Le pape François admet que des religieuses ont servi d'« esclaves sexuelles » à des prêtres

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Ce mardi 5 février, et pour la première fois, le pape a reconnu l’existence d’agressions sexuelles de religieuses par des prêtres et des évêques. Il a notamment indiqué que plusieurs clercs avaient été suspendus ou renvoyés. Cette déclaration ouvre un nouveau chapitre dans le scandale des abus sexuels qui ébranlent l’Église catholique.

Le 1er février dernier, le mensuel féminin du journal officiel du Vatican l’Osservatore romano, Donne Chiesa Mondo, a publié un article relatant que des religieuses avaient été, et sont encore à ce jour, l’objet d’agressions sexuelles de la part de prêtres.

Ce mardi, lors d’une conférence de presse tenue dans l’avion qui le ramenait des Emirats arabes unis vers Rome, le pape François a reconnu, pour la première fois, l’existence de ce scandale au sein de l’Église catholique.

Le pape François a reconnu pour la première fois que des prêtres ont agressé sexuellement des religieuses. Crédits photo : Shutterstock / Stefano Guidi

Le Vatican travaillait « depuis longtemps » sur cette question, révèle BBC News. Le chef de l’Église catholique a indiqué que les institutions vaticanes avaient « suspendu » ou « renvoyé » plusieurs clercs pour agressions sexuelles et « dissous quelques congrégations féminines qui ont été très liées à cette corruption. »

Si ce phénomène, qui est un réel problème, est présent dans toute l’Église, il l’est surtout en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Des abus sur des religieuses avaient été dénoncés au Chili, en République Démocratique du Congo, en Italie, au Kenya, au Pérou ou encore en Ukraine. Plus récemment, en Inde, une religieuse a accusé un évêque de l’avoir violée à de nombreuses reprises.

Le pape a rendu hommage à son prédécesseur Benoît XVI, qui a eu « le courage de dissoudre une congrégation féminine »« s’était installé cet esclavage des femmes, allant jusqu’à l’esclavage sexuel des femmes par des clercs et par le fondateur. »

Dans le sillage des révélations sur les vastes abus contre les enfants et du mouvement #MeToo, des religieuses ont commencé ces dernières années à élever la voix à leur tour.

Mais pour les religieuses, « ce n’est pas facile de parler. Elles craignent que cela se retourne contre elles ou contre leur congrégation. Surtout qu’elles ne sont pas reconnues comme des égales », explique Lucetta Scaraffia, rédactrice en chef de « Women Church World », le supplément féminin du journal du Vatican, l’Osservatore Romano.

La semaine dernière, un haut responsable de la Congrégation pour la doctrine de la foi, accusé par une ancienne religieuse allemande d'avoir été trop pressant dans un confessionnal, avait annoncé sa démission, quatre ans après un procès canonique qui lui avait valu un simple avertissement.

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Source : BBC
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