La notion de « race » bientôt rayée de la Constitution après un vote unanime de l'Assemblée

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L'Assemblée nationale a adopté ce jeudi un amendement visant à modifier l'article 1 de la Constitution et ainsi supprimer le mot « race » de ce texte fondamental. Une mesure symbolique réclamée depuis des années.

La notion de « race » et la « distinction de sexe » n'ont plus leur place dans la Constitution française. Les 119 élus présents à l'Assemblée ce jeudi 12 juillet ont symboliquement rayé de la Constitution le terme tant controversé - « scientifiquement infondé et juridiquement inopérant » - et ont inscrit l'absence de distinction selon le sexe dans ce texte.

Ainsi, dans l’article 1er réécrit, qui définit les valeurs fondamentales de la République, la France « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction de sexe, d’origine ou de religion », au lieu de « sans distinction d’origine, de race ou de religion ».

Ce vote s'inscrit dans le projet de loi constitutionnelle « pour une démocratie plus représentative, responsable et efficace ». « Le mot « race » a fait son entrée dans la Constitution en 1946, dans les circonstances que nous connaissons. Depuis, sa suppression a été régulièrement évoquée », a soutenu Hélène Vainqueur-Christophe (Nouvelle Gauche) dans l'hémicycle. Un « combat ancien », a lui aussi rappelé le rapporteur Richard Ferrand (LREM), notamment des communistes, qui avaient déposé des amendements sur le sujet dès 2002. Une proposition de loi avait d'ailleurs été faite en 2013 mais elle était restée infructueuse.

L’amendement a été adopté unanimement, au terme de nombreuses prises de parole de toute part pour s’en réjouir. Presque tous les groupes politiques avaient en effet présenté des amendements en ce sens. Seuls les députés Rassemblement national (ancien Front national) étaient absents. « Aucun représentant de l’extrême droite n’était présent pour ce vote qui honore notre nation », a noté le président du groupe UDI, Agir et Indépendants, Jean-Christophe Lagarde.

Les réactions ont également été nombreuses sur les réseaux sociaux. « Dépoussiérer nos textes fondateurs pour les adapter aux grandes avancées de notre siècle  : fait », s'est félicité Christophe Castaner, Secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement. « ll n’y a qu’une race : la race humaine, l’unicité de l’humanité. Merci à ceux et à celles qui ont mené ce combat », s'est réjoui de son côté Manuel Valls. Pour la ministre de la Justice Nicole Belloubet, il s'agit là d'un « symbole puissant » mais aussi d'une « évidence ».

Cette mini-victoire en matière de lutte contre les différentes formes de racisme ne signifie en rien qu'il faut baisser la garde. « Ce n’est pas parce que le mot « race » aura été effacé de la Constitution que le racisme disparaîtra en France et dans le monde », a souligné Serge Letchimy (Parti progressiste martiniquais). « Je ne voudrais pas qu’en effaçant le mot « race » on efface la nécessité de la lutte contre le racisme », a ajouté Eric Coquerel de la France Insoumise.

Les changements de cet amendement ne seront définitifs que si la révision constitutionnelle aboutit.

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