«Honteux» : le policier qui a tiré sur Nahel sera jugé pour violence, et non pour meurtre

En 2023, Nahel Merzouk, 17 ans, a été tué par un policier lors d’un contrôle routier. Près de trois ans après le drame, la justice a décidé que ce dernier serait jugé pour violence, et non pour meurtre.

Le 27 juin 2023, à Nanterre, Nahel Merzouk, un jeune homme âgé de 17 ans, a été tué lors d’un contrôle routier. Après un refus d’obtempérer de sa part à bord d’une Mercedes, il a été suivi par deux policiers à moto. La voiture a été bloquée par la circulation, les deux policiers sont descendus de leurs véhicules et ont pointé leurs armes sur Nahel pour l’empêcher de repartir.

Mais à ce moment-là, la voiture, en boîte automatique, a redémarré et l’un des deux policiers a tiré à bout portant à travers le pare-brise, tuant Nahel. La scène avait été filmée et la vidéo a largement été diffusée sur les réseaux sociaux. Si des émeutes avaient éclaté à travers la France pour défendre Nahel, une cagnotte ayant récolté 1,6 million d’euros avait également été créée pour soutenir le policier.

Jugé pour violence et non pour meurtre

Le policier qui a tiré sur Nahel, Florian M., devait être jugé pour meurtre. Cependant, affirmant qu’il ne voulait pas tuer Nahel, le policier a fait appel de cette décision. Cinq mois après la mort du jeune homme, il avait été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire.

Nahel MerzoukCrédit photo : DR

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Ce jeudi 5 mars 2026, nous avons des nouvelles sur cette affaire. La demande de Florian M. a été entendue et la cour d’appel de Versailles a déclaré que le policier serait jugé non pas pour meurtre, mais pour violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

“La cour d’appel n’a pas suivi les juges d’instruction quant à l’intention d’homicide, estimant qu’il n’était pas établi que Florian M. était animé, au moment du tir, de la volonté d’ôter la vie au conducteur. Florian M. avait pu avoir la conviction qu’en redémarrant, la Mercedes était susceptible de porter atteinte à l’intégrité physique de tiers ou à la sienne”, a déclaré le communiqué relayé par Midi Libre.

Pénalement, si une personne est jugée pour meurtre, elle risque une peine maximale de 30 ans de réclusion criminelle. Dans le cas où elle est jugée pour violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner, la peine maximale est de 15 ans de prison.

Une décision “scandaleuse et honteuse”

Ce jugement ne fait cependant pas l’unanimité. Maître Frank Berton, l’avocat de la mère de Nahel, affirme que cette décision est “scandaleuse et honteuse”.

“Je peux vous dire que la mère de Nahel est scandalisée, tous ses comités de soutien le sont aussi : jusqu’à présent, ils ont fait confiance à la justice, et la chambre de l’instruction de Versailles confisque le débat qui devait se tenir devant une cour d’assises”, a déclaré l’avocat.

Le deuxième policier, qui était présent au moment de la scène, devait au départ être jugé comme témoin assisté pour complicité de meurtre. Mais il a finalement bénéficié d’un non-lieu, qui a été confirmé en appel ce jeudi.

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