Ils font l'amour dans une chambre d'hôtel... et découvrent qu'ils ont été filmés et qu'une vidéo est diffusée sur internet

En Chine, un couple a découvert que ses ébats, filmés à son insu dans une chambre d’hôtel, s’étaient retrouvés sur des sites à caractère pornographique. Depuis, ils disent vivre avec la peur d’être reconnus par des proches.

Généralement, on dit que tout ce qui se passe à l’hôtel reste à l’hôtel, à condition qu’aucune caméra cachée ne vous filme. C’est malheureusement la mésaventure vécue par un couple chinois qui a découvert, avec effroi, que ses ébats avaient été filmés puis diffusés sur Internet.

Une histoire effarante racontée par le BBC par l’un des protagonistes, sous couvert d’anonymat. Il raconte qu’en 2023, il parcourait un réseau social sur lequel il regardait régulièrement des vidéos pornographiques. Quelques secondes après avoir lancé une vidéo, il s'est figé.

Il s'est rendu compte que le couple qu'il regardait entrer dans la chambre, poser ses bagages, puis faire l'amour, était lui-même et sa petite amie. Trois semaines plus tôt, ils avaient passé la nuit dans un hôtel de Shenzhen, dans le sud de la Chine, sans se douter qu'ils n'étaient pas seuls.

Un couple dans une chambre d'hôtelCrédit photo : iStock

La suite après cette vidéo

Lui-même friand de ce genre de contenus voyeuristes, il a vite déchanté quand il s’est retrouvé de l’autre côté de la caméra cachée. Celle-ci était vraisemblablement dissimulée dans un conduit d’aération de la chambre d’hôtel. En apprenant la nouvelle, sa partenaire est tombée des nues, terrifiée à l’idée que ses collègues ou sa famille découvrent cette vidéo.

Un réseau de voyeurisme lucratif

La BBC a alors mené son enquête sur le sujet et a découvert que ce couple n’était pas un cas isolé. En Chine, des réseaux semblent s’être spécialisés dans la production de contenus filmant l’intimité des chambres d’hôtel.

Les rôles sont partagés : des « petites mains » installent les caméras dans les hôtels et des « têtes pensantes » se chargent de diffuser les images sur des plateformes ou des chaînes spécialisées, notamment sur la messagerie Telegram, qui se montrerait par ailleurs réticente à retirer ces contenus. Les caméras se déclenchent au moment où les clients allument la lumière dans la chambre.

Une chambre d'hôtelCrédit photo : iStock

« Aka » fait partie de ces trafiquants de vidéos pornographiques « volées » dans les chambres d’hôtels. Il a monté une sorte de « bouquets de chaînes » qui permettent à ses clients de se rincer l’œil moyennant un abonnement de 450 yuans (55 euros) par mois.

Sa plateforme propose cinq flux différents, chacun étant lui-même relié à plusieurs chambres d’hôtels. L’internaute peut, au choix, accéder au contenu diffusé en direct ou choisir des rediffusions de séquences archivées. Le trafic est lucratif : en neuf mois Aka aurait ainsi empoché l’équivalent de 20 000 euros, alors que le revenu annuel moyen en Chine est d’un peu moins de 5 300 euros.

Une chambre d'hôtelCrédit photo : iStock

Le couple avoue aujourd’hui être encore traumatisé à l’idée que des images de leur intimité « se baladent » en ligne. Par crainte d’être reconnus, ils assurent désormais sortir en public avec un chapeau vissé sur la tête. Depuis, ils évitent les hôtels autant que possible. Ancien voyeur, l’homme devenu victime a renoncé à ce plaisir coupable.

En avril dernier, de nouvelles réglementations gouvernementales ont tenté d'endiguer ce phénomène, obligeant les hôteliers à vérifier régulièrement la présence de caméras cachées.

Source : BBC

author-avatar

Au sujet de l'auteur :

Journaliste