Dewayne Johnson, un jardinier, contre Monsanto  : un combat aux allures de David contre Goliath

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Dewayne "Lee" Johnson, un jardinier de 46 ans, est atteint d’un cancer en phase terminale. L’homme a attaqué en justice le géant agrochimique, Monsanto, pour avoir caché aux yeux du monde la dangerosité de leur herbicide Roundup.

Depuis plus d’un mois, le débat est ouvert  : Monsanto a-t-il caché la dangerosité de son produit au glyphosate  ? Hier, les douze jurés ont commencé leur délibération.

Trois questions existentielles ont été mises sur la table : « Le glyphosate est-il cancérigène  ? Monsanto a-t-il dissimulé les preuves aux consommateurs des risques de son produit  ? Et combien Dewayne (Lee) Johnson doit toucher pour les dommages causés par l’herbicide ? »

Le glyphosate est considéré comme « cancérigène probable » par l'OMS Crédits : Shutterstock/keantian

M. Johnson contre Monsanto

L’homme âgé de 46 ans est l’un des rares particuliers à avoir réussi à traîner Monsanto sur le banc des accusés, et pour la première fois, le glyphosate est au centre du procès. À l’ordinaire, les procédures contre la firme prennent des mois voir des années, mais cette fois-ci Monsanto ne peut pas y échapper. En effet, en Californie, la loi oblige d’organiser un procès avant la mort du plaignant. Les médecins ne donnent pas plus de deux années à Dewayne Johnson.

De nombreux procès sont en cours aux États-Unis mais prennent plus de temps. En France, Paul François, un céréalier français, lui, attend toujours un nouveau procès après le dernier débat où Monsanto a réussi à casser la décision de justice après un problème de forme des documents.

Aspergé à deux reprises de glyphosate

M.Johnson affirme qu’avant les premières utilisations du désherbant, il avait une santé de fer et aucun problème de santé. Il n’avait jamais prêté attention aux débats autour du glyphosate et a expliqué que s’il avait su que les produits qu’il utilisait étaient potentiellement dangereux, il n’aurait « jamais vaporisé du Ranger Pro dans des écoles… » rapporte le Monde.

Après avoir été aspergé une première fois de la tête aux pieds de glyphosate, suite à un dysfonctionnement de son vaporisateur, le jardinier avait remarqué des marques importantes sur sa peau. « Après la deuxième fois, j’ai paniqué » explique-t-il. « Je ne savais pas [si c’était le Ranger Pro], mais j’ai commencé à avoir un pressentiment(…). Je me suis dit que ça pouvait être une raison possible à ma maladie ».

Diagnostiqué en 2014 d’un lymphome non hodgkinien , un cancer irréversible, l’homme était en contact régulier avec le Roundup. Dewayne Johnson réclame à la firme plus de 400 millions de dollars de dommages et intérêts.

Identifié comme « cancérigène probable » par l’Organisation Mondiale de la Santé, le glyphosate est source de nombreux débats depuis plusieurs années. Cependant, la firme a toujours nié, farouchement, la dangerosité de son produit.

Les discussions entre jurés devraient se terminer vendredi dans ce premier procès intenté contre le glyphosate de Monsanto.

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