championnat en 1996.

Un rendez-vous manqué qui ne sera pas le seul dans sa carrière ! Malgré son statut de cadre chez les Bleus au tournant des années 90 (il participe à l’Euro 92 en tant que titulaire et à l’Euro 96 comme troisième gardien), Bruno Martini ne connaîtra en effet jamais le succès en équipe de France.

Son seul tort aura été d’évoluer entre la génération Platini et celle de Zidane, jouant davantage le rôle de « relais » entre Joël Bats et les deux futurs meilleurs gardiens du pays, Bernard Lama et Fabien Barthez, tous deux champions du monde et d’Europe en 1998 et 2000.

Il achève sa carrière à Montpellier en 1999 et intègre dans la foulée la Direction technique nationale. Entraîneur des gardiens de l’équipe de France entre 1999 et 2010, il tentera l’aventure sur le banc à Montpellier aux côtés de Pascal Bails en 2015, mais sans grand succès.

Victime d’un arrêt cardio-respiratoire le 12 octobre dernier alors qu’il se trouvait sur le parking du centre d’entraînement du club montpelliérain, il est décédé ce mardi à l’âge de 58 ans.

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