Poursuivi par des chasseurs, un cerf apeuré se réfugie dans un village et se fait tuer de trois coups de feu devant les habitants indignés

Depuis une semaine, la colère gronde dans un village du Bas-Rhin après la mort d’un cerf en détresse, tué par les autorités alors que celui-ci fuyait une battue.

Dimanche 25 janvier, la quiétude du village d’Eschbourg-Graufthal (Bas-Rhin) a été bouleversée par un événement qui a choqué les habitants.

Les faits se sont produits dans la matinée, lorsqu’un cerf s’est réfugié dans ce hameau, situé en bordure de forêt, pour fuir une battue. Contre toute attente, l’animal en détresse a été abattu par les autorités, rapportent plusieurs médias, dont Ici Alsace.

Cette décision a provoqué l’indignation des villageois et des chasseurs, qui dénoncent un « acte abominable ».

Un cerf fuit des chasseurs…

Comme le précisent nos confrères, le cervidé a d’abord élu domicile dans un jardin. Témoin de la scène, Guillaume Buhler, un habitant, raconte ce qu’il s’est passé au micro de BFMTV.

« J’ai entendu une grosse respiration d’un animal et juste sur la parcelle du voisin, il y avait un cerf qui était acculé par deux chiens de chasse », se souvient l’Alsacien.

Crédit Photo : Guillaume Buhler / Facebook

Face à cette situation, il est intervenu pour venir en aide à l’animal en essayant de faire fuir les limiers, sans succès. De son côté, le cerf apeuré a tenté de grimper sur une paroi rocheuse, mais celle-ci était trop raide pour lui.

« C’est à ce moment-là qu’il est tombé, couché au sol », poursuit Guillaume.

L’homme a alors fait tout son possible pour guider le ruminant dans le bois avoisinant, en vain. Le mammifère était dans un état de stress considérable, ce qui l’empêchait de bouger.

… et se fait tuer sur décision du maire

Dépêchés sur les lieux, la gendarmerie et des agents de l’Office national des forêts (ONF) ont décidé de tuer le cerf après avoir reçu l’autorisation par téléphone du maire de la commune, Étienne Wagner.

Au total, l’animal a reçu trois coups de feu, sous les yeux des locaux indignés. Le président de chasse du Bas-Rhin, Frédéric Obry, a pointé du doigt cette décision.

« C'était tout simplement un cerf qui a été poursuivi pendant un certain temps. Il suffisait de faire bouger l’animal », a-t-il indiqué.

Mais l’ONF a apporté des explications différentes. Selon l’organisme, le cerf n’arrivait pas à se déplacer et ne tenait pas sur ses pattes arrière, rendant impossible son sauvetage.

Dans une déclaration publiée sur Facebook, l’édile assure avoir suivi les recommandations des spécialistes présents sur place

« Il ne s’agissait pas d’une simple décision arbitraire d’abattre un animal par téléphone. L’animal ne pouvait pas être laissé en libre divagation dans les rues et il ne pouvait pas être demandé à des personnes de prendre des risques pour s’approcher et le pousser à bouger au risque de graves blessures », insiste l’élu.

Reste désormais à savoir si ces justifications vont apaiser les tensions…

Source : Ici Alsace

author-avatar

Au sujet de l'auteur :

Depuis 1 an et demi, je m’efforce de produire des articles de qualité tout en gardant ma touche d’humour. Mon domaine de prédilection ? Les histoires d’animaux qui se terminent en happy end. Je suis d’ailleurs incollable sur les races des chiens. Les sujets de société me passionnent et me permettent de perfectionner ma plume. J’affectionne aussi la rubrique « entertainment » car elle m’offre une parenthèse pailletée.