Face à la détresse des « anti-armes », des grandes entreprises américaines prennent la décision de détruire leurs liens avec la NRA, le célèbre lobby pro-armes

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346 fusillades plus tard, les entreprises réagissent et semblent vouloir s'extirper d'une image qui se voudrait sympathisante avec le très célèbre lobby des armes, la National Rifle Association, qui s'est toujours montrée d'un soutien sans faille au président Donald Trump, qui n'a jamais caché son attrait pour les armes. Aujourd'hui, certaines grandes entreprises se désolidarisent de la NRA, de quoi en décontenancer plus d'un.

Crédit image : shutterstock.com / chrisdorney

Tout prêtait à croire qu'après une énième tuerie, la 291 ème en milieu scolaire depuis 2013, le président des États-Unis aurait fait preuve d'un peu plus de jugeote et en ce sens, appelé à revoir la législation concernant l'accès aux armes. Il n'en est rien. Mais, pendant qu'il demandait que l'on arme les professeurs, expliquant qu’« un prof aurait dégommé avant même qu'il [l'auteur de la tuerie] ne se rende compte de ce qui lui arrivait », les anti-armes et les rescapés gagnaient du terrain.

Alors que pendant très longtemps, aux États-Unis, les ventes d'armes montaient en flèche après un événement similaire à la tuerie de Parkland le 14 février, la tendance semble s'inverser cette fois-ci, signe d'un ras-le-bol ambiant et commun. En effet, les personnes anti-armes ainsi que même certaines personnes qui possédaient elles-mêmes des armes, ont mis le holà. La réaction des lycéens ne s'est pas fait attendre et a secoué nombre d'Américains. « Je savais qu'ils n'allaient pas voter 'oui'. Je l'ai su bien trop tôt. Je sais bien qu'il reste encore des gens qui n'ont toujours pas compris. Mais il y a eu 73 voix contre 36... Et c'est trop, beaucoup trop : Ce sont 73 assassins. »

Les grandes entreprises agissent

Les réactions et les revendications des adolescents rescapés de la fusillade de Parkland ne sont pas passées inaperçues. En effet, certaines grandes entreprises ont préféré entendre les élèves et les anti-armes, qui souvent, font partie de leurs clients et ont ainsi mis fin aux partenariats qui les liaient à la NRA. Concrètement, dans la plupart de ces grandes entreprises, il s'agit de supprimer tous les tarifs préférentiels aux membres du lobby pro armes.

Hertz et RentaCar, les compagnies de location de voitures, United Airlines et Delta Air Lines, Metlife et Chubb, des assureurs américains, la société de sécurité informatique Symantec et la First National Bank of Omaha ont donné le ton. Tous ont informé la NRA qu'ils souhaitaient mettre fin à tous les partenariats qui les liaient à la NRA. L'un des porte-parole de la First National Bank of Omaha a expliqué les motivations de son choix : « Les réactions des clients nous ont poussés à revoir nos relations avec la NRA ».

De son côté, la Bank of America a expliqué à l'AFP qu'ils se  « [joignent] à d’autres groupes de [leur] secteur pour voir ce qu'[ils peuvent] faire pour arrêter la tragédie des fusillades meurtrières» et va «contacter le nombre limité de ses clients qui fabriquent des fusils d’assaut à usage non militaire pour voir comment ils peuvent contribuer à cette responsabilité partagée.»

Pression pour les fabricants d'armes

Pointés du doigt, les fabricants d'armes sont inquiets quant à leur pérennité et voient leurs actions en bourse chuter. En effet, la firme Sturm Ruger, créée en 1949, s'est vue perdre 4 % de sa valeur en Bourse un peu après la fusillade du 14 février. Gros coup dur pour une firme qui en 2017 avait été dans l'obligation de supprimer 700 emplois, voyant son chiffre d'affaires baissé de 22 % et son bénéfice de 40 %.

Jeff Pistole, un vendeur d'arme, s'est confié à l'Agence France Presse sur la situation actuelle des vendeurs et des fabricants d'armes : « Il y a beaucoup de réactions hostiles envers l’industrie des armes. Au départ, les fabricants se disaient 'avec Trump président, nous ne sommes pas inquiets d’un durcissement de la réglementation sur les armes'. »

La riposte de la National Rifle Association

Elle est violente et indique l'amertume avec laquelle le lobby a reçu le choix des grandes entreprises de l'abandonner. La NRA n'a pas manqué de répondre à l'aide d'un communiqué où l'on peut lire que le lobby déplore « la lâcheté civique et politique » dont ont fait preuve ces entreprises.

Le puissant lobby martèle que « ces membres de la NRA n'ont rien à voir avec le manque de préparation du lycée en cas de fusillade ou avec le délaissement de la santé mentale aux États-Unis. Pourtant ces marques ont voulu punir la NRA et ont fait preuve de lâcheté civique et politique. Avec le temps, elles seront remplacées par d'autres entreprises qui comprennent l'importance du marché que représentent les Américains patriotes et dévoués aux libertés inscrites dans la Constitution ».

Il a également précisé, tout en s'indignant, que « plus de cinq millions d'Américains membres de la NRA et respectueux de la loi profitaient de remises auprès de nombreuses entreprises. Depuis le drame de Parkland, certaines de ces entreprises ont décidé de rompre tout lien avec la NRA dans le but de punir nos membres qui sont des médecins, pompiers, infirmiers, enseignants. »

Source : AFP
Armes États-Unis
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