« Le peuple est en train de mourir », Jacline Mouraud persiste et signe suite aux propos d'Emmanuel Macron

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La secrétaire d’État Emmanuelle Wargon a répondu à Jacline Mouraud qui avait dénoncer la « traque » aux automobilistes, dans une vidéo très relayée par les internautes.

Jacline Mouraud. Ce nom ne vous dit peut-être rien et pourtant, cette quinquagénaire originaire du Morbihan est devenue en quelques jours le symbole de la colère des automobilistes. Son coup de gueule du 18 octobre contre le président - sur fond de grogne populaire suite à la hausse de la taxation des carburants - a en effet connu un écho retentissant.

Atteignant plusieurs millions de vues, sa vidéo, dans laquelle elle interpelle Emmanuel Macron en s’insurgeant de « la traque aux conducteurs », est très vite devenue virale, au point que la secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique, Emmanuelle Wargon, a souhaité lui répondre dimanche soir, de la même manière.

« Il n’y a aucun complot du gouvernement »

Se filmant avec son smartphone, cette dernière a ainsi assuré comprendre les inquiétudes de Jacline Mouraud et de l’ensemble des Français mais a tenu à justifier les orientations choisies par le gouvernement. « Il n’y a aucun complot du gouvernement contre la voiture », affirme-t-elle d’entrée avant d’entamer un monologue de 2m15 afin de répondre point par point à son interlocutrice, à commencer par la répression et la problématique du diesel.

Se disant consciente que « la voiture est un mode de transport indispensable, en particulier dès qu’on sort des villes », Emmanuelle Wargon rappelle néanmoins que la « politique (gouvernementale) en matière de voiture » répond à trois idées directrices : « plus de sécurité, moins de pollution, moins de changement climatique ».

C’est la raison pour laquelle elle justifie d’abord le durcissement de la répression routière, que Jacline Mouraud dénonçait à travers l’expression « forêt de radars ». « Oui, plus de sécurité, ça veut dire plus de radar », réaffirme la secrétaire d’État qui « tient à rassurer tout le monde », en assurant « que le produit des amendes va intégralement au financement de la sécurité routière ». « Ce n’est pas pour gagner de l’argent que l’on fait ça mais pour améliorer la sécurité routière parce qu’aujourd’hui encore, la route tue », surenchérit-elle. Une réponse aux interrogations de M. Mouraud qui demandait ce que la France faisait du « pognon ».

« Le peuple est en train de mourir »

Autre thème auquel M. Wargon a souhaité répondre, les véhicules pollueurs, justifiant la nouvelle hausse des prix à la pompe tout en la relativisant. « En matière de pollution (…) nous avons aligné la fiscalité du diesel sur celle de l'essence, parce que quand on voit le nombre de morts par particules fines en France aujourd’hui - 48000 - on ne voit vraiment pas pourquoi il y aurait un bonus sur le diesel alors que le diesel pollue plus. Et puis, nous augmentons progressivement les taxes sur l'essence et sur le diesel pour aller vers une société avec une meilleure transition énergétique et climatique (…) Mais on parle de 4 centimes d’euros par litre d'essence, de 7 centimes par litre de diesel. Tout le reste, c'est l'augmentation du prix des carburants », explique-t-elle ainsi.

Et l’ancienne lobbyiste de chez Danone d’assurer que ces augmentations pourront être compensées par « plusieurs mesures » et notamment « la prime à la conversion » et « le chèque énergie » qui « va passer à 200 eurosl’année prochaine » - contre 150 aujourd’hui-, pour les ménages les plus modestes.

Ces explications mais également les récents propos d'Emmanuel Macron - qui "assume" l'augmentation des taxes, n'ont en tout cas pas convaincu Jacline qui a de nouveau interpellé le chef de l'État, ce lundi chez nos confrères de LCI. " J'aimerai dire à Monsieur Macron, s'il comprend la grogne des automobilistes, qu'est-ce qu'il va faire pour eux ? Parce qu'il faudrait peut-être qu'aujourd'hui Monsieur Emmanuel Macron et son gouvernement réalisent que les Français, le peuple est en train de mourir (...) On ne peut plus circuler, on ne peut plus faire notre plein, les gens sont obligés de demander des ruptures conventionnelles de contrat parce qu'aller travailler leur coûte plus cher que ce qu'ils gagnent ! Est-ce que c'est normal ? ", a-t-elle ainsi déploré.

Pour rappel, plusieurs pétitions, très largement relayées, appellent à un grand mouvement de blocage des routes le 17 novembre prochain. On apprend par ailleurs aujourd'hui que le groupe Carrefour, qui affirme que ses « hypermarchés se mobilisent pour le porte-monnaie des Français », a décidé de vendre son carburant à prix coûtant jusqu'au 17 novembre, justifiant cette décision par « un contexte de tension forte sur le pouvoir d'achat des ménages ». Son concurrent Leclerc a décidé d'en faire de même et ce, jusqu'à la fin du mois, comme l'a confirmé son PDG, Michel-Edouard Leclerc, sur l'antenne de France Info.

Source : Le Figaro
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