Après un week-end très mouvementé, les Gilets jaunes poursuivent leur mobilisation

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Face à la hausse des prix des carburants et, plus largement, la pression fiscale ressentie, le mouvement des gilets jaunes a connu un week-end mouvementé. La mobilisation continue ce lundi et un nouvel appel est lancé pour le samedi 24 novembre.

Un week-end de forte mobilisation

Après un week-end de forte mobilisation qui a rassemblé près de 300  000 personnes samedi et 46  000 ce dimanche, les gilets jaunes continuent de poursuivre leur mobilisation en bloquant de nombreux axes routiers aujourd’hui.

Si les gilets jaunes n’ont pas réussi à bloquer la France, tout le territoire a été touché par leurs actions, le mouvement a débuté en dénonçant la hausse du prix de l’essence, mais s’est très vite élargi à de nouvelles revendications, notamment sur le poids des impôts en France (la France est le pays le plus taxé au monde).

Edouard Philippe, invité du « 20 heures » de France 2, dimanche 18 novembre, comprend la colère de la population. « On a entendu de la colère mais on a aussi entendu de la souffrance, l’absence de perspectives, l’idée que les pouvoirs publics depuis longtemps ne répondaient pas aux inquiétudes et au sentiment de déclassement, d’abandon ressenti par une partie de la population » mais a maintenu les engagements pris par Emmanuel Macron, « Ce n’est pas quand ça souffle qu’il faut changer de cap, le cap que nous avons fixé nous allons le tenir ».

Un rassemblement terni par de nombreux incidents

Malgré peu de dégâts matériels, la mort d’une manifestante et le nombre important de blessés ternissent les rassemblements de ce week-end. Une manifestante gilet jaune de 63 ans a perdu la vie, renversée par une automobiliste alors que sa voiture était bloquée par des manifestants. On déplore 400 personnes blessées dont 14 gravement.

Ce week-end de manifestation a été marqué par de nombreux dérapages, dans la ville de Cognac (Charente) une automobiliste a été victime d’insultes racistes. À Saint-Quentin, une conductrice sans gilet jaune a été forcée de retirer son voile, un témoin de la scène affirme que plusieurs individus ont mis leurs gilets jaunes sur leurs têtes « pour mimer le voile islamique, insulter l’automobiliste et lui faire des grimaces de singe ». Tandis qu’à Bourg-en-Bresse, un couple homosexuel a été agressé par des manifestants qui ont cassé leur voiture. Par ailleurs, de nombreux incidents envers des journalistes ont été recensés tout au long de ce week-end.

24 novembre : « Paris bloqué, Paris ville morte »

Aujourd'hui, les mobilisations continuent à travers la France pour ce 3ème jour de blocage. Au moins 110 actions ont été recensées depuis le début de la matinée, et elles ne sont pas prêtes de s'arrêter maintenant. En effet, un grand appel à bloquer la capitale a été lancé pour ce samedi 24 novembre afin de toucher plus directement le gouvernement.

Éric Drouet, chauffeur routier à l’origine du mouvement de samedi, a lancé un appel à une nouvelle mobilisation. « Il faut mettre un coup de grâce et tous monter sur Paris par tous les moyens possibles. Paris, parce que c’est ici que se trouve le gouvernement. Nous attendons tout le monde, camion, bus, taxi, VTC, agriculteurs, etc… Tout le monde » écrit Éric Drouet. À cette heure-ci, l’évènement Facebook intitulé « acte 2, toute la France à Paris » affiche plus de 21 000 participants et 150 000 intéressés.

De son côté, le responsable départemental de Tarn-et-Garonne du parti politique « Debout la France » de Nicolas Dupont-Aignan, Frank Buhler, rejoint Éric Drouet et propose de bloquer Paris « à pied, à cheval ou en voiture » pour faire en sorte que « le 24 novembre c’est Paris bloqué, le 24 novembre c’est Paris ville morte ».

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