La période d'abstinence imposée aux homosexuels pour un don du sang a été réduite à 4 mois

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Grande nouvelle pour les donneurs de sang ! Ce mercredi 17 juillet, le ministère de la Santé a annoncé la réduction de douze à quatre mois du délai permettant de donner son sang après la dernière relation sexuelle entre hommes. D’après le communiqué, cette réduction de la période d’abstinence sera effective à partir du 1er février 2020.

Il s’agit d’une première étape avant un alignement des conditions du don des homosexuels sur celles des hétérosexuels. La « disparition de la référence à l’orientation sexuelle au profit de la recherche d’un comportement individuel à risque » est envisagée à « l’horizon 2022 ».

Cette période d’abstinence a été fixée en juillet 2016 par Marisol Tourraine, ministre des Affaires sociale et de la Santé sous François Hollande. Cette mesure avait été décriée par de nombreuses associations qui y voyaient une discrimination à l’égard des homosexuels.

Crédit photo : Un donneur de sang avec une balle dans la main / Shutterstock

Aujourd’hui, un homme ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes est présumé « à risque », même s’il est dans une relation stable et ne doit pas avoir eu de rapports sexuels lors des douze mois précédents un don du sang.

En octobre 2018, à l’occasion de l’examen d’un amendement visant à abolir ce délai d’un an, la ministre de la Santé Agnès Buzin avait pris l’engagement de retirer ce critère de 12 mois d’abstinence.

Cet alignement des critères de sélection pour tous les donneurs ne pourra intervenir qu’après une évaluation rigoureuse et transparente des potentiels risques.

Crédit photo :  Une infirmière en train de désinfecter le rbas d'un homme avant un test sanguin /Shutterstock

Réalisée auprès de 110 000 donneurs de sang, l’étude Complidon a montré que « les critères d’accès au don du sang étaient dans une très large majorité respectés, mais qu’il pouvait arriver dans de rares situations qu’ils ne le soient pas, lorsqu’ils ne sont pas compris ou acceptés ».

Deux propositions d’évolution des critères ont été évaluées par Santé publique France : l’ouverture aux hommes n’ayant pas eu de relation sexuelle avec des hommes dans les 4 derniers mois avant le don et l’ouverture aux HSH ayant eu un seul partenaire dans les 4 derniers mois avant le don.

L'agence sanitaire SpF a réalisé une analyse des risques qui a montré que " le premier scénario avec quatre mois d'abstinence n'entraînait pas de modification du risque, contrairement au second avec lequel le risque de contamination théorique était multiplié par deux ».

Le don de sang est capital ! L’alignement des conditions permettrait ainsi d’augmenter le nombre de donneurs. « Chaque année, 1,7 million de personnes donnent leur sang, générant 3 millions de dons. Il faut en moyenne recruter 170 000 nouveaux donneurs chaque année pour maintenir un niveau suffisant de 10 000 dons par jour au regard des besoins ».

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