La reprise de la chasse aux blaireaux agace les militants écologistes qui dénoncent la cruauté de la vénerie sous terre

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La reprise de la chasse aux blaireaux dans le département de Saône-et-Loire n’est pas du goût des militants écologistes qui dénoncent « la pratique la plus cruelle et la plus inutile ». En opposition aux autorisations préfectorales de déterrer les blaireaux, ils demandent de les classer comme espèce protégée.

En France, il est du ressort des préfectures de statuer sur la chasse aux blaireaux par anticipation, dès le mois de mai. Car officiellement, c’est à partir de la deuxième moitié de septembre jusqu’à mi-janvier que la chasse aux blaireaux doit se faire.

Crédit photo : Philippe Clément - MaxPPP

Le 11 mai dernier, premier jour de déconfinement, la préfecture de Saône-et-Loire a pris les devants pour sortir un arrêté autorisant la reprise de la chasse aux blaireaux dès le 15 mai, dans son département.

Une anticipation qui irrite les militants écologistes de Bourgogne Franche-Comté. Ces derniers s’opposent au fait qu’ « on autorise, à des fins de divertissement, que des blaireaux endurent des heures de stress, terrorisés au fond de leur terrier, gravement mordus par des chiens - parfois même déchiquetés vivants pour les petits - pendant que les chasseurs creusent pour les atteindre. Ces derniers extraient alors brutalement les blaireaux du terrier avec des pinces métalliques qui leur infligent d'atroces blessures. Les blaireaux sont alors exécutés avec un fusil ou une arme blanche (quand ils ne sont pas livrés aux chiens) ».

Crédit photo : Andrew Marshall, MaxPPP

Dans une interview livrée sur France 3, Anna Maillard, une militante d'Europe Ecologie-Les Verts dans le Pays de Montbéliard, par ailleurs membre de la « condition animale » dans ce même parti, qualifie les arrêtés d’autorisation de chasse aux blaireaux par la vénerie sous terre comme « un exemple concret de l’abus de posture des humains envers le sauvage ».

Balayant les arguments de ceux qui soutiennent que les blaireaux provoquent des dégâts agricoles, la militante écologiste, estime que « le blaireau ne fait pas partie des nuisibles, mais il est chassable. On le traque par vénerie sous terre. On peut vivre avec le sauvage. Il a pu occasionner des dégâts, mais on tue 12 000 blaireaux par an en France. Combien étaient porteurs de la tuberculose bovine ? On ne sait pas. Les chiens ont plus de risque de la transmettre que le blaireau lui-même ».

Anna Maillard, toujours prenant la défense des mammifères au pelage noire, gris et blanchâtre, réclame « du courage dans les politiques publiques ». Avec son parti, ils veulent « inscrire dans le débat public un autre rapport au vivant, trouver un terrain d’entente pour une meilleure prise en compte du sauvage, de nouveaux équilibres ».

Crédit photo : Andrew Marshall, MaxPPP

Dans son interview sur France 3, Anna Maillard a qualifié les arrêtés préfectoraux de « clientélisme ». Si les préfets allongent la durée de chasse c’est parce qu’ils écoutent les chasseurs et non les scientifiques souligne-t-elle : « Tout le monde est capable d’évoluer dans son rapport aux animaux sauvages. Il existe des méthodes douces pour détourner les blaireaux, comme c’est le cas en ce moment sur le chantier de la zone industrielle de Technoland 2, avec le déménagement d’une famille de blaireaux », a-t-elle fait savoir.

Selon la membre de la condition animale d’Europe Ecologie-Les Verts, on doit respecter les animaux et « arrêter la cruauté de la vénerie sous terre, c’est non négociable. Extraire un animal vivant, c’est cruel. Le sauvage, ce n’est pas forcément le danger, la maladie, ou le voleur de poules ».

Source : France Info 3
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