Rawad, réfugié politique syrien, a vu sa demande de naturalisation refusée car il travaillait 44h par semaine

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Rawad Al-Asaad, réfugié politique syrien, a fait une demande de naturalisation française en 2019. Cependant, celle-ci a été rejetée, sous prétexte que le réfugié travaillait trop, car il a cumulé 44h de travail par semaine.

Rawad Al-Asaad a quitté la Syrie en 2014 pour fuir la guerre. Ce père d’une petite fille de 3 ans et divorcé est diplômé d’un bac +5 en comptabilité et était comptable en Syrie, mais il ne peut pas exercer son métier en France. L’année dernière, il a fait une demande de naturalisation française.

« En Syrie, c’est la dictature, j’ai perdu toute ma famille. Ma famille est décédée, ma mère, mon père… J’ai quitté la Syrie parce que je voulais avoir une vie normale. Ma fille est née en France, ma vie est ici, mes amis aussi. J’aimerais aller jusqu’au bout du processus d’intégration. Et j’aimerais bien voter », a-t-il déclaré.

Rawad Al-Asaad et ses avocates. Crédit photo : Marion Lapeyre

Pour s’en sortir financièrement, Rawad a cumulé de nombreux petits boulots : préparateur de commandes, chauffeur-livreur, entretien des espaces verts, distributeurs de journaux, cueilleur de pommes… Tout ce travail lui a permis de payer ses impôts et ses charges.

La naturalisation rejetée car il travaillait 44 heures par semaine

Après des années à travailler en France, Rawad a demandé la naturalisation française, qui lui a finalement été refusée. Le motif : il aurait trop travaillé, cumulant 44h de travail par semaine, et ce pendant 12 semaines consécutives, ce qui est interdit en France.

« Il a multiplié les contrats de travail et on lui reproche cela alors qu’on met en avant le ''travailler plus pour gagner plus'' pour vivre décemment. C’est sûr que c’est compliqué à expliquer qu’on lui a refusé la naturalisation sur ce fondement juridique », a déclaré Leïla Duivon, l’avocate du réfugié.

Depuis 6 mois, Rawad est propriétaire d’un food-truck et il va bientôt ouvrir son propre restaurant. Pour l’aider à s’en sortir, son avocate a envoyé un recours au ministère de l’Intérieur et si elle obtient un refus, elle saisira le tribunal administratif de Nantes, spécialisé dans les questions de naturalisation.

Source : Bfmtv
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